UN CHTI PEU DECU

Salut les amis. Vous le savez peut être, et si vous ne le savez pas je vous le dis, j’ai une certaine affection, disons un tropisme naturel, pour le Nord de notre beau pays et ses gens en particulier. C’est ainsi que Samedi, sans avoir bien sur ouvertement fait part de ma préférence, j’espérais voir, 32 ans après la victoire de Kapulco et Jean Lesne, un « chti champion » se couvrir de cette gloire classique tant convoitée… Las, il n’en a rien été…

Uraki des Sarts

Un an après qu’un batave installé en pays de cocagne (Timoko-Westerink) soit venu troubler le jeu à 3 « normando-mayenno-grosboisien », il ne me semblait pas irréaliste de penser que le Critérium des 4 ans pouvait de nouveau échapper à l’un de ces trois pôles archi dominateurs du trotting francais.

Uriel Speed, étoile montante entraînée dans l’Oise par des hommes du Nord, restait sur un succès impressionnant dans le prix Phaeton. Le fils d’Indy de Vive donnait raison à son mentor, le discret, souvent, ombrageux, parfois, mais si humain, tout le temps, Guy Verva. Qui n’avait eu cesse depuis ses débuts de nous alerter sur l’exceptionnel potentiel de son poulain.

Uraki des Sarts, qui a déjà fait l’objet d’un post sur ce blog à travers l’évocation de son éleveur Fernand Floribert Dubois, se présentait avec des ambitions au moins égales à celles qu’il avait cinq mois plus tôt dans le Critérium des 3 ans, prêt à fondre sur de présomptueux rivaux et à placer sa pointe dévastatrice. Jean Marc Chaineux responsable du poulain aux confins de l’Avesnois et du Hainaut, était sûr qu’avec un parcours adéquat son cheval ne pouvait pas rester à quai à l’arrivée du train classique…

Bref le « Nord » attaquait ce Critérium avec de solides arguments pour prétendre barrer la route du succès à un Unique Quick, certes leader incontesté et incontestable, mais qui venait de se montrer fautif dans le Gaston Brunet et à Un Mec d’Heripre, nouveau venu aux dents longues, trotteur impressionnant d’envergure, mais qui avait eu, huit jours plus tôt, un vrai combat dont il était sorti grandi mais peut être marqué…

La suite vous la connaissez…

La providence ne s’est pas occupé du cas d‘Uriel Speed, sauvé par un faux départ dans le Phaeton alors qu’il était parti sur un temps de galop. Le coquin a remis ça, fâché sur son lasso qui n’a fait qu’attraper les espoirs, mais les autres étaient disciplinés cette fois et il est quasiment « resté au poteau ». Saluons le pari sur l’avenir de son pilote Pierre Yves Verva qui n’a plus rien tenté, surtout pas l’impossible, respectant ainsi les vœux des propriétaires qui voyaient plus loin avant même le départ.

Et Uraki… Comme quoi quand ça ne veut pas rigoler… Ce poulain qui ne sait que trotter ou presque… qui était parti comme dans un rêve (couvert sur une quatrième ligne dans le dos magnifique de dame courage, j’ai nommé Une Fille d’Amour)… qui allait profiter à plein d’une lutte intense entre les deux favoris Unique Quick et Un Mec d’Heripre… qui … qui… qui… se montre fautif dans le bas de la descente, lui qui n’avait plus été disqualifié depuis un an, 10 courses et 9 sorties à Vincennes… La faute (peut être ?) à un rythme légèrement décroissant obligeant son pilote à le reprendre ou alors à un léger changement dans sa ferrure… qui sait ? Mais seul le résultat compte et comme l’a justement souligné son entraîneur au micro de PE en direct « quand on sent que ça aurait pu se passer comme dans un rêve et qu’on a ce résultat… on prend une balle ! »

Et voilà comment les espoirs de toute une région sont anéantis en quelques secondes… ils ont du y croire les chtis dans les cafés de préfectures, dans les points courses de chef-lieu ou tout simplement chez eux entre amis autour d’une bonne tablée faite de Maroilles de bière du nord et d’un bon coup de genièvre ! Mais un chti peu déçu ne veut pas dire abattu: Alors, se sont-ils dit « À nous guifes ! cessons de braire ! i a rin qui passe sans qui rapasse et inlève t’in capio dvant Unique Quick! »*

* : A la nôtre, arrêtons de pleurer, l’occasion se représentera et saluons le champion Unique Quick!

Retour et réflexions

Salut les amis !

Votre serviteur avait un peu disparu de la circulation megapolistique de blog city !

