Cheltenham 2012 : point final

L’édition 2012 du Festival de Cheltenham s’est terminée sur une Gold Cup de toute beauté. Kauto Star est parti sous les applaudissements du public et Tony McCoy a démontré toute sa classe en s’imposant sur Synchronised.

(Avec l’aimable autorisation de Jour de Galop )

Comme souvent, Yann Porzier avait tout compris. Reprenant à son compte une blague qui traînait jadis sur les stades de foot, l’entraîneur a expliqué, dès jeudi en contemplant une seconde fois le large public de Cheltenham : « A Cheltenham, tout le public connait les jockeys par leurs prénoms. A Auteuil, c’est le contraire… »

Or on ne siffle pas quelqu’un qu’on connaît bien. C’est ainsi que Kauto Star, dix ans pile après qu’un autre crack nommé Istabraq dans le Champion Hurdle, a été arrêté par son jockey Ruby Walsh avant même la fin du premier tour de la Gold Cup. Là encore, cependant, le public a applaudi le retrait du double vainqueur de ce Grand Steeple anglais. On savait qu’il n’était plus aussi mordant que dans sa jeunesse et sa participation a longtemps été considérée comme douteuse. Son entourage s’est finalement décidé pour courir, mais le jockey avait probablement pour instruction de le tester avant de lui demander le maximum. Clap-clap.

Du coup, JP McManus a vu ses couleurs remporter la grande course pour la première fois grâce à Synchronised. Le propriétaire irlandais est parmi les plus importants d’Europe sur les obstacles. Ancien bookmaker, il met beaucoup d’argent et d’énergie dans ce hobby. Trois jours après la mort de son vieux complice, Garde Champêtre, dans le cross, il a dû apprécier particulièrement une telle victoire avec un 9ans en progrès, le meilleur finisseur d’une Gold Cup tumultueuse. Long Run, tenant du titre, a terminé troisième. Il n’a jamais lâché le morceau, du moins jusqu’à cent mètres du but, malgré plusieurs sauts peu orthodoxes. Il faut le revoir.

Pour Tony McCoy, multiple cravache d’or et sportif de l’année 2010 après sa victoire dans le Grand National de Liverpool avec Don’t Push It, il s’agissait d’un second succès, quinze ans après celui de Mr Mulligan en 1997. Vu la célébration de l’événement après le poteau, il avait peut-être oublié.

Plus difficile d’oublier la précédente victoire de l’entraîneur, Jonjo O’Neill, dans la Gold Cup. Il était encore jockey, alors, et associé à Dawn Run. Des trois statues équines qui ornent les enceintes de Cheltenham, seule celle de la jument irlandaise, gagnante de la Gold Cup en 1986, lui associe son jockey. Golden Miller (quintuple vainqueur de Gold Cup dans les année 30) et Best Mate (triple vainqueur entre 2002 et 2004) ne sont pas montés. Le dernier porte tout de même une selle et un collier. Best Mate, lui, est nu. Il brille un peu, comme pour refléter les flashes des nombreux appareils qui fixent la pose d’un supporter.

William Safe, lui, a une plaque à son nom, accrochée contre un des murs de l’Arkle Bar, le centre névralgique de l’hippodrome. Il n’a pas réellement monté de gagnant à Cheltenham mais il a dû en encourager un paquet. « En mémoire de William Safe, un turfiste vraiment enthousiaste », lit-on.

Le « turfiste inconnu » ne l’est pas donc pour tout le monde, à Cheltenham.

REVOIR LA COURSE

Winter-meeting report

After four months of high quality racing at Vincennes, the meeting has come to an end and we can look back at the different rankings. Here is a summary of the professionals who marked this winter-meeting :

Trainers : Franck Leblanc, unstoppable !

Franck Leblanc drove Unique Quick himself in the Prix de Séléction

Franck Leblanc already had an extraordinary winter meeting in 2010-2011 winning 49 races, but this year he did even better, beating his previous record with 53 victories. He won 5 of the 11 group one races this winter, the Critérium Des 3 Ans and the Prix De Sélection with Unique Quick, the Prix De Vincennes with Utoky, the Prix De L’Ile De France with Tango Quick and the Prix De Cornulier with Quif De Villeneuve. His horses also earned 3 455 070€, another record ! Franck Leblanc outclassed his collegues this winter ; in number of wins Jean-Michel Bazire and Christian Bigeon are his nearest followers with respectively 36 and 27 successes. In winnings, Sebastien Guarato comes second with 1 934 550€ and Thierry Duvaldestin third with 1 582 720€.

