Retirer les oeillères

Les Championnats d’Europe de concours complet à Luhmühlen se sont achevés dimanche avec l’or de l’Allemagne de Michael Jung et l’argent de l’équipe de France (Donatien Schauly, Nicolas Touzaint, Stanislas de Zuchowicz et Pascal Leroy) qualifiée également pour les Jeux olympiques de Londres. Revue de presse ô combien intéressante.

Une « légende urbaine » véhicule l’idée que les sports équestres seraient roi en Allemagne au contraire de la France où les méchants médias traitent l’équitation de façon méprisable. Un doublé par équipes et en individuel dans un Championnat d’Europe aurait donc dû faire la une des médias outre-Rhin.

Lundi, à l’aéroport de Hambourg, je me suis donc précipité pour acheter tous les journaux allemands. Pas de Michael Jung à la une. J’ai donc tourné les pages, encore et encore avant de constater que la place réservée aux « Europe » de concours complet était bien mince.

Au mieux un quart de page dans le Süddeutsche Zeitung et le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Dans Bild, le plus gros tirage de la presse allemande, une dizaine de lignes. Dans le Hamburger Abendblatt, le journal local, les résultats secs sans le moindre commentaire. Et dans Die Welt, l’équivalent du Monde, rien.

Dans tous ces journaux très représentatifs, le titre européen de l’équipe d’Allemagne de hockey sur gazon occupe par exemple beaucoup de place que le concours complet. On trouve du hand, de la boxe, les mondiaux d’athlétisme bien sûr et évidemment du foot, le sport n°1 dans pratiquement TOUS les pays du monde à l’exception de l’Amérique du Nord. Non, l’herbe n’est pas plus verte dans le pré allemand.
L’Equipe, si souvent décriée pour le peu d’espace qu’elle octroie à l’équitation, a donc fait autant lundi sur l’argent des Bleus que les journaux allemands sur le doublé des leurs. Pas facile de s’en contenter quand on est passionné, mais avec un peu de lucidité et surtout d’ouverture sur le réel paysage du sport, pas si mal dans un contexte de grosse concurrence entre toutes les disciplines.

Plutôt que de se placer toujours en victime des méchants médias, le monde des sports équestres devrait surtout s’ouvrir sur le monde extérieur et arrêter de vivre reclus sur lui-même. Il y constaterait que malgré ses 700 000 licenciés, il ne représente pas grand-chose dans le paysage médiatique. Et pas seulement en France. En Allemagne aussi. Et même si certains vivent cette situation comme une injustice, plutôt que de crier au complot, peut-être faudrait-il se poser les bonnes questions et essayer de trouver les réponses.

Dream(s) team(s)

Ils l’ont fait. Les Français sont vice-champions d’Europe de concours complet et qualifiés pour les Jeux olympiques de Londres. Bingo ! Voilà qui valait une grosse cote en début de semaine. Et petits veinards, vous avez pu suivre tout ça sur les antennes d’Equidia.

Laurent Bousquet, Nicolas Touzaint, Stanilas de Zuchowicz, Donatien Schauly et Pascal Leroy

Ah qu’on les a aimés ces Championnats d’Europe de concours complet à Luhmühlen. Quelle apothéose ! Nicolas Touzaint, de retour au plus haut niveau avec Neptune de Sartène, Donatien Schauly, impérial malgré sa jeunesse en selle sur Ocarina du Chanois, Stanislas de Zuchowicz, parfait avec Quirinal de la Bastide et enfin Pascal Leroy, malheureux sur le cross avec Minos de Petra, ont retrouvé les sommets de leur discipline, abandonnés depuis deux ou trois ans. Après les échecs des derniers grands rendez-vous, autant être honnête, on ne faisait pas les malins en débarquant en Allemagne. Et puis tout s’est parfaitement enchaîné, un dressage moins « mauvais » que d’ordinaire, un cross très bien géré qui replaçait les Bleus à la troisième place et enfin un triple sans faute sur le saut (seule nation à réaliser une telle performance) qui offrait l’argent à nos couleurs.

Nicolas Touzaint et Neptune de Sartène

Avec Donatien, 6e, Nicolas, 8e, et Stanislas 17e d’une compétition largement dominée par les Allemands (quelle classe !) squatteurs des quatre premières places et avec un Michael Jung qui ajoute le titre européen à sa couronne mondiale, la France prend date. Oui, elle sera bien présente à Londres dans moins d’un an au côté de l’équipe de saut d’obstacles. D’ici là, les jeunes chevaux de la cavalerie française auront encore pris un peu d’expérience. Alors même si on va bien se garder de s’enflammer d’autant plus qu’il faudra faire également avec les Néo-zélandais, Australiens ou Américains, on en salive déjà.

