Equita’Lyon et le working-cow

Sophie poursuit son exploration d’Equita’Lyon. Elle vous présente aujourd’hui le working-cow. Equidia Life avait prévu de vous offrir une retransmission de l’épreuve. Hélas, les « cow-boys » ont décidé d’avancer l’épreuve d’une heure au dernier moment sans prévenir personne. Résultat : pas de caméra. Dommage pour la discipline…

Après une matinée un peu mouvementée par un changement imprévu dans notre programme (le coup d’envoi de l’épreuve de working-cow ayant été avancé d’une heure, à la dernière minute), je me retrouve avec un expert de la discipline, visiblement déçu de ne pas prêter sa voix et son expertise pour commenter l’épreuve… Le blog de la rédaction d’Equidia semble désormais la tribune parfaite pour partager la passion communicative de Dominique Reynaud, notre consultant. Et l’on comprend sa motivation. C’est la première fois qu’Equita’Lyon accueille des épreuves de working-cow, un subtil mélange de reining et de cutting, directement venu de Californie …

Comprendre : des épreuves courues en deux temps, mêlant dressage et tri du bétail. Concrètement, le cavalier doit dans un premier temps dérouler une reprise de reining (dressage). Entre autres changements de pieds, voltes au galop et transitions, on y retrouve les « spins » (pirouettes très rapides) et le « sliding stop » (arrêt avec glissade des postérieurs), deux grands classiques de l’équitation western. Ensuite, le couple doit manœuvrer un veau lâché sur la piste. C’est le « cattle work ». Le cavalier doit alors forcer le veau à faire certaines figures (demi-tours ou « roll-back », cercles aux deux mains). Vous en conviendrez, le cheval ne doit pas avoir peur de se frotter au bétail. Il doit donc disposer d’un certain « cow sense » pour parler cow-boy (littéralement, « sens de la vache »). L’organisation d’un tel événement est importante dans le milieu du western. La discipline, déjà adoptée par l’Allemagne, l’Italie et la Suisse, commence tout juste à se développer en France.

Les cavaliers de reining, de cutting ou de barrel peuvent-ils donc s’essayer au working-cow ? Pas si facilement que cela. Car un bon cheval de barrel, n’aura pas forcément un bon sens du bétail… « Pour chaque discipline, le dressage des jeunes chevaux est différent. Par exemple, si un cheval de reining est présenté au Championnat des 3 ans, il sera monté en mors à levier à une seule main. Or pour les Championnats des 3 ans de working-cow, les chevaux sont montés avec un mors simple ou un « basal » (hackamore) avec deux rênes », explique Dominique Reynaud. En fonction des lignées de la race Quarter Horse, les chevaux seront donc plus ou moins favorisés pour telle ou telle discipline. Mais alors, comment choisir un bon cheval de working-cow ? « Entre plusieurs chevaux, je conseille d’opter pour le meilleur en reining car c’est le seul paramètre que le cavalier peut maîtriser. Une fois que le veau entre en piste, tout peut basculer. J’ai vu de très bons cavaliers ne pas être classés à cause d’une mauvaise bête. Par contre, si cette dernière est trop dangereuse, le jury peut stopper le cours de l’épreuve et demander à remplacer le veau »… Un cheval bien dressé, une fluidité dans le geste et une entente cordiale entre chevaux et veaux… Merci Dominique, en théorie, le working-cow n’a plus de secret pour nous.

SOPHIE LEBEUF

Après les All Blacks, San Pail et le peloton US !

Les courses au trot en Amérique du Nord sont très particulières. J’ai pu encore m’en rendre compte cet été lorsque j’ai suivi la caravane du championnat du Monde des drivers là-bas. Posez d’ailleurs la question à Franck Nivard !

Ce qu’a fait Rapide Lebel cette nuit à Woodbine sort du commun. Le hongre s’est sorti les tripes pour inquiéter San Pail jusqu’à la fin. Eric Raffin s’est fait piéger très tôt, avant même le premier virage, quand San Pail lui est justement sorti sous le nez. Il s’est retrouvé en troisième épaisseur et a dû ensuite rester le nez au vent en dehors. Personne n’allait lui faire de cadeaux : ses adversaires drivent tous les jours ensemble. Ils se connaissent très bien et ce ne sont pas des tendres.

D’une certaine façon, on peut estimer que battu d’une encolure, Rapide Lebel est la victime des machinations des hommes -la courte défaite du XV de France à Eden Park a laissé un peu le même sentiment.

En revanche, ce qui est bien clair, c’est que le match a passionné les fans de trot français et que le hongre Rapide Lebel est un héros. Faut-il être de mauvaise foi pour barrer la route du Prix d’Amérique à ces braves compétiteurs, surtout lorsqu’il assurent, à la place des tombereaux de mauvais reproducteurs que compte le cheptel français, la promotion de notre élevage…

Quand les handicaps ont du plomb dans l’aile

Rien ne va plus en ce moment dans les quintés de plat… Jeudi,14 partants à Marseille avec les deux chevaux du bas du tableau écrasés de plusieurs kilos pour atteindre le poids plancher et dimanche à St-Cloud, 16 partants dans une course modeste où les concurrents pour être qualifiés doivent avoir une valeur égale ou inférieur à 28.