C’est qu’en fait je n’étais tout simplement pas d’humeur à en rajouter…

La lassitude de fin d’hiver dissipée, me voilà donc de retour et je vous livre de manière lapidaire quelques réflexions qui entretiendront et poursuivront des débats ouverts ces derniers temps…

Le déferrage : Je ne sais pas très bien d’où vient cette manie de vouloir changer quand tout va bien. Ne pas confondre innover et chambouler, anticiper et se précipiter. Bref… je ne vois pas pourquoi on changerait le système actuel qui, comme tout les bons systèmes, fut long à accoucher et qui marche plutôt pas mal jusqu’à preuve du contraire. Ne mettons pas sur le dos de la protection des animaux un débat qui me semble plus politique qu’autre chose… A ce que je sache les courses disposent au sein de leurs instances des services compétents (vétérinaires entre autres) pour contrôler et donc empêcher des dérives par trop radicales. Quant à la défense de l’intégrité physique de nos animaux préférés je ne dirais qu’une chose : je suis allé au cirque il y a peu avec mes gosses et je n’ai pas vraiment eu l’impression que lions, tigres et autres hippopotames étaient sauvagement libres ou au sommet de leur forme… Il faut faire le nécessaire pour punir ceux qui vont trop loin plutôt que revenir en arrière et pénaliser ceux qui profitent royalement des règlements en les respectant autant que leurs chevaux… Quant à la question du jeu, les turfistes avertis ont depuis belle lurette compris que le règlement actuel était le meilleur.

Selon moi, la vraie question qui mérite d’être posée à ce sujet est la suivante : le déferrage de plus en plus fréquent aura-t-il, oui ou non, à moyen et long terme, une influence néfaste sur la qualité de notre parc d’étalons ? Et donc par conséquent existe-t-il un risque de dégradation de la qualité du stud book trotteur français ? Je n’ai pas la réponse mais je ne vous cache pas que j’aimerais bientôt prendre le temps d’étudier cela de très près même si le recul n’est sûrement pas suffisant pour avoir des réponses fiables. A suivre…

Les faux départs : Là ca ne va pas alors il faut changer ! Évidement on ne peut pas déclarer un cheval non partant après qu’il ait pris un départ validé si vous voyez ce que je veux dire !

Mais pourquoi pénaliser les turfistes quand il suffirait de faire faux départ si un cheval fautif lors de la première tentative ne respecte pas son obligation de partir en retrait ? La solution : au deuxième faux départ, le fautif (qui l’a donc été deux fois pour deux raisons différentes) est non partant, le pilote pénalisé comme il l’est aujourd’hui et les turfistes remboursés ou abondés de leur cheval de remplacement. C’est tellement simple qu’il y a sûrement une coquille mais bon… peut être pas après tout !

Les rendements de distances : Ils existent et sont un des points cardinaux de nos programmes qui ont depuis des dizaines d’années permis de construire une pyramide au sommet de laquelle figurent les meilleurs trotteurs d’âge du monde. Là encore pourquoi vouloir changer ce qui marche ?

Ils permettent à des trotteurs moins riches ou moins forts d’affronter, un jour J, des adversaires présumés supérieurs avec un rééquilibrage des chances visant justement à en donner une à tout le monde ! Si un pro décide de courir à 25 mètres c’est qu’il pense que son cheval est capable de faire fi de ce handicap ou alors qu’il trouve là une occasion de ne pas demander l’impossible à son pensionnaire et de courir tout en préservant l’avenir. Quant à savoir s’il a le choix : il existe suffisamment d’options dans le programme des courses françaises au trot pour que la réponse coule de source. La palme reviendra toujours à ceux (et ils sont de plus en plus nombreux) qui savent justement analyser un programme à moyen et long terme pour en cerner les principaux objectifs à atteindre, rendement de distance ou pas.

Les départs autostart : Il y en a peut-être trop en province, souvent sur des tracés pas forcement adaptés où il est très difficile de lancer une course dans des conditions optimales. La belle américaine doit être un plus pour les courses, l’élevage et le spectacle, pas une obligation. Et condamner d’avance des chevaux ayant tiré un numéro trop en dehors de façon trop fréquente ne me semble pas être la solution la plus juste. Au moins les départs voltés mettent-ils en avant l’habileté des chevaux et des hommes.

