Des obstacles à franchir pour le Grand National de Liverpool.

Je me suis réveillée samedi matin avec des frissons… c’était la journée du Grand National de Liverpool, l’épreuve où tout peut arriver, où l’on écrit l’histoire des courses, et des histoires de courses. Une course qui me fait rêver depuis toute petite.

Je me suis couchée troublée, inquiète pour l’avenir de cette institution anglaise qui n’est pas pour rien dans ma passion d’aujourd’hui pour la chose hippique.

Ce n’est pas la course en elle-même qui m’a déçue : 7200 mètres haletants avec une arrivée la plus serrée jamais vue lors des 164 éditions précédentes du Grand National. La victoire revenant ainsi au gris Neptune Collonges (FR) qui offrait alors un premier sacre dans cette course la plus célèbre du monde à son entraîneur Paul Nicholls pour sa 53ème tentative. Son jockey Daryl Jacob dédie son succès à son ami Kieren Kelly, mort en course en Irlande en 2003, qui l’avait encouragé à poursuivre sa carrière en Angleterre.

Daryl Jacob est ému après sa victoire en selle sur Neptune Collonges. © DR

Comme pour beaucoup d’anglais, le Grand National fait partie de ma culture innée. Je me souviens de samedi après-midis, après avoir monté mon poney, devant le feu de cheminée et la télévision, le journal sur les genoux à choisir mes chevaux pour le « sweepstake » familial. C’était un moment magique de spectacle, les hommes et les chevaux face à la difficulté. Et avec toujours une surprise ou une belle histoire à l’arrivée.

Aintree n’a pas besoin de films comme National Velvet (une toute jeune Elizabeth Taylor remporte la course sur un cheval qu’elle avait gagné lors d’un tirage aux sorts…) pour inspirer des histoires incroyables. Déjà, le tout premier lauréat de la course se nommait Lottery et, cette année-là, un certain Captain Becher tomba dans le fossé du sixième obstacle, qui portera à jamais son nom. Autre obstacle à honorer un partant dans la course, le « Foinavon Fence » se nomme ainsi suite à un embouteillage général qui arrêta le peloton entier. Le seul à trouver le passage fut l’outsider Foinavon qui s’imposa à 100/1 en 1967. Mais la plus célèbre chute de l’histoire du Grand National est celle de Devon Loch en 1965. On se demande toujours pourquoi ce représentant de la casaque de la Reine Mère s’est jeté par terre à 40 mètres du poteau quand il avait course gagnée. Revoir la chute incompréhensible de Devon Loch

Une histoire plus heureuse est celle d’Aldaniti et le bien-nommé Bob Champion. En 1981 le duo a surmonté des difficultés quasi impossibles pour venir à bout du marathon d’Aintree en vainqueurs. Aldaniti était revenu à la compétition après une blessure qui aurait pu mettre un terme à sa carrière de course ; les médecins avaient donné à Bob Champion son jockey, souffrant d’un cancer, 40% de chances de survie deux ans auparavant. La représentation même de l’improbable héros malgré son nom, il déclare sur son site internet, « J’ai monté cette course pour tous les patients encore à l’hôpital, et tous ceux qui les soignent. J’espère seulement que ma victoire leur montre qu’il y a toujours de l’espoir. »

Bob Champion (à gauche) et Jonjo O'Neill (à droite) lors de a Course de Légendes. ©DR

Bob Champion (à gauche) et Jonjo O'Neill (à droite) lors de a Course de Légendes. ©DR

Depuis son sacre, Champion dédie une grande partie de son temps à son « Bob Champion Cancer Trust » et il s’est remis en selle à Aintree en 2011 et 2012 pour mener le défilé de la Course de Légendes en ouverture du programme du Grand National. Un événement qui a récolté plus de £100 000 chaque année pour lutter contre la maladie.

Et puis bien sur il y a la légende Red Rum. Ce cheval presque infirme était entraîné sur la plage pas loin de Liverpool par Donald « Ginger » McCain. L’eau de la mer lui a fait le plus grand bien et il se transcendait à Aintree où il a gagné le Grand National en 1973, 74 & 77. Aujourd’hui sa statue règne sur la pelouse d’Aintree et a été rejointe cette année par celle de son mentor, décédé en septembre dernier.

