A deux jours du Prix d’Amérique-Marionnaud, tout le monde est sur le pont du vaisseau Equidia. Alexis Lévy et Laurent Broomhead fomentent leur complot annuel pour l’émission matinale « Matin d’Amérique », qui sera exclusivement consacrée à la grande course de dimanche, à partir de 10 heures. Pierre-Emmanuel Goetz, lui, a la lourde responsabilité d’organiser la retransmission en direct de l’événement sur Equidia Live. Une mini-caméra et un micro seront installés sur un brancard du sulky de Timoko. On pourra contempler ces images et la bande audio qui va avec quelques minutes après l’arrivée. Richard Godard suivra la course en voiture sur la piste des juges aux allures et il bondira sur le vainqueur pour recueillir à chaud ses premières impressions. Audrey Fournier et Jean-Philippe Cherruau seront dans les écuries pour vous livrer les dernières infos au fil de la journée. Le matin, Cécile Martineau et Marine Costabadie nous feront entrer dans les coulisses de l’événement en avant-première.
Les téléspectateurs d’Equidia Life, pour leur part, auront droit à une séance de rattrapage dans la foulée de la Coupe du Monde de CSO à Zürich présentée par Kamel Boudra. Peut-être à l’avenir les fans de jumping et des autres disciplines équestres pourront-ils vivre le Prix d’Amérique-Marionnaud d’une façon adaptée à leurs attentes et à leurs habitudes.
Quand les courses atteignent un niveau sportif comme celui de dimanche, le sport hippique et le sport équestre se confondent un peu, non ? Ready Cash, Timoko, Maharajah et les autres sont devenus les personnages d’une pièce qui se répète devant nous depuis près d’un an. S’il est un jour dans l’année où le trot est accessible à tous les amoureux du cheval, c’est dimanche. S’il est un jour où l’on n’est pas obligé de cocher un ticket pour suivre Equidia, c’est aussi celui-là.
Le Prix d’Amérique-Marionnaud, comme le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, c’est la vitrine des courses. Deux gros dimanche sur lesquels se concentre pratiquement toute l’attention que nous accordent les « grands médias » dans l’année.
C’est peu, mais c’est mieux que rien. On a beau dire, beaucoup de sports ne bénéficient pas d’une telle couverture médiatique du tout. Les différents acteurs des succès du hand-ball français ont dû remporter plusieurs titres mondiaux pour qu’on se préoccupe enfin de leur sort. Rappelez-vous de Patrice Martin, et de ses efforts pour rendre accessible le ski nautique, dont il dominait les palmarès !
Nous autres, des courses, avons donc un peu de chance, et en tout cas les moyens de nous offrir une belle télé accessible à tous. Faut-il pour autant laisser tomber les autres écrans ? Bien sûr que non. Ceux que les courses et le cheval intéressent, pour différentes raisons, doivent trouver constamment et en tout lieu ce qu’ils cherchent sur tous les Equidia possible. Nous allons y travailler. Mais tout le monde n’a pas le petit doigt sur la couture numérique. Nombreux sont les réfractaires qui ne voient pas plus loin que le petit écran traditionnel. Pour eux, les courses doivent évidemment continuer d’exister sur des chaînes généralistes. Peut-être pas sur France3. Ce diffuseur d’état n’a produit aucun effort pour promouvoir ce qu’il était pourtant payé pour diffuser en préambule à ce vieux bortsch froid de télé soviétique qu’est l’inspecteur Derrick. Peut-être pas sur ce type de machin mais sur des chaînes de télévision plus jeunes, capables de saisir des opportunités et de faire preuve d’imagination autour d’une émission hippique. Peut-être pas tous les jours, non plus. Peut-être pas seulement sur le Quinté+, enfin, et surtout pas en réutilisant les recettes épuisées du passé.
Sans quoi le Prix d’Amérique et l’Arc deviendront comme ces pathétiques défilés du 1er mai sur la Place Rouge, à la fin des années 80. De tristes films noir et blanc sans surprise, si sombres que même les couleurs semblent s’y ennuyer.