Repousser la limite d’âge : Pourquoi ? Parce que tout les ans une poignée de trotteurs montrent qu’ils pourraient renouveler leurs exploits à 11 ans ou plus ? Et alors ? Une règle et le programme d’encouragement qui en découle ne se fonde pas sur et pour des cas particuliers, mais pour profiter au plus grand nombre avec équilibre et sens commun. Celle qui est en vigueur actuellement a fait ses preuves et permet d’assurer un renouvellement du parc des chevaux à courir, les propriétaires renouvellent leur investissements, les éleveurs continuent à faire naître pour produire peut être un champion classique et le cercle vertueux des courses continue de tourner. Et puis, pour une dizaine de chevaux par génération qui en profiteraient réellement et grassement, combien d’autres dizaines resteraient à l’entraînement pour grappiller des cacahuètes, bercer d’illusions ou nourrir d’expédients des entraîneurs en difficulté qui chercheraient moins à dénicher la jeune perle rare, cette quête du Graal qui est en fait philosophiquement la base absolue du système actuel. Ces chevaux ont trouvé aujourd’hui, grâce aux liens tissés en Europe par les instances du Cheval Francais, des pays d’accueil où ils continuent d’exercer leurs talents (Suisse et Espagne entre autres) si leurs propriétaires ont décidé de les vendre plutôt que leur accorder le droit à la retraite. C’est très bien ainsi et je n’aimerais pas qu’un jour figure au programme d’une réunion à Vincennes : Pour 7 ans et +, les chevaux âgés de 10 à 11 ans ayant gagné au moins tant, ceux de 12 à 13 ans tant… Quelle tristesse!

 

Voilà… Toutes ces considérations ne sont que miennes et je n’ai pas la prétention d’avoir raison. C’est juste mon avis et c’est bien là l’intérêt d’un blog. Alors si vous êtes d’accord ou pas : envoyez du bois et répondez moi !

Ready Cash : ça gagne les As!

Salut les amis! Et oui les As ont tenu ! Oui Monsieur ! Oh que c’était bon, que c’était grand! D’autant plus que, pour ne rien vous cacher, votre serviteur a eu des sueurs froides !  Mais bon, tout est ok, le meilleur a gagné, le crack Ready Cash est devenu légende. Chapeau bas, vraiment, à tous ceux qui ont œuvré pour cette victoire !

Victoire de Ready Cash dans le Prix d'Amérique

Parce qu’il y a des victoires qui comptent encore plus que d’autres et qui vous vous font changer de dimension. Parce que celle-ci a été obtenue, c’est paradoxal, dans un final aisé ponctuant un parcours que l’on a un moment imaginé malheureux. En fait tout résidait dans la réponse à cette question : va-t-il pouvoir sortir ? Oui il est sorti et des lors de suspens il n’y avait plus. Car sur 200-300 m Ready Cash est le trotteur le plus exceptionnel qui soit. En fait ce Prix d’Amérique, c’était un peu comme un bon vieil Hitchcock sauf que ce farceur  d’Alfred ne donnait la réponse qu’à la toute fin, juste avant le générique. Là on l’a eu plus tôt et du coup on a profité !

Bravo à Franck Nivard d’avoir eu le sang froid ultime, bravo à Matthieu Abrivard qui, au sulky d’une Private Love sur ses fins, a fait ce qu’il fallait, et ce qu’il avait le droit de faire, pour ne pas prendre le risque de priver la France turfiste de ce beau moment.

J’entends déjà les sceptiques avancer un argument par ailleurs tout à fait recevable : si la victoire de Ready Cash ne tient qu’à la sportivité de Mathieu Abrivard alors…

Réponse anticipée : d’abord il n’est pas dit qu’il n’aurait pas malgré tout dicté sa loi. Ensuite, oui c’est vrai Ready Cash n’est pas le cheval à aller devant tel un rouleau compresseur et, des lors, s’expose à des aléas. Non ce n’est pas Bellino II ni Jag de Bellouet. Mais un crack, voyez vous, ce n’est pas forcement un bulldozer qui aurait une sixième vitesse. C’est aussi une Mazeratti qui en aurait une septième, celle de la grâce, de l’éblouissement,  pour peu qu’on la preserve un peu!

Je crois que tout le monde était heureux dimanche à Vincennes et pas seulement l’entourage du champion. Parce que s’il y a des défaites qui laissent un goût amer, il y en a d’autres qui vous donnent le sentiment du devoir grandement accompli.

La Griff (Roxane de son prénom) a confirmé superbement une année 2011 exceptionnelle. The Best Madrik effectue une entrée fracassante dans le gotha du trot mondial.

Et que dire de Timoko ? Je  suis encore estomaqué de ce qu’a réussi cet authentique phénomène quelques semaines seulement après avoir été atteint d’une maladie (Lyme) dont un grand nombre ne se remet jamais vraiment. Westerink a fait prendre un départ de rêve à son cheval et a drivé une course crâneuse mais intelligente en tête (c’est pour cela que le record n’a pas été battu, comme quoi les chronos finalement…). Celui la nous donne rendez vous l’an prochain, on en salive déjà.

