Je me suis souvent demandé ce qu’était un Crack. Et depuis peu, je me demande ce que je répondrai à mon jeune fils (vu l’assiduité avec laquelle il encourage les dadas devant la télé ou sur le champ, cela devrait arriver assez vite…) s’il me posait la question.
- Dis, c’est quoi un Crack ?
- et bien c’est évident voyons, enfin… un Crack c’est un champion !
- ok mais pour quoi ne pas dire champion alors ?
- ben… parce que un Crack, il a quelque chose en plus !
- quoi ?
- et bien… il n’est pas comme les autres….
- pourquoi ?
- parce que….
et la on cale…ou alors on balance un truc, très sûr de soi, mais à la même question un autre répondra autre chose, tout aussi sûr de lui…
C’est comme ça… un crack ça ne se définit pas, ou alors de façon très subjective…
C’est marrant mais pour ceux qui connaissent un peu le langage yiddish, il existe un mot auquel on a tout autant de mal à coller une définition nette : un Mensch. En fait c’est un mec droit, honnête, courageux, possédant toute les qualités humaines mais avec un truc en plus, indéfinissable mais tellement évident… le questionnaire ci-dessus aurait pu coller parfaitement au Mensch !
Bref, tout ça pour dire qu’on n’ a pas besoin d’expliquer ce qu’est un crack et pourquoi un champion en est un : ça coule de source…
Enfin…. quand même, et là, je me fais un auto contre-pied, samedi (j’étais au plateau à Vincennes) je me suis tout d’un coup dit que j’avais trouvé ma réponse…
Pendant le triomphe de Ready Cash dans le Bourbonnais j’ai senti quelque chose en plus que d’habitude…
Ca venait confirmer ce qu’on avait vu dans le Bretagne, en plus fort encore, plus évident : toute la course (en fait à partir des 1000m, quand les choses sérieuses commencent) sa victoire était inéluctable. Non pas parce que je le sentais au dessus du lot (il l’est depuis longtemps), non pas parce qu’il avait le bon parcours…
Non, en fait c’était juste parce que je n’avais pas peur, plus peur. Plus peur qu’il se mette à brancher, plus peur que la mécanique déraille, plus peur qu’il se relâche, qu’il se trompe…plus peur de rien !
Il n’avait même plus eu ce besoin si particulier d’être accompagné par un de ses comparses vers le départ. Il flottait sur sa course comme un parfum de zenitude…
Et là je me suis dit : ouais mon pote tu es en train de voir celui qui est peut être LE crack de toute ta carrière de journaliste !
Et ça c’était parce que j’avais l’impression qu’il ne pouvait rien lui arriver. J’étais dans un état de béatitude tranquille, avec ce sentiment d’être un veinard convié aux premiers rangs d’un spectacle grandiose dont il connaît la fin, et qui peut donc se concentrer sur la performance plus que sur la dramaturgie.
Je ne sais pas du tout si c’est comme cela que l’entourage du cheval a vécu la course. Peut être pas, puisque eux ont évidemment quelque chose à gagner ou à perdre dans l’histoire.
Mais pour moi c’était cela : ce sentiment que rien ne pouvait lui arriver, que c’était écrit à mi-course. C’était la première fois que je ressentais cela à l’occasion d’une course de Ready Cash.
Donc là c’était bon, je pouvais me le dire, le dire, me lâcher sans plus me poser de questions : c’est un Crack, un immense Crack !
D’autres le sentaient depuis longtemps, sûrement à raison d’ailleurs, mais moi j’ai attendu samedi.
Parce que j’ai ressenti ce petit truc en plus, très personnel.
Alors, fiston, si plus tard tu me poses la question…
- Dis, c’est quoi un crack ?
- et bien c’est évident voyons, enfin… un crack c’est un champion !
- ok mais pour quoi ne pas dire champion alors ?
- ben… parce que un crack il a quelque chose en plus !
- quoi ?
- et bien… il n’est pas comme les autres….
- pourquoi ?
- parce que….. même pas peur !
Tchao les amis et bonne semaine !