Allez suivez-moi, je vous emmène maintenant dans les coulisses. Je tiens en effet à revenir sur l’organisation qu’une retransmission d’un tel événement implique. Bien sûr à l’image et au son, la partie visible, c’est Kamel (qui a lutté pour ne pas (trop) s’énerver face au comportement psychorigide et souvent irrationnel du service de presse local), et moi. Mais derrière, dans l’ombre, il y a des gens qui bossent dur. Vraiment très dur. A Luhmühlen par exemple, Claire, Romain, Mathieu et Pierre de la société Via Storia étaient arrivés dès mardi. Leur taf : préparer le terrain pour que nous puissions être tout de suite opérationnels à notre arrivée mercredi et ensuite assurer la transmission des images propres à Equidia. Et dans le cas de ce championnat d’Europe, l’affaire plus particulièrement corsée.

Claire, Romain, Mathieu et Pierre, la Dream Team de Via Storia !

Par manque d’anticipation (de préparation ?) des organisateurs (l’Allemagne n’est plus ce qu’elle était…), notre quatuor a dû improviser son installation à la dernière minute. Constater aussi que les distances étaient importantes entre les différents sites et l’endroit de stationnement de leur camion émetteur. Résultat : sous une éprouvante chaleur en début de semaine puis sous le déluge un peu plus tard, Claire (qui œuvre également derrière la caméra qui filme Kamel en sortie de piste), Mathieu, Pierre et Romain ont sorti les pioches, les pelles pour creuser des tranchées et enterrer les centaines de mètres de câble nécessaire.

Kamel au commentaire en version "nature"

Et comme si cela ne suffisait pas, il a fallu tout démonter vendredi soir à l’issue du dressage, remonter à l’endroit du cross du samedi à 300m de là (avec la mise en place d’un poste de commentateur en pleine nature), re-démonter samedi soir et remonter pour dimanche et le saut. Un immense merci à cette Dream Team donc pour leur efficacité et le tout toujours dans la bonne humeur et avec le sourire. Non spécialistes des sports équestres il y a encore quelques semaines, nos Alsaciens préférés sont désormais les rois de l’épaule en dedans et du trop allongé (deux jours de dressage non stop… ça forme…) !

A l'intérieur du camion Via Storia

Dans ce car de transmission, on trouve aussi Claude et Flora, de la production d’Equidia. Claude, c’est le grand chef chargé avec Flora de tout coordonner entre le site de la compétition et le siège d’Equidia, à Colombes. C’est aussi lui qui a réalisé les deux jours de dressage au soulagement de la FEI bien heureuse de récupérer des images qu’aucune chaine allemande n’avait daigné produire. Claude et Flora, ce sont aussi eux qui avaient tout blindé auparavant avec les prestataires de service pour s’assurer que tout était calé. Claude, c’est aussi le Monsieur logistique d’une telle expédition.

Enfin, à Colombes, il y a toute une équipe à l’antenne pour s’assurer de la bonne réception des images (notamment sur Equidiawatch), pour remonter les images (merci Yann Fournis de s’y être collé ce week-end après avoir commenté la Coupe des Nations de Rotterdam et à Julie, la monteuse), et pour assurer le suivi de la compète sur tous les médias comme Facebook et Twitter (merci à Julien Abadie).

Voilà en gros l’organisation qui nous permet de vous offrir non seulement les images classiques de la compétition, ce que l’on appelle le « signal international » reçu par toutes les télés détentrices des droits, mais aussi, et surtout, les images propres à la production Equidia avec les interviews et des images spéciales Equidia que vous êtes les seuls à pouvoir apprécier. Comme vous pouvez le constater, tout ça est une grosse machine. Pour vous, pour nous, pour notre passion.

Chouette, le cross !


Au tour du cross de ces Championnats d’Europe à Luhmühlen ! C’est généralement le temps fort d’un championnat. Montées d’adrénaline, longues chevauchées, passages toujours spectaculaires dans les gués, le cross est souvent la raison pour laquelle un cavalier a un jour opté pour cette discipline. Et nous, on adore ça !

Au programme de ce samedi pour les 70 cavaliers en compétition, 5800m, 29 obstacles et 40 efforts, le tout à couvrir en 10 minutes 5 secondes. Et la foule devrait être nombreuse au regard de le forte affluence pour le dressage. Des tribunes pleines (avec le soleil, ça aide, il est vrai) et déjà une belle ambiance avec les favoris du public impériaux avec un « squatt » aux quatre premières places du général individuel. Voilà qui promet pour la suite.