Red Rum & Ginger McCain sur la plage. © DR

Les exploits de Red Rum rendent à la course sa dimension populaire, si bien que dans les années 80 l’hippodrome résiste aux sirènes de promoteurs immobiliers décidés à acheter les terrains d’Aintree. L’épreuve a aussi survécu à la débâcle de la neutralisation de la course après deux faux départs en 1993 et une alerte à la bombe quatre ans plus tard.

Mais aujourd’hui le Grand National fait face à une menace plus dangereuse encore, l’acharnement des défenseurs des animaux.

Car malheureusement deux chevaux ont laissé leur vie sur le champ du Grand National, et ce après deux morts déjà l’an passé qui avaient fait réagir un public anglais de plus en plus sensible. Les questions posées en 2011 ont été prises très au sérieux par les autorités britanniques des courses et par Aintree qui ont fait plusieurs changements au mythique parcours.

  • Le contre-bas à la réception de Bechers Brook a été réduit pour mesurer entre 25cm (intérieur de la piste) et 15cm (extérieur). Certains jockeys disent qu’aujourd’hui c’est trop peu à l’intérieur car trop de chevaux restent ainsi près de la corde. Ily a quelques années, la corde était seulement pour les « fous » et les chevaux étaient alors bien distribués au large de la piste.
  • Le 4ème obstacle a été identifié avec Becher’s Brook comme l’obstacle causant le plus grand nombre de chutes. Il a été diminué de 5cm pour mesurer 1m47.
  • La zone de réception du premier obstacle a été nivelée pour éviter de piéger les chevaux qui ont tendance à sauter gros en début de course.
  • Les barres d’appel pour chaque obstacle sont plus grandes et plus visibles
  • Aintree a investi pour construire une aire de récupération dernier cri après le poteau, avec ventilateurs, vaporisateurs et un abri protégeant des rayons du soleil.
  • Enfin, les conditions de course sont devenues plus strictes : l’âge minimum est augmenté à 7 ans, les chevaux doivent être confirmés dans des steeple-chases de longue distance, les jockeys plus expérimentés, etc.

A titre de comparaison, le plus grand obstacle à Aintree est The Chair qui mesure 1m55 de haut avec une largeur de 3 mètres ; le Rail-Ditch et Fence d’Auteuil fait 1m60 de haut et 4 mètres de large !

Becher's Brook © DR

Ces modifications n’ont pas suffit. Mais peut-on vraiment considérer que les deux chutes mortelles sont dues aux fences imposants d’Aintree ?

Certes, le vainqueur de Gold Cup Synchronised est tombé à Becher’s Brook, mais s’est relevé sans mal pour s’accidenter en galopant en liberté quelques obstacles plus tard. According To Pete a chuté lui aussi à Becher’s Brook, mais pas de sa propre faute, il a été entraîné dans sa chute par un cheval en liberté. Son entraîneur Malcolm Jefferson a même déclaré, « Le cheval sautait pour le plaisir, j’ai toujours pensé qu’il apprécierait Aintree. S’il ne s’était pas blessé, je n’aurais eu aucune hésitation à lui faire recourir le Grand National l’année prochaine. » Et avant de dire que ce Malcolm Jefferson est un monstre, ou un boucher comme on a pu lire dans de nombreux commentaires, je précise que c’est un vrai homme de cheval qui a travaillé dur pendant ses 32 ans comme entraîneur dans le nord d’Angleterre. Quant au propriétaire Peter Nelson, ce mécanicien septuagénaire a élevé son crack dans un petit paddock derrière son garage dans le Yorkshire.  Jefferson était en train de vivre la meilleure saison de sa carrière avec deux vainqueurs au Festival de Cheltenham qui ont tous deux réitéré à Aintree. « Ce dernier mois résume parfaitement les courses. » souligne-t-il avec regret.

 

Alors quelles sont les solutions ?

Réduire encore les obstacles ? Les professionnels sont unanimes à dire que ce serait pire ; les chevaux iraient plus vite et c’est la vitesse qui casse…

Réduire la distance ? Même problème de vitesse.

Arroser pour assurer une piste souple ? Peut-être, mais ça ferait des chevaux épuisés au bout de leur marathon…

Diminuer le nombre de partants ? Je pense que c’est la seule solution valable, même si ça enlèverait le coté mythique « tout peut arriver » de l’épreuve.

