Megève accueille ce week-end quelques-uns des très bons cavaliers tricolores. Focus sur cet événement particulièrement apprécié par les pilotes.

Ce week-end c’est donc séance de remise en forme pour tout le monde puisque certains comme Michel Robert, Jacques Bonnet, Jean-Marc Nicolas ou Reynald Angot préfèreront l’air pur et l’altitude du CSI*** de Megève. Lorsqu’on pense Megève, on pense à ses petits chalets qui se greffent aux flancs des montagnes, à ses forêts épineuses et à son caractère… Le cheval à Megève est assez robuste (montagne oblige) et assure les transports en commun au devant des calèches de type Petite maison dans la prairiequi CSIparticipe au charme de la ville. Côté sport, on le voyait jusqu’à présent l’hiver dans les matchs de polo sur neige des Polo Masters Tour. Sinon, on était plutôt golf à Megève…
Alors quel plaisir de voir revenir un jumping international dans ce cadre où se mêlent charme, raffinement et tradition ! Quatre jours de compétitions (du 28 au 31 juillet 2011), quatre jours de spectacle et d’émotions comme on les aime ! Cette première édition 2011 se veut très engageante et chaperonnée par un très bon parrain. En effet, Pierre Durand, champion olympique à Séoul en 1988 avec Jappeloup de Luze qui avait déjà soutenu La Clusaz l’an passé, supporte cette première édition du CSI***de Megève-Groupe Edmond de Rotschild. Et c’est un credo sur lequel s’accorde aussi Michel Robert : « Ce CSI *** est très agréable et on sent des organisateurs qui se donnent vraiment la peine pour qu’il soit reconnu et qu’il dure. C’est donc logiquement qu’on les supporte en retour ».
Les organisateurs et l’association Megève en Selle, sous la présidence de Frédéric Muffat et vice-présidence de Pascaline Freiher-Sharapan ont voulu cette compétition ouverte aux cavaliers professionnels mais aussi amateurs, ce que tient à noter Jacques Bonnet : « C’est un point très positif que ce concours soit ouvert aux amateurs qui profitent de leurs vacances pour partager cette expérience avec nous ». Tout le monde s’accorde sur le cadre et l’ambiance très sympathiques dès ces deux premiers jours de compétition. Si la pluie est venue entacher le tableau durant les deux premiers jours, détrempant quelque peu la piste, l’ambiance reste, elle, très chaleureuse. « Ce CSI*** est un vrai bol d’air, une vraie coupure dans la saison. En tant que cavaliers qui voyageons beaucoup, nous avons besoin d’événements comme celui-ci qui vous donnent l’impression d’être en vacances même si finalement vous êtes là pour le travail. » Une très bonne impression générale et une réelle volonté d’encouragement de la part des cavaliers, le CSI3*** de Megève semble placé sous de bons auspices. Et si le soleil semble s’en être lui aussi aperçu car sur la voie du retour, espérons qu’il fasse briller nos Français au cœur de cet écrin de verdure. A noter encore la présence de grands cavaliers internationaux comme René Lopez sur Netscape du Mirador.
Pour les premiers résultats, Grant Wilson s’impose avec Why Not dans le Prix Rhônes-Alpes Tourisme du jeudi et Edouard Mathe dans le Prix du Mont D’Arbois avec un fils de Le Tot de Sémilly, Nagir. Dans cette même épreuve, Jacques Bonnet et Naiade Dunoise terminent à la 4e place et Reynald Angot sur Palawane de Sully à la 7e place.
Photos : www.jumping-megeve.com



Les sports équestres n’échappent bien évidemment pas à cette quête. Lors du petit clip de présentation du CNSOF, de l’athlétisme et de la natation bien sûr, les deux sports majeurs des JO, du judo, de l’escrime, du BMX et une seule toute petite image très furtive d’équitation avec l’or du concours complet, il y a sept ans à Athènes. Ce relatif anonymat prouve que l’équitation a encore beaucoup de travail pour être considérée comme une discipline à part entière par la famille du sport tricolore. La présence de représentants de l’équitation dans ce genre de rassemblement pourrait déjà améliorer les choses… Mais surtout, de bons résultats à Londres contribueraient à replacer les cavaliers à leur juste place.
