French Racing Mourns Death of Young Apprentice

Racing in France suffered a terrible shock last Saturday when apprentice Benjamin Boutin was fatally injured in four horse pile up at Argentan.

Benjamin BoutinThe twenty one year old who had recently moved to Pascal Bary’s yard succumbed to his multiple head injuries on Monday. Weighing room colleagues, trainers and stable lads, as well as France Galop and the PMU have spoken of their sadness at the passing of a young jockey in such tragic circumstances. Our thoughts are with his family and friends at this difficult time.

 

Last Sunday saw the final weekend fixture of 2011 at Auteuil Racecourse with the Gr. 2 Prix George Courtois Chase (4400 metres) as the highlight on the card. Top female jump jockey Nathalie Desoutter put her recent injuries behind her when she rode Quarouso to victory for Jean-Paul Gallorini, who completed a 1-2 with his other representative Remember Rose taking second place a neck behind. David Cottin was serving the last of an eight day suspension for overuse of the whip and was replaced on board Remember Rose by young jockey Gaetan Masure and on his faithful partner Rubi Ball, who filled the third place position, by Jonathan Plouganou.

There will be one last meeting in Auteuil this week before France’s principal National Hunt track closes its doors for the winter and the majority of the jumping fraternity moves south to Pau and Cagnes-sur-Mer in search of milder temperatures.

Ce que nous rappelle Benjamin…

L’accident dont a été victime le jeune Benjamin Boutin à Argentan samedi nous rappelle brutalement que les courses exposent chaque jour la vie de jeunes gens. C’est un sport extrême. Les risques encourus sont importants, et ils peuvent être mortels.

Benjamin Boutin

Benjamin Boutin - ©APRH

Cela étant dit, ces risques sont connus des drivers et des jockeys, et au cours des dernières années, la sécurité s’est considérablement améliorée. Un simple survol des anciennes chroniques, celles qui remontent aux jours où l’on se vantait de courir sans casque, suffit à mesurer les pertes subies sur les champs de courses.

La vie, alors, n’avait peut-être pas le même prix qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, la mort d’un jeune homme de 21 ans sur un hippodrome semble insupportable.

Et pourtant… Au-delà du fait que l’on aie tenté de disputer l’épreuve où l’infortuné cavalier a croisé son tragique destin, ce qui est au mieux une bévue, je ne peux m’empêcher de songer au funeste buzz qu’a provoqué la mort, l’autre jour, du cheval de CSO Hickstead. Je dois avouer que, plus porté sur la course que sur le concours, je suis resté sans voix devant ce déchaînement médiatique. Des chevaux tomber, j’en ai vu plus que ma part depuis que je suis né. Parfois dans des circonstances tragiques. Cela demeure un spectacle insupportable, d’autant plus que l’on est impuissant face à de tels accidents. Jamais, en revanche, je n’ai vu un tel émoi. Peut-être aux Etats-Unis après la mort d’Eight Belles dans le Kentucky Derby, mais c’était seulement parce que cette course est l’événement-phare de l’hippisme américain et que de nombreux néophytes ont pris des images difficiles en pleine poire et qu’ils ne comprenaient pas bien ce qui se passait.

D’une façon générale, cependant, je n’arrive pas très bien à comprendre ce qui distingue une sorte de cheval d’une autre, Hickstead de Tartempion.

J’ai eu le plaisir, l’autre dimanche, de suivre les péripéties du mien, de cheval, à Auteuil en steeple. Je n’avais pas un poil de sec et j’étais simplement heureux de le voir rentrer aux balances, fut-ce à la quatrième place.

A mes yeux, ce cheval, que j’ai co-élevé et qui s’appelle Scandale, vaut en effet mille Hickstead. La seule idée de le voir tomber me terrorise. Malgré tout, et toujours à mes yeux, tout cela n’est rien à côté de ce qui est arrivé à Benjamin Boutin.

