Tel Molière mort en quittant la scène à l’issue d’une représentation du Malade imaginaire, un soir de février de 1673, Hickstead a poussé son dernier souffle en public, dimanche, à Vérone, au terme d’une dernière « représentation ». Le cheval d’Eric Lamaze dépassait en effet la simple dimension sportive. Partout où il évoluait, il était « l’attraction », la vedette, le premier rôle, la tête d’affiche, le cheval hors du commun que tous les passionnés se réjouissaient de voir réciter sa plus belle partition. Sans jamais une fausse note. Jusqu’à dimanche.
Etonnante coïncidence. Hickstead est parti quasi jour pour jour 20 ans après Jappeloup, autre « géant » ayant marqué l’histoire du saut d’obstacles avec notamment son titre olympique de Séoul, en 1988, sous la selle de Pierre Durand. Nul doute que si internet, Facebook ou twitter avaient existé, la disparition de Jappeloup aurait à l’époque provoqué la même émotion et les mêmes réactions.
Depuis dimanche, tous les cavaliers, toutes disciplines confondues, témoignent de leur soutien au champion olympique via leur compte twitter ou leur page Facebook. Comme le prouvent tous vos témoignages déposés sur la page Facebook d’Equidia, toute la « planète équitation » est sous le choc. Les cavaliers présents à Vérone ont évidemment choisi de stopper le concours. Scène particulièrement émouvante de les voir se réunir au centre de la piste pour « communier » tous ensemble au cours d’une poignante minute de silence. « The show must go on » disent les artistes. Alors le show va continuer. Parce qu’il doit en être ainsi. Mais Hickstead restera à jamais gravé dans les esprits. Et à chaque apparition d’Eric Lamaze, nul doute que beaucoup penseront à son cheval entré dans la légende, un soir d’août 2008 à Hongkong au terme d’un éblouissant barrage olympique.
Cette mort d’Hickstead est un épisode de plus dans l’incroyable vie d’Eric Lamaze dont l’itinéraire ressemble plus à celui d’un boxeur issu des quartiers pauvres new-yorkais qu’à celui d’un champion de saut d’obstacles. Quel destin… Sur la page d’accueil d’Equidia.fr, Julien rappelle les grandes heures de ce couple. Nul doute que la vie d’Eric Lamaze inspirera un jour un réalisateur de cinéma. Avec cette fois, nous le souhaitons de tout notre cœur, une happy end qu’Eric va désormais devoir écrire. Sans Hickstead, mais avec tout son talent. Bonne et longue route à lui.
Pascal