Le Grand National - une institution à protéger. © DR

Il ne faut pas se leurrer, si l’on interdit le Grand National de Liverpool, les courses d’obstacle en général suivront dans a foulée. Sion ne peut pas justifier sept morts en dix ans pour le Grand National, peut-on avaler cinq décès au Festival de Cheltenham ou les dizaines de chevaux qui meurent chaque année sur les hippodromes du monde.

Comme m’a dit l’un des meilleurs entraîneurs français récemment, « les courses d’obstacles n’existeront pas d’ici 20 ans ». J’espère qu’il a tort mais la disparition du Grand National serait un premier pas vers une interdiction totale de l’obstacle.

La vraie solution est d’accepter que dans la vie, il y a des accidents. Les chevaux ont des droits : d’être bien traités, dressés, soignés, préparés pour leur carrière de course, mais pas qu’on leur enlève leur raison d’être. Car sans courses, il n’y a pas de chevaux.

LIRE AUSSI : Le Grand National, stop ou encore ?

Grand National de Liverpool : stop ou encore ?

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Ce week-end, Synchronised et According to Pete ont inscrit leur nom sur la stèle d’Aintree. Ils sont devenus les 69e et 70e chevaux à succomber sur les obstacles du Grand National de Liverpool (revoir la course). Un triste bilan comptable qui n’a pas manqué de rallumer la mèche de la polémique entre pro et anti-Grand National, déclenchant des tirs de barrage avec les cartouches habituelles : « Cette course est une boucherie » contre « Pas touche à la tradition ». Le sujet est sensible, on le sait, et divise partout où il est abordé. On ne prétendra pas le trancher. Mais rien n’empêche d’y réfléchir.

Les chiffres parlent mais les avis divergent

Revenons d’abord sur les chiffres bruts. Selon plusieurs études officielles (celles de la British Racing Authorities notamment), on compte en moyenne un cheval mort pour 1000 partants dans les courses de plat. Un chiffre qui monte à 6 décès pour 1000 partants dans les steeple-chase. La statistique est élevée, mais il faut encore la multiplier par deux pour le Grand National : entre 2000 et 2010, on a recensé 7 morts pour un total de 439 partants (Hear the Echo, McKelvey, Graphic ApproachTyneandthyneagain, Goguenard, The Last Fling et Manx Magic). En cause : la longueur de la course (plus de 7km), le nombre de partants (40) et les 30 obstacles qui émaillent le circuit. Si l’on entre dans le détail, on constate même que sur les 70 décès comptabilisés depuis la création du Grand National, 14 ont été causés par un seul et même obstacle : le fameux Betcher Brook (voir les statistiques)

Lire aussi : l’analyse complète du Grand National 2011 par la BHA
Lire aussi : l’analyse complète du meeting de Cheltenham par la BHA 

Des chiffres éloquents sur lesquels s’appuient tous les adversaires de la course pour demander son interdiction ou, à tout le moins, des aménagements. « Si le risque de mourir était le même sur la route que dans le Grand National, vous pourriez vous estimer heureux d’être encore en vie au bout de 6 mois, explique le Dr Mark Kennedy de l’Anglia Ruskin University sur le site de l’université. Je doute que quiconque accepterait d’être exposé à ce genre de risques, mais on l’accepte pourtant pour les chevaux… » L’argument est Imparable.

Malcolm Jefferson - Copyright DR

Du côté des professionnels, on répond que tout sport comporte des risques. C’est en ces termes que Paul Nicholls a analysé à chaud les évènements du dernier Grand National : « Quand vous pratiquez un sport de haut niveau, quel qu’il soit, il y a des risques. (…) Nous devons vivre avec ça et faire avec. » Encore sous le choc de la perte d’According to Pete (fracture, euthanasie inévitable), le propriétaire et entraîneur Malcolm Jefferson ne disait pas autre chose après la course au micro de Racing UK  : « C’était un de mes chevaux favoris… C’est donc très dur pour moi. En tant qu’entraîneur, et c’est la même chose pour tous ceux qui travaillent dans la milieu hippique, vous n’alignez pas votre cheval en course pour le voir mourir. » Il ajoute, visiblement sous le coup de l’émotion : « Tout le monde aimait Peter, il avait cette grande tête toute blanche, et il adorait courir… (…) C’est juste un accident abominable. Vous savez, il adorait ça, il adorait sauter juste pour le plaisir… (…) Vous ne pouvez rien y faire, c’est un accident qui aurait pu arriver n’importe où, n’importe quand , mais parce que ça s’est produit dans le Grand National, tout le monde l’a vu. »