C’est pour cette raison que nous avons choisi, tous ensemble à Equidia, de ne pas remontrer les images de ce terrible accident. C’est aussi pour cette raison que je trouve, malgré la perte financière que cela aurait représenté pour l’institution, mais aussi pour les socio-professionnels et les propriétaires qui y participaient, qu’il fallait s’arrêter de courir, samedi à Argentan.

Il fallait s’arrêter, rentrer chez soi, prier éventuellement, penser en tout cas à nos êtres chers et au bonheur qu’on a, sans l’apprécier toujours, de les savoir auprès de nous.

Dernière minute : L’annonce officielle du décès de Benjamin, lundi matin, a conduit le PMU à affecter le produit de la course qui lui a été fatale, et qui a été re-programmée à Angers après-demain mercredi, à l’association des jockeys, initiative plutôt heureuse. Communiqué complet ci-après.

Communiqué PMU Décès Benjamin Boutin

JEM 2014 : Plus que 1 000 jours à patienter !

Les Jeux Equestres Mondiaux 2014 en Normandie, c’est dans 1 000 jours. Mille jours à patienter avant de pouvoir vibrer avec les huit disciplines au programme du 24 août au 7 septembre 2014. Jeudi, David Douillet, Ministre des Sports, a lancé le compte à rebours.

De retour du Musée des Beaux Arts de Caen où avait lieu jeudi une petite cérémonie pour lancer le compte à rebours des Jeux Equestres Mondiaux 2014. Pour l’occasion, David Douillet, notre Ministre des Sports avait fait le déplacement himself sur ses terres normandes d’origine (il est né près de Rouen). « Un des plus grands événements sportifs au monde », a déclaré l’ancien judoka au sujet des JEM. Un vrai symbole pour un sport qui peine parfois à être considéré comme une discipline sportive à part entière par le grand public. Avec ses deux titres olympiques et ses quatre titres mondiaux, l’ancien judoka a envoyé un signe fort aux organisateurs. Il a confirmé le soutien de l’Etat (au maximum 10 millions d’euros sur les 64 millions de budget) auprès du Groupement d’Intérêt Public (GIP) chargé de la mise en place de cet événement. Un rendez-vous qui s’intègre dans les grandes organisations sportives programmées en France avec notamment l’Euro de foot en 2016 et la Ryder Cup de golf en 2018. Monsieur le Ministre a tout de même rappelé que par les temps qui courent, ce serait le bienvenu si les organisateurs pouvaient davantage se reposer sur les partenaires privés que sur les deniers publics. Histoire aussi de permettre à l’Etat de pouvoir contribuer au financement des différentes candidatures comme celle de l’Euro de basket 2015 ou celle des Mondiaux de hand par exemple.

Côté public, la grande foule est espérée en Normandie. « Il faut être ambitieux, a rétorqué le Ministre à un journaliste qui lui demandait si le chiffre annoncé de 500 000 spectateurs espérés n’était pas un peu optimiste. Si on n’a pas d’ambition on n’avance pas et autant rester chez soi. La politique du GIP est la bonne avec la volonté de ne pas partir vers des tarifs exorbitants de façon à permettre à un maximum de personnes de venir. » Un peu de patience pour vous précipiter sur internet et réserver vos places. La billetterie ouvrira à J-500.

Pour avoir assister dans ma vie d’avant à de nombreuses mises en place d’organisations de ce type, j’ai plutôt un bon feeling sur Normandie 2014. Directeur de l’organisation, Fabien Grobon, Laurent Cellier, le directeur sportif, et les 15 permanents du GIP semblent partis dans la bonne optique. Avec surtout la volonté de faire de ces Mondiaux un grand événement populaire qui ira bien au-delà de la dimension sportive avec des axes de développement touristiques, culturels, économiques etc. Non seulement le temps des compétitions mais surtout destinés à perdurer. Faire en sorte que ces JEM laissent un héritage à la région bien évidemment mais aussi à la France, à sa filière cheval et au sport en général avec une démonstration du savoir faire des organisateurs français. Le sport au cœur de la société. En voilà une idée qu’elle est bonne !