Pour les deux autres disciplines olympiques, cela semble plus compliqué. Le concours complet (photo d’un obstacle de HongKong) jouera sa qualif fin août lors des Championnats d’Europe à Luhmühlen, en Allemagne. Les Bleus devront terminer dans les deux premières nations hors Allemagne, Grande-Bretagne et Belgique pour éviter d’avoir à passer par un aléatoire repêchage via des quotas individuels distribués en fonction du classement mondial. Au regard des derniers résultats et de la faiblesse chronique (et trop souvent rédhibitoire) en dressage, l’affaire n’est pas gagnée. Une fois qualifiés, les Bleus devront alors rivaliser avec des Britanniques, Australiens, Néo-zélandais, Allemands etc. qui semblent aujourd’hui, au regard des résultats des grands événements, avoir pris pas mal d’avance. A la traîne depuis plusieurs années maintenant, le dressage cherchera lui aussi à être présent et à faire de son mieux. Sans aucun espoir de médaille, soyons lucides.
exceptionnel au pied des Grandes écuries et un rendez-vous qui se veut avant tout comme un événement offert à tous les amoureux de saut d’obstacles. Oui oui j’ai bien écrit « offert ».
Même si les exploits de Pierre Jonquères d’Oriola se sont écrits en noir et blanc et qu’internet n’était pas encore là pour « faire le buzz », il fut l’un de ceux qui ont marqué l’histoire du sport français. Pas seulement du saut d’obstacles mais avant tout celle du sport en général. Ce mercredi, le quotidien L’Equipe ne s’y trompe d’ailleurs pas en consacrant une demi page à ce cavalier. Une couverture rare pour les sports équestres. Les journaux télévisés et radio ont également signalé la disparition du Catalan. « Il a fait partie de ceux qui ont suscité ma vocation de cavalier et d’une certaine façon, forgé mon destin olympique, confie Pierre Durand, lui aussi champion olympique, en 1988, avec Jappeloup.
En France, le dernier cavalier passé, 80% des spectateurs filent à leur voiture et snobent la remise des prix. Résultat au moment de saluer les meilleurs, les stades sont le plus souvent aux trois quarts vides. A Aix-la-Chapelle, on respecte le champion. Et de quelle manière ! Pour la dernière journée de compétition, tous les spectateurs viennent avec un petit mouchoir blanc. Une fois les cérémonies protocolaires effectuées, tous les cavaliers encore présents reviennent pour une sorte de cérémonie de clôture. Et là, avec la musique qui va bien, tous les spectateurs leur rendent hommage en agitant leur petit mouchoir. Une façon grandiose de les remercier pour le spectacle offert pendant six jours, de les saluer et de leur donner rendez-vous l’année prochaine. Frissons garantis.
Sur l’une des tribunes, une grande plaque rappelle la liste de ceux qui un jour ont brillé dans cette enceinte mythique. Malheureusement, peu de Français y sont mentionnés. Dans le Grand Prix, seul Marcel Rozier, en selle sur Sans Souci, en 1971, a pu décrocher le Graal, à égalité alors avec l’Américain Neal Shapiro. La Coupe des Nations a davantage souri aux Tricolores. J’ai eu la chance d’assister il y a deux ans à la démonstration des Bleus. Ce soir-là, Kevin Staut (Kraque Boom), Roger-Yves Bost (Idéal de la Loge), Pénélope Leprévost (Jubilée d’Ouilly) et Timothée Anciaume (Laam de Fétan) l’emportaient sans le moindre point de pénalité au compteur. Incroyable. Il fallait alors remonter dix-neuf ans en arrière, en 1990, pour retrouver la trace d’un succès français dans la Coupe des Nations. Pierre Durand, Hubert Bourdy, Hervé Godignon et déjà Roger-Yves Bost portaient alors la veste bleue (depuis 1929, la France ne s’est imposée que quatre fois, en 2009, 1990, 1988 et 1980).