Voici donc quelques photos pour vous donner une idée de ce qui attend les cavaliers ce samedi, à Luhmühlen (les photos s’agrandissent en cliquant dessus). A écouter tous les observateurs, c’est un vrai cross de championnat d’Europe. Tous soulignent la difficulté de la dernière combinaison (photo en bas à gauche) avec un choix délicat entre l’option rapide, très risquée, et l’option lente qui coûtera sans doute une dizaine de secondes mais qui, en fin de parcours, peut éviter de grosses désillusions.

Avec déjà 23 points d’avance et une véritable leçon de dressage depuis deux jours, l’Allemagne, championne du monde en titre, semble partie vers un sacre à domicile. Mais remember Fontainebleau il y a deux ans et la dégringolade de la Mannschaft qui avait perdu un à un ses cavaliers. Derrière, la Grande-Bretagne, malgré un William Fox-Pitt « décevant », reste comme toujours en embuscade pour aller chercher l’or… comme toujours. Avec tous les titres par équipe depuis 1995 soit 9 éditions et 21 ors en 29 éditions, les « Grands-Bretons » maîtrisent le rendez-vous continental…

Et la France dans tout ça, me direz-vous ? Eh bien pour l’instant Londres semble accessible. Certes pour le moment les Bleus pointent seulement au cinquième rang et sont relativement loin de la tête. Remarquez, c’est souvent le cas après le dressage, discipline loin d’être la tasse de thé de notre cavalerie qui reprend généralement des couleurs le samedi sur le cross. Si la compétition s’arrêtait là, ce sont la Suède et l’Italie qui décrocheraient les deux précieux sésames olympiques. Mais évidemment, tout peut arriver et grâce à la belle reprise de Nico Touzaint et Neptune de Sartène, neuvièmes au général, les Tricolores restent dans le coup, à 8 points de la place pour Londres.

A 20 points la désobéissance, l’élimination en cas de chute, la visite véto du dimanche matin considérée par beaucoup comme une vraie épreuve,et bien sûr le saut d’obstacles, dimanche, le classement risque fort de bouger. Et heureusement ! Une chose est certaine, on y verra sans doute beaucoup plus clair ce samedi en fin d’après-midi à l’issue du cross.

A voir en direct et en intégralité sur Equidiawatch à partir de 10h30 avec plusieurs consultants qui se succéderont au micro d’Equidia comme Pierre Michelet, des cavaliers au micro de Kamel Boudra etc. et sur Equidia, deux heures des meilleurs moments, samedi à 22 heures.

Toutes les réactions des cavaliers français sont disponibles en vidéo sur equidia.fr

Au grand galop (semaine 34)

Du sport et de la culture… un beau mélange pour cette nouvelle actu’ de la sphère équestre.

Fontainebleau et sa Grande Semaine
Du 27 août au 04 septembre, ce sont 1700 chevaux de 4 à 7 ans qui fouleront le gazon du stade équestre de Fontainebleau. Grandes finales du circuit des jeunes chevaux qui décerneront 14 titres de Champion de France et de Vice-champion, cet événement porte en lui un réel enjeu génétique puisqu’il fait montre de la descendance des grands étalons actuels. Cette Grande Semaine met aussi à l’honneur ce long et parfois ténu travail de formation du jeune cheval suscitant alors cette émotion particulière que l’on peine à retrouver ailleurs. A suivre tous les jours dans les journaux d’Equidia.

Les propriétaires en avant
Le site de Lamotte-Beuvron se fera le cadre du Meeting des Propriétaires du 25 au 28 août 2011. Sorte de championnat de France des propriétaires amateurs, cette compétition leur permet de valoriser leur travail quotidien dans les 5 disciplines.

Une sélection bouclée pour les championnats d’Europe d’endurance
C’est au cœur d’une petite cité de Lozère, Florac, située en plein cœur du parc national des Cévennes, que se courront le 10 septembre prochain les championnats d’endurance. Ce « carrefour de la pierre et de l’eau » accueillera donc 6 couples français qui tenteront sur leurs terres de décrocher une médaille européenne. Virginie Atger montera Antall de Jalima. Sunny Demedy, quant à lui, sera accompagné de Nerval de Beders alors que son camarade Pierre Fleury dessinera ses boucles avec Kergof. Les trois derniers couples, Julien Goachet avec Lubiana de Coat Frity, Romain Laporte avec Osmos Caussanel et Grégoire Tilquin avec Leila de Montamel feront aussi leur possible pour atteindre ce titre tant espéré.