Drivers : Jean-Michel Bazire still the best !

Jean-Michel Bazire received his 13th "Etrier D'Or" at the Gala Du Trot

Anchored to the first place as a driver, Jean-Michel Bazire collected his 13th « Sulky D’Or » this winter. He won 72 of his 344 outings, that’s 20% wins and 2 537 900€ earned. He has 33 wins more than his nearest follower, Matthieu Abrivard (39), Frank Nivard and Eric Raffin come after that with 37 and 34 victories.

 

 

 

Jockeys : Franck Nivard, top of his class !

Franck Nivard won the Prix D’Amérique with Ready Cash

Ranked second as a driver and first as a jockey, Franck Nivard won 25 monté races during the winter-meeting. The second place goes to Matthieu Abrivard who won 23 races. The winning jockey of the Prix De Cornulier, Yoann Le bourgeois comes in third place with 17 victories, Eric Raffin has 16 wins but is first in earned money. These 4 jockeys were very closely-matched all last year and Eric Raffin and Franck Nivard shared the « Etrier D’Or » while Matthieu Abrivard and Yoann Lebourgeois shared the « Etrier de Bronze ». Franck Nivard is once again the best when it comes to « combined » class, counting his victories in the sulky and in the saddle.

Owners and breeders : Ecurie Quick Star stands out !

Philippe Delon

In both categories, the hero is called Philippe Delon, owner of Ecurie Quick Star. His horses enjoyed an exceptional meeting with 19 victories of which 3 group ones. Unique Quick‘s victory in the Prix De Séléction on the last day of the winter-meeting put Philippe Delon‘s stable (1 302 050 €) in front of Philippe Allaire (1 291 380 €) ranked in term of earnings in the owner category. In the breeder category, the immediate followers are Ecurie Griff (Roxane Griff) and Ecurie Victoria Dreams (Royal Dream).

Amazing Rapide Lebel !

Rapide Lebel is going to give his rivals a hard time this spring in Scandinavia. His comeback this Saturday in the Prix De L’union Européenne was breath-taking. He really is in a class of his own !

Rapide Lebel hadn’t raced since the Breeders Crown in Woodbine in the end of October, when he finished second behind San Pail. After a four-month break, he was finally back to please all trotting enthusiasts. His main rival,Commander Crowe made a winning comeback in Kuurne last week, but this time he galloped from the start and was disqualified. This made the race even easier for the champion Rapide Lebel. The gelding took a great start and very quickly he was 50-100 meters in front of the rest of the field. The time for the first 2000 meters was a very impressive 1’11’6. Rapide Lebel already looked unbeatable, he trotted easily and he is very tough. When they came around the last turn, the public applauded and Eric Raffin raised his hand to acknowledge the fans. Rodrigo Jet sprinted well to second place and Perlando was a good third but they were over 50 meters behind the winner.

This was Rapide‘s second victory in the Prix De L’union Européenne and he set a new record for the race : 1’12’8.

The task was too difficult this time for Timoko in the Prix De Sélection, in which he was attempting to defend his title. The last horse to win this race twice was Mon Tourbillon in 1983 and 1984. Richard Westerink‘s champion had a 50 meter handicap as the 5 year-old « T » generation, had to race over 2750 meters and the 4 year old had « only » 2700 meters to cover. Back after a break since his 5th place in, the Prix D’Amérique, Timoko was the only 5 year-old to take up the challenge. Unique Quick was good from start and took the lead. Timoko caught up with his younger rivals very fast but couldn’t get the lead from Unique Quick, the winner of the Critérium Des 3 ans. Unique Quick and Franck Leblanc stayed in the lead and won the last group 1 of the winter-meeting in 1’13’3 over 2700 meters. He was actually never threatened. Uniclove and Thierry Duvaldestin finished well and took the second place. Timoko had to settle to third place, his time was 1’12’3 over the 2750 meters.

Timoko and Rapide Lebel could line up in a mouth-watering clash in Elitloppet in May.

Dressage : Chouette, on avait tout faux !