Pascal

Toutes les infos sur le site de Alltech Jeux Equestres Mondiaux FEI, Normandie 2014

Exotiques et familières courses argentines

Certains chants d’oiseau semblent incongrus sur un hippodrome. En tout cas sur un hippodrome européen. À Royan peut-être, puisque le zoo de la Palmyre est voisin du champ de courses. En revanche, à Buenos-Aires ou à Montevideo, en Argentine ou en Uruguay donc, cela fait partie du paysage. Le contraste est d’autant plus saisissant que les tribunes, qui datent pour la plupart du début du XXe siècle, rappellent celles de Vincennes jadis, avant qu’on en fasse le monstre qui surplombe depuis trente ans le Plateau de Gravelle. Belles pierres, caryatides, frises rococo, escaliers en marbre et beaux parquets sont d’usage à Palermo et à Maronas, où chantent donc dans une langue inconnue des volatiles exotiques, perchés sur des arbres colorés du printemps austral.

L'entrée principale des tribunes de Palermo

Si l’on regarde plein est vers l’Afrique, c’est la ville du Cap que l’on vise. Nous sommes donc très loin de la France, et pourtant dans un décor presque familier.

Dans ces grandes villes d’Amérique latine, en effet, le prestige de notre vieux pays, de sa culture, a jadis beaucoup influencé les riches propriétaires argentins, invariablement francophiles. Un coup d’oeil sur les palmarès des années 20, en France, en témoigne : Edouard Martinez de Hoz et Simon Guthmann, par exemple, qui avaient quitté la pampa pour exploiter leurs pur-sang à Chantilly, Longchamp et même Auteuil, sont au sommet trois années de suite, de 1925 à 1927, et dans le trio de tête régulièrement jusqu’aux années terribles de la Deuxième Guerre Mondiale.

Un des plus importants haras d’Argentine, immense déploiement d’herbes hautes et de bâtiments historiques à moins de cent kilomètres de Buenos-Aires, s’appelle le Haras de la Pomme. Ses armes sont blanc et marron, comme la casaque de Simon Guthmann, portée par Biribi, qui remporta en 1926 un jeune championnat international, le Prix de l’Arc de Triomphe, sous les couleurs du fondateur du Haras de la Pomme français, et de sa version argentine, qui prospère aujourd’hui sous la houlette de Samuel Libermann et de son fils Guillermo.

Mais derrière ces immenses propriétés se cache une réalité plus triviale. Comme aux Etats-Unis, l’Argentine et l’Uruguay ont dû pour survivre s’en remettre aux bandits manchots. Fermé pendant cinq ans de 1997 à 2002, Maronas a pu rouvrir ses portes seulement grâce à un montage qui comprenait un casino dans Montevideo. Les sorts des deux sites sont liés, et les machines à sous payent pour les courses, qui sont toutefois commercialisées aux Etats-Unis, et bientôt chez nous en France (le 12 décembre).

Abandonné pendant 5 ans, l'hippodrome de Maronas, à Montevideo en Uruguay, a toutefois gardé toute son âme.

De l’autre côté du Rio de la Plata, sous les tribunes impeccables de Palermo, juste à côté du site du plus grand open de polo au monde (22 000 spectateurs peuvent y assister), se dissimule un immense espace de plusieurs milliers de machines à sous. La galerie des miracles court sur plusieurs centaines de mètres. Les deux sites se surplombent, mais le casino est entièrement escamoté. Là encore, ce renfort fait la fortune des courses qui se déroulent juste au-dessus, sur le sable du fleuve voisin, à l’air libre.

Si vous avez la chance un jour de passer par là, surtout n’hésitez pas : vous découvrirez un tout nouveau monde. Toutefois, si l’envie vous prend de boire un cocktail en savourant le spectacle, vous en serez pour vos frais : «Une loi qui date de 1927 interdit la vente d’alcool sur les hippodromes, avertit un familier des arcanes locales. Nous poussons pour modifier la législation mais ce sera difficile.»

Peu importe, au fond : le reste Buenos-Aires n’est pas avare de ses délices et pour en profiter, mieux vaut faire le papier avec la tête claire -et parier sur le jockey uruguayen Falero !