La seule déception (toute relative) nous vient de Maharajah. Mais comme je vous le disais dans mon post précèdent rien ne prouvait qu’il était meilleur que l’an passé. Et l’édition 2012 était encore plus dense que celle de 2011. Donc…il est sûrement à sa place et n’a pas à rougir de ce classement (4eme) obtenu à l’issue d’un parcours pas des plus favorables.

On a aimé Royal Dream et Main Wise As mais ils se sont manifestés trop tard sans être des plus heureux. Les aléas des courses d’attente…

Enfin, pour être franc j’aurais aimé que le public et les telespectateurs soient au parfum de l’autorisation qui avait été donnée au préalable de faire revenir un court instant Ready Cash dans les ecuries après le defilé. Nombreux (presque tous) sont ceux qui ont vraiment cru à un problème. C’est juste une erreur de com mais  pour un favori à egalité de Prix d’Amerique c’est dommage.

Bon ben voila, c’était bien, c’était beau et rendez vous l’an prochain.

En espérant que Ready Cash soit toujours au sommet (faisons confiance à l’orfèvre Duvaldestin) et que ses adversaires, Timoko le premier, aient encore progressé.

En tout cas moi pour 2013 je ne change pas de main : je garde les As ! je garde Ready Cash !

PS : en épreuve d’ouverture, le Prix Jacques Andrieu, un stratosphérique Roi du Lupin a confirmé qu’il aurait été à la bagarre dans le Cornulier ! Mais c’est un autre débat sur lequel on reviendra plus tard !

Ready Cash : je garde les As!

C’est la dernière ligne droite. On y est presque. En tout cas, à moins d’un rebondissement de dernière minute qu’on ne souhaite pas, tout est dit…

Ready Cash - Blog Equidia

Le Tenor de Baune et surtout le Belgique sont passés et il paraît que les cartes ont été rebattues, le jeu mélangé et qu’on repart pour un nouveau tour de mise!  Ok, peut être, mais moi, je vous le dis tout de suite : JE GARDE LA MÊME MAIN! JE GARDE LES AS!
Parce que que finalement, que s’est il passé dimanche ?

Royal Dream a couru caché comme dans le Prix de Lille et a fini (très) vite comme il sait le faire.
Maharajah n’a rien fait du parcours et abonde dans le sens de ce que Stefan Hultman dit depuis dix huit mois : il est bien davantage un cheval de Vincennes que de Solvalla.
Roxane Griff a cette fois eu le parcours de Ready Cash dans le Bretagne et l’a battu mais en recevant 25m de ce dernier.
Severino a réalisé une perf de premier ordre, ferré, mais n’a fait que confirmer ce que l’on avait vu dans le Bourbonnais : il peut faire l’arrivée le 29 Janvier.
Main wise As a joué la carte de la discrétion et on n’en sait pas plus sur ses chances de battre le crack.

Et donc????
Donc Ready Cash, qui était l’éminentissime, imbattable, indémontable favori deviendrait d’un coup vulnérable? D’avoir échoué dans sa tentative de gagner les « 4 B » le rendrait d’un coup fragile? Mouais….

N’oublions pas que c’est lui qui a fait le travail, attaquant devant les tribunes pour prendre la tête, et qu’il n’a été battu pour finir que par deux planqués (superbes, certes, mais planqués) auxquels il rendait 25 mètres sans être dans son costume de gala au contraire de ses deux tombeurs du jour.

Non, en fait ce qui s’est passé dimanche n’est sûrement qu’une péripétie vouée à redonner un peu de piquant à une épreuve dont le seul suspense résidait dans la réponse à cette question : de combien va t’il gagner?
Et comme l’a malicieusement signalé Franck Nivard au micro de notre voltigeur : « c’est bien, ça va calmer tout le monde! ».
Parce que franchement que sait on des 4B de façon certaine?
Que le crack du tandem Duvaldestin/Allaire est encore meilleur que l’an passé! Plus solide, plus sur de sa force! (voir mon post précédent).

On sait de la dernière d’entre elle que Royal Dream a trouvé une place méritée, quoique finalement assez chanceuse, au départ et que Maharajah sera là. D’ailleurs, au sujet de ce dernier rien ne prouve qu’il est plus fort que l’an passé. Sa fin de course suffit juste à prouver qu’il n’est pas aussi en retard que ses perfs suédoises le laissaient croire et qu’il sera peut être l’adversaire numéro un le jour J!
Alors …

Pour ceux qui connaissent le poker, c’est comme le gars qui a écrasé tout un tournoi de sa vista et se retrouve en table finale. Il a trois fois plus de jetons que les autres. Il a brelan d’as au flop. Et un autre gars a un tirage quinte par le ventre. Doit il avoir peur?  Bon, ok, c’est jamais fait d’avance, les as peuvent être « crackés », le crack prendre un bad beat (coup du sort)! Mais moi, 10 fois, 100 fois, 1000 fois : je garde les As!