Des idées mais aucune solution idéale

Bien sûr organisateurs comme professionnels cherchent des solutions pour perpétuer la tradition du Grand National sans mettre les chevaux en danger. Mais personne n’a la formule magique. Si l’on écoute la British Racing Authorities (BHA), il suffirait de raccourcir la course pour faire baisser le nombre de morts (lire leur analyse ici) : la plupart des steeple-chases mesure entre 2 et 3,25 miles, contre plus de 4 miles pour le Grand National. L’institution pointe également du doigt le nombre trop élevé d’obstacles (seul le terrifiant Velka Pardubicka en compte plus)  et l’état du terrain (si la piste est rapide, le risque se multiplie). Après la mort de deux chevaux en 2011, des mesures ont d’ailleurs été prises pour mieux sécuriser les obstacles. En vain…

Ce qui inquiète les amoureux de la course, c’est évidemment que toutes ces mesures de sécurité en dénature l’esprit. La réputation internationale du Grand National est directement liée à sa difficulté cyclopéenne, l’édulcorer reviendrait donc à la condamner. Pire : si l’on écoute les professionnels, une telle décision serait même contre-productive en matière de sécurité ! « Le pire que vous puissiez faire, ce serait de diminuer la taille des obstacles, avance ainsi Paul Nicholls. Les chevaux iraient encore plus vite et vous auriez encore plus de chutes. » C’est pourquoi Malcolm Jefferson préconise paradoxalement qu’on agrandisse les haies : « A mes yeux, les fences devraient être plus gros pour ralentir les chevaux. Même s’ils faisaient 30 cm de plus, According to Pete aurait pu les sauter quand même ». Un constat que l’entraîneur et quadruple vainqueur du Grand National Ginger McCain résume par cette formule lapidaire : « Vous ne rendrez pas la course moins dangereuse en la  rendant plus facile. »  

Chaque cheval qui meurt est un drame

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Mais tout se passe en fait comme si le Grand National, de par son impact médiatique et sa dimension spectaculaire, cristallisait toutes les colères, toutes les polémiques. Une discipline aussi dangereuse que le Concours Complet ne fait par exemple pas l’objet d’autant d’attentions. L’étude des statistiques officielles fournies par la FEI (à lire ici) est pourtant édifiante ! On découvre ainsi que dans les grands concours 20 chevaux ont chuté tous les 1000 partants entre 2002 et 2007, soit un total de 1345 chutes pour 67250 départs en 5 ans. C’est beaucoup  moins que sur les steeple chase (75 pour mille environ durant le meeting de Cheltenham), mais c’est presque autant que sur les haies (30 pour 1000 environ, toujours à Cheltenham). Pire, d’après ces statistiques, 4 cavaliers décèdent ou se blessent très sérieusement tous les 1000 partants. Le nombre de chevaux tués en concours est en revanche très compliqué à obtenir, faute de suivi sérieux de la part des institutions. Seul l’excellent site néo-zélandais Horsetalk.nz tient une comptabilité précise depuis 2007 et arrive au chiffre de 50 chevaux décédés sur les parcours ces 5 dernières années (la liste complète ici). Même s’il ne s’agit que d’une seule et même course, le Grand National n’aura fait « que » 70 victimes en 150 ans d’existence…

Cette comptabilité macabre ne cherche pas à justifier le steeple d’Aintree en dénonçant le voisin d’à côté (l’auteur de ces lignes ne sait pas lui-même ce qu’il en pense), mais juste à méditer et élargir le champ. Tous ces chiffres, toutes ces comparaisons n’ont en réalité aucun sens : chaque cheval qui meurt est un drame, point. Et des drames, on le voit bien, il en survient dans tous les sports équins, tous les ans, tous les mois, toutes les semaines. Doit-on interdire telle discipline parce qu’elle fait 20% de morts en plus ? Parce qu’elles provoquent 30% de chutes en plus ? Les amateurs de courses de haies vont-ils faire interdire le steeple ? Un collectif de cavaliers de dressage se dressera-t-il contre le concours complet  ? Rien de plus morbide que de quantifier la mort, de mesurer la douleur depuis son pré carré.