Saumur la Grande à l’honneur en septembre
Compétition et musique se conjugueront en septembre prochain dans le berceau du dressage français. En effet, Saumur, où se sont écrites les grandes pages du patrimoine équestre français, accueillera du 8 au 11 septembre 2011, les Masters Pro de dressage qui décerneront les titres convoités de champions de France des catégories Pro Elite, Pro1, Pro 2 et Pro 3. On pourra aussi y contempler le championnat de France des chevaux de 7 ans. Des pros mais pas que. En effet, ces Masters Pro seront aussi le cadre d’un accès privilégié donné aux amateurs puisqu’avec « Les Trophées de Saumur », ils pourront aussi prendre part aux festivités.
Septembre c’est aussi la Grande Semaine de Saumur qui aura lieu du 22 au 25 septembre et qui se décomposera en trois étapes majeures : les finales SHF, les championnats d’élevage de l’association France Dressage et bien sûr le traditionnel CDI***.
Mais Saumur se vit aussi en musique puisque pour trois représentations (30 septembre, 1er Octobre, 2 octobre 2011), le Cadre Noir sera accompagné de l’orchestre d’harmonie de la ville d’Angers.

Quand James Bond se met au cheval…
On n’avait pas encore vu des ovnis s’attaquer aux cowboys américains. Et bien c’est chose faite puisque sort cette semaine le film Cowboys et Extraterrestres coproduit par Steven Spielberg et Ron Howard avec un Daniel Craig à califourchon. S’il avoue de pas être un grand cavalier et ne pas être habitué à monter pour James Bond, il concède aussi que beaucoup de scènes ont été réalisées par des doublures et des cascadeurs…Alors quand il s’agit de conduire des bolides tonitruants il y a du monde, mais pour poser ses fesses sur une selle le courage manque…Depuis le temps qu’on vous dit que l’équitation c’est du sport ! (source : BlueWin)

Par Basile Tardivel

Déjà une Marseillaise !

Nous y voilà à ce championnat d’Europe de concours complet à Luhmühlen, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Hambourg. Objectif des Français : décrocher leur billet pour les Jeux de Londres !

Du ciel bleu, une bonne petite température estivale (ça va se gâter en fin de semaine…), ce rendez-vous continental de Luhmühlen se présente plutôt bien. Très étrangement, aucune des télés allemandes n’a daigné s’intéresser aux deux jours de dressage. ZDF ne s’intéresse qu’au cross et NDR, au saut du dimanche. Pour les deux premiers jours, c’était niet, nichts. Nous nous retrouvions donc sans image pour le dressage. Et ça, ça nous a énervés. Alors on s’est retroussé les manches, on a sorti une caméra supplémentaire et on a décidé de filmer ces deux jours pour au moins vous offrir chaque jour 52’ avec les reprises des Français et les meilleures des autres nations (diffusion à 18 heures sur Equidiawatch et à 22 heures sur Equidia). La FEI a aussi sauté sur l’occasion pour récupérer nos images et demander à Monsieur Claude, notre vénéré directeur de production, de réaliser ces deux journées pour son propre programme. On dit quoi ? « Merci Equidia ».

Du côté de l’équipe de France, ces Championnats ont parfaitement débuté. Avec même une Marseillaise et un titre ! Si si, je vous assure. La tradition veut qu’en début de compétition, toutes les équipes se retrouvent pour une petite fête avec la présentation de petits spectacles. Et à ce petit jeu, les Français, où tout le monde a joué le jeu, l’ont emporté sur le thème de « Blanche-Neige et les sept nains ». Laurent Bousquet en Blanche Neige et les six cavaliers renforcés par Jean-Pierre Blanco le responsable du dressage, dans le rôle des sept nains. Et pour accompagner le tout, le soigneur, le véto et tout l’encadrement avaient eux aussi un rôle à jouer. Symbolique bien évidemment, mais on se raccroche comme on peut aux bons signes du destin. Il y a quatre ans, à Pratoni del Vivaro, les Bleus avaient aussi réaliser une grande démonstration avant d’aller chercher l’argent par équipes et le titre avec Nicolas Touzaint et Galan de Sauvagère. On signerait des quatre sabots pour un tel scénario.

Autant le dire tout de suite, c’est loin d’être gagné. Les Britanniques, les Allemands et quelques autres nations ne sont pas décidés à nous laisser faire. Alors même si une tite breloque nous ferait bien plaisir, on saura se contenter de l’un des deux tickets pour les Jeux olympiques de Londres qui seront attribués aux deux premières nations hors Allemagne, Belgique et Grande-Bretagne. Allez hop hop hop !!!

Rendez-vous sur ce blog mais aussi sur tweeter (@Boutreau_Pascal) et sur les Facebook d’EquidiaWatch et d’Equidia pour être le plus proche possible de l’événement. Et pour un panorama complet du programme et de la compétition, rendez vous sur Equidia.fr, ici et ici.