Et le 29 janvier, 10 fois, 100 fois, 1000 fois je garde Ready Cash!
(Parce) Que le meilleur gagne!

C’est un Crack!

Je me suis souvent demandé ce qu’était un Crack. Et depuis peu, je me demande ce que je répondrai à mon jeune fils (vu l’assiduité avec laquelle il encourage les dadas devant la télé ou sur le champ, cela devrait arriver assez vite…) s’il me posait la question.

- Dis, c’est quoi un Crack ?

- et bien c’est évident voyons, enfin… un Crack c’est un champion !

- ok mais pour quoi ne pas dire champion alors ?

- ben… parce que un Crack, il a quelque chose en plus !

- quoi ?

- et bien… il n’est pas comme les autres….

- pourquoi ?

- parce que….

et la on cale…ou alors on balance un truc, très sûr de soi, mais à la même question un autre répondra autre chose, tout aussi sûr de lui…

C’est comme ça… un crack ça ne se définit pas, ou alors de façon très subjective…

C’est marrant mais pour ceux qui connaissent un peu le langage yiddish, il existe un mot auquel on a tout autant de mal à coller une définition nette : un Mensch. En fait c’est un mec droit, honnête, courageux, possédant toute les qualités humaines mais avec un truc en plus, indéfinissable mais tellement évident… le questionnaire ci-dessus aurait pu coller parfaitement au Mensch !

Bref, tout ça pour dire qu’on n’ a pas besoin d’expliquer ce qu’est un crack et pourquoi un champion en est un : ça coule de source…

Enfin…. quand même, et là, je me fais un auto contre-pied, samedi (j’étais au plateau à Vincennes) je me suis tout d’un coup dit que j’avais trouvé ma réponse…

Pendant le triomphe de Ready Cash dans le Bourbonnais j’ai senti quelque chose en plus que d’habitude…

Ca venait confirmer ce qu’on avait vu dans le Bretagne, en plus fort encore, plus évident : toute la course (en fait à partir des 1000m, quand les choses sérieuses commencent) sa victoire était inéluctable. Non pas parce que je le sentais au dessus du lot (il l’est depuis longtemps), non pas parce qu’il avait le bon parcours…

Non, en fait c’était juste parce que je n’avais pas peur, plus peur. Plus peur qu’il se mette à brancher, plus peur que la mécanique déraille, plus peur qu’il se relâche, qu’il se trompe…plus peur de rien !

Il n’avait même plus eu ce besoin si particulier d’être accompagné par un de ses comparses vers le départ. Il flottait sur sa course comme un parfum de zenitude…

Et là je me suis dit : ouais mon pote tu es en train de voir celui qui est peut être LE crack de toute ta carrière de journaliste !

Et ça c’était parce que j’avais l’impression qu’il ne pouvait rien lui arriver. J’étais dans un état de béatitude tranquille, avec ce sentiment d’être un veinard convié aux premiers rangs d’un spectacle grandiose dont il connaît la fin, et qui peut donc se concentrer sur la performance plus que sur la dramaturgie.

Je ne sais pas du tout si c’est comme cela que l’entourage du cheval a vécu la course. Peut être pas, puisque eux ont évidemment quelque chose à gagner ou à perdre dans l’histoire.

Mais pour moi c’était cela : ce sentiment que rien ne pouvait lui arriver, que c’était écrit à mi-course. C’était la première fois que je ressentais cela à l’occasion d’une course de Ready Cash.

Donc là c’était bon, je pouvais me le dire, le dire, me lâcher sans plus me poser de questions : c’est un Crack, un immense Crack !

D’autres le sentaient depuis longtemps, sûrement à raison d’ailleurs, mais moi j’ai attendu samedi.

Parce que j’ai ressenti ce petit truc en plus, très personnel.

Alors, fiston, si plus tard tu me poses la question…

- Dis,  c’est quoi un crack ?

- et bien c’est évident voyons, enfin… un crack c’est un champion !

- ok mais pour quoi ne pas dire champion alors ?

- ben… parce que un crack il a quelque chose en plus !

- quoi ?

- et bien… il n’est pas comme les autres….

- pourquoi ?

- parce que….. même pas peur !

 

Tchao les amis et bonne semaine !