Tout ce que l’on peut faire, et toutes les institutions y travaillent d’arrache-pied, c’est donc de renforcer encore et toujours la sécurité sur les terrains et les pistes du monde entier. Le risque zéro n’existe pas, mais rien n’interdit de s’en rapprocher. C’est la seule approche raisonnable, si l’on veut continuer à créer des héros. Vous savez, ces modèles qui forgent l’avenir du sport en général et des nôtres en particulier. A votre avis, combien viennent au cheval parce qu’ils ont acclamé un champion ? Vibré devant ses sauts ? Admiré ses pointes de vitesse ? Attention donc de ne pas affadir nos disciplines, de ne pas troip raboter leurs difficultés à coups de garde-fous, de perdre, au fond, ce qui fait la beauté d’un champion : l’exploit. Ourasi ne serait pas cette légende si son entraîneur l’avait cantonné, imaginons, à faire la monte après son 2e Prix d’Amérique. Goldikova n’aurait pas cette aura si les Frères Wertheimer ne l’avait pas laissée en piste jusqu’à 6 ans. Le nom de Kauto Star ne trônerait pas au sommet de l’obstacle anglais s’il avait arrêté après sa chute dans la Gold Cup 2010. Redrum n’aurait pas sa propre chanson si son entraîneur n’avait pas eu la folie de lui faire gagner trois fois le Grand NationalHickstead aurait peut-être vécu beaucoup plus vieux si Eric Lamaze n’en avait pas fait ce sauteur d’exception (1). Tous ces chevaux sont devenus des héros, des symboles du monde équin, parce qu’ils ont pris des risques ou fait des sacrifices. Depuis qu’on l’a domestiqué, la mythologie de cet animal a toujours été à ce prix.

Julien Abadie

 A LIRE AUSSI : Des obstacles à franchir à Liverpool

1- La rupture d’anévrisme peut survenir à tout moment, mais elle est souvent provoquée par un effort, un énervement ou une poussée de tension.

Retour et réflexions

Salut les amis !

Votre serviteur avait un peu disparu de la circulation megapolistique de blog city !

C’est qu’en fait je n’étais tout simplement pas d’humeur à en rajouter…

La lassitude de fin d’hiver dissipée, me voilà donc de retour et je vous livre de manière lapidaire quelques réflexions qui entretiendront et poursuivront des débats ouverts ces derniers temps…

Le déferrage : Je ne sais pas très bien d’où vient cette manie de vouloir changer quand tout va bien. Ne pas confondre innover et chambouler, anticiper et se précipiter. Bref… je ne vois pas pourquoi on changerait le système actuel qui, comme tout les bons systèmes, fut long à accoucher et qui marche plutôt pas mal jusqu’à preuve du contraire. Ne mettons pas sur le dos de la protection des animaux un débat qui me semble plus politique qu’autre chose… A ce que je sache les courses disposent au sein de leurs instances des services compétents (vétérinaires entre autres) pour contrôler et donc empêcher des dérives par trop radicales. Quant à la défense de l’intégrité physique de nos animaux préférés je ne dirais qu’une chose : je suis allé au cirque il y a peu avec mes gosses et je n’ai pas vraiment eu l’impression que lions, tigres et autres hippopotames étaient sauvagement libres ou au sommet de leur forme… Il faut faire le nécessaire pour punir ceux qui vont trop loin plutôt que revenir en arrière et pénaliser ceux qui profitent royalement des règlements en les respectant autant que leurs chevaux… Quant à la question du jeu, les turfistes avertis ont depuis belle lurette compris que le règlement actuel était le meilleur.

Selon moi, la vraie question qui mérite d’être posée à ce sujet est la suivante : le déferrage de plus en plus fréquent aura-t-il, oui ou non, à moyen et long terme, une influence néfaste sur la qualité de notre parc d’étalons ? Et donc par conséquent existe-t-il un risque de dégradation de la qualité du stud book trotteur français ? Je n’ai pas la réponse mais je ne vous cache pas que j’aimerais bientôt prendre le temps d’étudier cela de très près même si le recul n’est sûrement pas suffisant pour avoir des réponses fiables. A suivre…

Les faux départs : Là ca ne va pas alors il faut changer ! Évidement on ne peut pas déclarer un cheval non partant après qu’il ait pris un départ validé si vous voyez ce que je veux dire !