Ces deux quintés de substitution sont le fruit d’une pénurie de partants dans les épreuves qui auraient dû servir de support aux paris à la carte avec 10 partants dans le grand handicap de Marseille et 12 partants pour le grand handicap du Vald d’Or. Ces nouvelles courses richement dotées et réservées aux bons chevaux (valeur Groupe 3) n’ont visiblement pas trouvé leur clientèle et France Galop va devoir rapidement revoir sa copie dans l’élaboration de ses programmes pour éviter que pareille mésaventure ne se reproduise…

Pour conclure, remercions une fois de plus ces valeureux serviteurs si souvent décriés mais ô combien utiles à l’institution puisque c’est eux qui assurent au quotidien la recette indispensable à la survie de notre filière.

A SUIVRE PROCHAINEMENT…

J’ai beaucoup aimé ce samedi à Auteuil la rentrèe de Son Oiseau (Jehan Bertran de Balanda). Monté patiemment en dernière position, il est venu finir plaisamment à la 6éme place me laissant une impression favorable. S’il encaisse bien cette sortie, je pense qu’il peut épingler un quinté à son palmarès avant la fin de l’année.

A suivre…

 

Equita et l’équitation de travail

Jour 2 pour Sophie à Equita’Lyon. Elle vous fait aujourd’hui découvrir l’équitation de travail dont le championnat du monde se déroule tout le week-end.

C’est parti ! Pour ce dernier vendredi d’octobre, j’ai décidé de vous emmener à la découverte d’une nouveauté à Equita’Lyon : le Championnat du monde d’Equitation de Travail. Quoi ? L’équitation ne serait pas du travail ? Cavalier, pas un métier ??? On se calme, rien de tel n’a été dit ! L’Equitation de Travail est une discipline à part entière, qui puise ses racines dans le travail du bétail, originaire de la ceinture méditerranéenne du sud de l’Europe : Portugal, Espagne, Italie et sud de la France.

Techniquement, les rênes ne sont tenues que dans une seule main (à haut niveau), les chevaux sont jugés, entre autres, par rapport au tri du bétail, les cavaliers portent de grands chapeaux… Tiens, tiens, cette discipline n’est pas sans rappeler l’équitation western… Comparaison qui ne plaît pas vraiment au spécialiste rencontré pour l’occasion, Christophe Derré, responsable WAWE (Worl Association of Working Equitation)/AFL France, expliquant qu’effectivement, le travail à une seule main peut rappeler l’équitation issue des grandes plaines de l’Ouest américain, mais que la comparaison s’arrête là. « Nous avons une base de dressage très classique. D’ailleurs ce sont des juges de dressages classiques, mis au fait de nos spécialités, qui jugent l’épreuve de dressage. C’est un peu comme le complet. L’idée est vraiment d’utiliser le dressage pour pouvoir, non sauter des obstacles, mais trier correctement le bétail. Par exemple, dans l’épreuve de maniabilité, quand le cavalier doit s’arrêter pour ouvrir une barrière, le cheval doit être au carré. Pas question qu’il s’arrête n’importe comment. Il doit être dans une attitude particulière. » On l’aura compris à la fin de cet échange : le dressage classique est la base de cette Equitation de Travail. Forcément, pour mener le bétail et sauter des obstacles naturels (rivières, trou…), mieux vaut avoir un cheval aux ordres…

Et qu’ils sont distingués ces cavaliers avec leurs pantalons sombres, leurs vestes très courtes sur une chemise blanche et un gilet assorti, leurs chapeaux à bords droits… Toujours élégants, qu’il s’agisse de dérouler une reprise de dressage ou de trier du bétail. Au fond de leurs selles à trousquins relevés, ils ne font plus qu’un avec leurs montures. « Il faut des chevaux courts, pas trop grands, moins d’1m65 dans l’idéal, qui ont une capacité de rassembler importante pour pouvoir tourner court », explique notre spécialiste. Mais ils doivent également être courageux pour faire face aux bétails sans s’émouvoir. Ainsi, les Camarguais ou les chevaux ibériques répondent particulièrement bien à ces critères. Mais qu’on ne s’y trompe pas, l’Equitation de Travail est réellement bien un sport et non un art équestre.

Pour cette troisième édition de leur Coupe du Monde, huit nations (pour vingt-cinq participants) sont venues tenter de remporter le titre suprême : l’Allemagne, l’Angleterre, l’Autriche, le Brésil, l’Italie, le Portugal, la Suède et la France. Un événement sur quatre jours (de jeudi à dimanche) particulièrement important pour la WAWE, dont le but est précisément de « faire agréer cette équitation par la FEI »… Qui sait, dans quelques années, l’Equitation de Travail deviendra peut-être une nouvelle discipline olympique.

Sophie Lebeuf