Grâce aux bons résultats de Jessica Michel et Riwera de Hus, le dressage français sera bien présent aux Jeux Olympiques de Londres. Une belle surprise au regard des dernières saisons.

Quinzième… sur seize l’été dernier aux Championnats d’Europe à Rotterdam, relégués au-delà de la 100e place dans le classement individuel, la France du dressage semblait avoir sombré. La 6e place par équipes des Jeux olympiques 2008 glanée par Marc Boblet avec Whitni Star, Julia Chevanne avec Calimucho et Hubert Perring avec Diabolo St-Maurice semblait loin. Très très loin.

Dans une société qui réclame des résultats immédiats sans jamais laisser le temps aux choses de s’installer et de se mettre en place (et pas seulement en sport), dans un univers qui a tendance à vite tout remettre en questions et sujet au « y a qu’à » ou au « faut qu’on », le monde du dressage français a sans aucun doute ressenti au cours des derniers mois de gros bourdonnements dans les oreilles (nous y avons contribué, soyons honnêtes). Avant désormais d’entendre des compliments… Le vent tourne parfois très vite.

Ce tourbillon et cet air frais ont été amenés par Jessica Michel. Auteur de grosses performances depuis deux semaines au CDI 3* de Vidauban, la jeune femme a offert un quota olympique à la France. Les équipes de France de saut d’obstacles et de concours complet ne seront donc pas seules à évoluer à Greenwich Park, l’été prochain. Même si la sélection ne sera connue qu’en juin, on peut imaginer que le quota remporté par la France sera octroyé à Jessica Michel. Ce ne serait évidemment que justice.

Il est temps de saluer Alain Francqueville, le sélectionneur national. Malgré les résultats décevants de ces dernières années, le sélectionneur national a toujours joué le jeu, ne s’est jamais esquivé et est toujours venu affronter les médias pour défendre sa discipline. Même lorsque que légère provocation oblige, nous intitulions la première émission d’Equivox « Le dressage français, cause perdue ? » Depuis des mois, Alain répétait à l’envi que c’était encore jouable. Peu portaient crédit à ses propos. Et pourtant.

Comme d’habitude avec les statistiques et les chiffres, la plus grande prudence est requise. Mais juste pour donner un ordre d’idée, à Hong-Kong, Julia Chevanne avait réalisé 63,250 dans le Grand Prix, Hubert Perring, après un 66,833 dans le GP réalisait 62,680 dans le GPS (25e place) et Marc Boblet affichait 65,640 dans le GPS (23e) après un 66,125 dans le GP. Juste pour fantasmer (ça ne fait jamais de mal), avec 76,100%, son score de la Kür de Vidauban, Jessica Michel serait entrée dans le Top 5 !

Au-delà de cette qualification, on perçoit la mise en place d’un réel mouvement de reconstruction. Sur le terrain sportif bien entendu (le plus important) mais aussi dans d’autres domaines comme la communication avec notamment une newsletter dressage particulièrement bien faite. Voilà qui me conforte dans ma volonté de vous offrir sur Equidia Life davantage de dressage comme bientôt les épreuves du circuit World Dressage Masters ou récemment les étapes de Coupe du monde de Neumunster ou de Göteborg qui n’étaient pas initialement prévues au budget (eh oui, ce n’est pas gratuit et la part du dressage a considérablement augmenté dans le budget des retransmissions).

Pour en revenir au sport, seules madame Irma (et encore…) ou Elisabeth Teyssier (bon, là j’ai des gros doutes) peuvent savoir si tous les initiatives actuelles aboutiront. La fameuse « incertitude  du sport » fonctionne dans les deux sens avec parfois de bonnes surprises et d’autres fois des mauvaises. Mais le sport est fait de cycles. Une bonne « locomotive » comme peut le devenir Jessica Michel génère parfois des vocations et enclenche de petits détails qui, mis bout à bout, finissent par apporter des résultats.

S’il serait incongru et surtout prématuré de s’enflammer (il reste beaucoup de travail pour que Jessica ne soit pas l’exception), permettez-nous de nous enthousiasmer. Pour les gens qui œuvrent pour la discipline, pour tous ceux qui y croient et apportent leur enthousiasme et leur volonté de (re)construire, et pour vous, les passionnés bien heureux d’apprécier de belles reprises.

Pascal