Mais pourquoi pénaliser les turfistes quand il suffirait de faire faux départ si un cheval fautif lors de la première tentative ne respecte pas son obligation de partir en retrait ? La solution : au deuxième faux départ, le fautif (qui l’a donc été deux fois pour deux raisons différentes) est non partant, le pilote pénalisé comme il l’est aujourd’hui et les turfistes remboursés ou abondés de leur cheval de remplacement. C’est tellement simple qu’il y a sûrement une coquille mais bon… peut être pas après tout !

Les rendements de distances : Ils existent et sont un des points cardinaux de nos programmes qui ont depuis des dizaines d’années permis de construire une pyramide au sommet de laquelle figurent les meilleurs trotteurs d’âge du monde. Là encore pourquoi vouloir changer ce qui marche ?

Ils permettent à des trotteurs moins riches ou moins forts d’affronter, un jour J, des adversaires présumés supérieurs avec un rééquilibrage des chances visant justement à en donner une à tout le monde ! Si un pro décide de courir à 25 mètres c’est qu’il pense que son cheval est capable de faire fi de ce handicap ou alors qu’il trouve là une occasion de ne pas demander l’impossible à son pensionnaire et de courir tout en préservant l’avenir. Quant à savoir s’il a le choix : il existe suffisamment d’options dans le programme des courses françaises au trot pour que la réponse coule de source. La palme reviendra toujours à ceux (et ils sont de plus en plus nombreux) qui savent justement analyser un programme à moyen et long terme pour en cerner les principaux objectifs à atteindre, rendement de distance ou pas.

Les départs autostart : Il y en a peut-être trop en province, souvent sur des tracés pas forcement adaptés où il est très difficile de lancer une course dans des conditions optimales. La belle américaine doit être un plus pour les courses, l’élevage et le spectacle, pas une obligation. Et condamner d’avance des chevaux ayant tiré un numéro trop en dehors de façon trop fréquente ne me semble pas être la solution la plus juste. Au moins les départs voltés mettent-ils en avant l’habileté des chevaux et des hommes.

Repousser la limite d’âge : Pourquoi ? Parce que tout les ans une poignée de trotteurs montrent qu’ils pourraient renouveler leurs exploits à 11 ans ou plus ? Et alors ? Une règle et le programme d’encouragement qui en découle ne se fonde pas sur et pour des cas particuliers, mais pour profiter au plus grand nombre avec équilibre et sens commun. Celle qui est en vigueur actuellement a fait ses preuves et permet d’assurer un renouvellement du parc des chevaux à courir, les propriétaires renouvellent leur investissements, les éleveurs continuent à faire naître pour produire peut être un champion classique et le cercle vertueux des courses continue de tourner. Et puis, pour une dizaine de chevaux par génération qui en profiteraient réellement et grassement, combien d’autres dizaines resteraient à l’entraînement pour grappiller des cacahuètes, bercer d’illusions ou nourrir d’expédients des entraîneurs en difficulté qui chercheraient moins à dénicher la jeune perle rare, cette quête du Graal qui est en fait philosophiquement la base absolue du système actuel. Ces chevaux ont trouvé aujourd’hui, grâce aux liens tissés en Europe par les instances du Cheval Francais, des pays d’accueil où ils continuent d’exercer leurs talents (Suisse et Espagne entre autres) si leurs propriétaires ont décidé de les vendre plutôt que leur accorder le droit à la retraite. C’est très bien ainsi et je n’aimerais pas qu’un jour figure au programme d’une réunion à Vincennes : Pour 7 ans et +, les chevaux âgés de 10 à 11 ans ayant gagné au moins tant, ceux de 12 à 13 ans tant… Quelle tristesse!

 

Voilà… Toutes ces considérations ne sont que miennes et je n’ai pas la prétention d’avoir raison. C’est juste mon avis et c’est bien là l’intérêt d’un blog. Alors si vous êtes d’accord ou pas : envoyez du bois et répondez moi !

Tous nouveaux, tous beaux

Depuis quelques mois, Equidia tente de se mettre au 360°. Il ne s’agit pas de stages d’orientation mais plutôt de couvrir tous les medias d’information de notre temps. Des troubadours médiévaux à Pinterest en passant par Güthenberg et les postes à galène, les moyens d’informer et de s’informer ont beaucoup évolué. Ces temps-ci, ça bouillonne de nouveaux médias et il n’est pas simple de se tenir au courant. Surtout quand on doit trouver le Multi de la 7e à Saint-Galmier…

Mais enfin, nous essayons. Vous l’avez sans doute noté que sur equidia.fr, sur nos pages Facebook, sur Twitter et, figurez-vous, sur Scoop.it. J’ai découvert ça l’autre jour en réunion. Ça m’a réveillé, à vrai dire. Notre maître d’équipage en la matière, Julien Abadie, le bourreau des cœurs (mais c’est trop tard les filles : une d’entre vous a été plus rapide que les autres), a bidouillé trois pages Equidia sur ce site d’agglomération d’articles. C’est un digest de publications liées au cheval dans ses différentes formes et je vous recommande chaudement de vous abonner à ce truc :

Parallèlement, me direz-vous, les journalistes d’Equidia y sont-ils abonnés ? Eh bien figurez-vous que je vais le leur demander parce que ce type de sites permet justement de s’informer sans douleur et de façon continue, ce qui doit devenir le quotidien d’un journaliste, surtout s’il est spécialisé dans une science aussi fine et exclusive que la nôtre.

Je suis comme la plupart d’entre vous : je découvre. C’est enthousiasmant, ça, la découverte. Ça change un peu. Nous prenons donc gentiment conscience de la nécessité d’offrir à nos « utilisateurs », qu’ils soient téléspectateurs, internautes ou fans, les moyens de s’informer en tout lieu, à tout moment et de différentes façons (images, son, texte).

A propos de changement, le multiplexe quotidien commence à trouver son rythme de croisière et vos retours nous aident à affiner notre émission, encore imparfaite.

Nos prochains chantiers sont nombreux. La rédaction tentera de couvrir les principaux événements de la saison hippique 2012 de façon privilégiée. Le Grand Steeple, le Jockey-Club, l’Arc et le Prix d’Amérique, pour ne citer que les têtes de liste, bénéficieront d’une couverture spécifique de l’info. Ils seront aussi vécus de l’intérieur par un ou une journaliste qui vous fera partager, en temps réel, les images et les actualités les plus craquantes du jour sur les réseaux sociaux.

C’est un tout petit coup de compas sur la carte qui continue à se dessiner sous nos yeux aujourd’hui. On ne couvre pas encore 360°. Si j’en crois les sondages, vous non plus, d’ailleurs.

Alors, nous essayons ; en nous remémorant tout de même la fameuse parole de Yoda à son jeune padawan : « Essayer tu ne dois pas ! Fais-le, ou ne le fais pas ! »

Crédits photo : DR

Glauque Cup…

La mouise, la scoumoune, la guigne… bref, la malchance. 2 jours de suite, je me suis dit que certaines courses sont vraiment comme maudites. D’abord samedi soir au bureau pendant que je traitais les courses de Meydan. Hormis mon fou rire devant les images de vestiaire parfois indécentes et quelques « full frontal », j’ai eu aussi mal pour cette Gold Cup qui se voulait la mise en valeur des stayers, ces chevaux qui aiment les épreuves au long cours. Mais Fox Hunt n’en a vu que 200m cette fois. Le Godolphin se brise un antérieur et chute. La course est neutralisée. Après le vote des entraîneurs et un examen vétérinaire de tous les concurrents, la Gold Cup est recourue en fin de réunion… et là, Grand Vent et Bronze Canon se fracturent tous deux. Malédiction. Les trois chevaux seront euthanasiés. Je sais que pour les néophytes, il semble toujours horrible de mettre fin aux jours des chevaux blessés mais qui a vu une fois dans sa vie un cheval « sauvé » bloqué dans son box pendant des mois et souffrir de problèmes de digestion, de fourbure et autres horribles conséquences peuvent affirmer que l’euthanasie est parfois une meilleure issue.

Ce dimanche, à Lyon, un jockey a chuté à Lyon Parilly. Direction l’hôpital pour Michel Ange Mermel touché au dos. La course a également été neutralisée et recourue, les chevaux n’ayant sauté que 3 obstacles. Quand l’épreuve a été relancée plus tard… trois jockeys sont tombés, heureusement avec de moins graves conséquences.

Dans la loi des séries, il y a hélas la série noire. Alors en attendant que la roue tourne, bon courage aux jockeys blessés et aux entourages des chevaux qui ont laissé leur vie sur le champ de course.