De quoi j’me mêle ?

A la une de Paris Turf cette semaine, notre confrère Jacques Darmony posait cette question cruciale à ses yeux : à quoi peut bien servir Equidia Life?

Rappellons qu’Equidia Life a été créée il y a un an et qu’elle répond à l’attente des nombreux passionné(e)s de sports équestres, de loisir, et du cheval en général. Je ne m’étendrai pas sur le sujet, mon rédac chef Emmanuel Roussel ayant développé l’intérêt que représente cette chaîne vis à vis de cette population, sur son blog perso. Je rajouterai à ce sujet simplement qu’Equidia Life, ça fait aussi vivre des intermittents du spectacle, des sociétés de production, des personnels administratifs etc… et qu’en ces temps difficiles ce n’est déjà pas rien.

Je prendrai juste le parti d’essayer de comprendre pourquoi ce confrère pose une telle question dans un quotidien honorable. Je pense que lui, comme d’autres, estime qu’Equidia est un service public, comme peut l’être par exemple France Télévisions, et que, dès lors, il est en droit de demander des comptes. Erreur cher ami ! Bien qu’Equidia soit financée indirectement par les paris, il est utile de rappeller que lesdits paris ne sont pas un impôt, que personne n’oblige personne à jouer sur les courses, à faire sa déclaration de jeux chaque année à la machine fiscale. Le jeu sur les courses est à la fois une passion et un divertissement (l’addiction est une maladie). A-t-on jamais vu un représentant de l’Etat, tout droit sorti d’un dîner de cons, contraindre tout passant, aux revenus supérieurs à X Euros,  à venir déposer son obole à l’intérieur d’un troquet pour soutenir la filière hippique ?

Equidia est privée, ses actionnaires sont les sociétés de courses et le PMU. Eux seuls prennent les décisions, établissent les stratégies à court, moyen, et long terme. Ils ont une mission de service pour soutenir une activité commerciale, les parieurs sont des clients et non des contribuables. Ils ont des comptes à rendre au CSA en ce qui concerne leur activité audiovisuelle, à leurs différents conseils d’administration pour les questions budgétaires et basta… Parce qu’à travers tes propos, Jacques Darmony, transpire l’idée suivante : l’argent des parieurs est spolié pour faire mumuse. Jacques, je te répondrai simplement : mêle toi de ce qui te regarde et non pas de ceux qui nous regardent. Tu crois être légitime en nous pointant du doigt. Que tes (rares) articles, dans lesquels on sent bien une sorte « d’aigritude », te serve à décharger ton fiel sur ce que tu as toujours considéré comme une télé de m…. passe encore, mais au moins fais en sorte d’argumenter et de te documenter avant de prendre ton stylo. Et peut-être serais tu beaucoup plus productif si tu faisais en sorte de relever le niveau de ton propre journal qui traverse une (longue) crise que je ne me permettrai pas de commenter. Et puis, nous aussi pourquoi pas, pourrions-nous nous poser cette question : à quoi sert Jacques Darmony et combien est-il payé ? Ce qui ne serait pas très confraternel, avoue le. Bien à toi !

 

En fer et Dame Nation

La nouvelle mesure du Cheval Français, imposant aux jeunes chevaux de courir avec des fers à partir de Janvier 2013, suscite, y compris au sein de la rédaction d’Equidia de vifs débats. C’est fou ce qu’en France, on aime s’écharper à la moindre décision prise. Bousculer nos habitudes ce n’est pas vraiment notre truc, c’est probablement de l’ordre psychanalytique. Mais laissons l’analyse de nos franchouillards cerveaux aux freudiens et lacaniens. Moi, ça m’amuse plutôt ces discussions aux allures de comptoir et puis, après tout, la France, tu l’aimes ou tu l’acquittes….

J’aimerais surtout, à travers cet espace de liberté, répondre à l’argument, que certains considèrent comme irréfutable : les chevaux ne naissant pas avec des fers, courir pieds nus serait donc respecter l’ordre naturel des choses !

A ceux là je répondrai par plusieurs contre arguments :

1/ Si, incontestablement, les chevaux naissent bien sans fers, ils naissent aussi sans sulky, sans oeillères, sans artifices de toutes sortes, sans obligation de trotter à une vitesse folle toutes les deux semaines… D’ailleurs, il est incontestable aussi de noter que, le trot à la base, n’est même pas une allure naturelle. Et puisque l’on parle de nature, le cheval comme chacun le sait est un animal grégaire, pourvu de vitesse pour échapper aux prédateurs… au grand galop et sur des surfaces plutôt du genre prairie que sur du sable ou de la pouzzolane à la résonance occasionnant des dégâts physiologiques.

2/ Les mêmes fervents du régime sans fer nous bassinent avec des histoires d’athlètes qui courent sans pompe. Déjà, il n’ y en a pas tant que ça, citons la sud africaine Zola Budd dans les années 80, et plus loin dans le temps, dans les années 60, l’Ethiopien Abebe Biikila, qui avait remporté dans un chrono record le marathon olympique de Rome, record qu’il a amélioré quatre ans plus tard avec une bonne paire de tennis à Tokyo. Les légendes circulant autour des coureurs de fond éthiopiens et kenyans fendant le vent sur les hauts plateaux nu pieds sont archi fausses. Et d’une, ils sont désormais sponsorisés, pour les meilleurs d’entre eux, par des grandes marques, et de deux, si tel était vraiment le cas, ils connaîtraient de sérieux problèmes musculaires et de tendons (tiens tiens !). Donc, la comparaison s’arrête là, point barre.

3/ Le cheval étant un ongulé, là aussi chacun le sait, cela veut dire qu’il court sur ses… ongles, et non sur la plante des pieds. Demandez donc à une danseuse classique de faire des pointes sans chaussures adéquates. Je n’ose imaginer les ongles de pieds de la légendaire Marina Semenova si elle avait été contrainte d’abandonner sa paire de chaussons… Les ongles ça s’use, ce n’est pas comme une plante (de pieds) qui peut se renforcer par de la corne (pas de boeufs !!!). C’est donc là aussi qu’ils se plantent…de pieds !!!

4/Enfin, pour conclure, mais j’aurais pu poursuivre encore l’argumentaire, je dis bravo au Cheval Français d’avoir anticipé sur les réactions négatives des associations de défense d’animaux.  En effet, un jour serait venu où l’un des membres desdites associations se serait trouvé dans les écuries devant une mignonne petite pouliche aux pieds ensanglantés de retour de course. Muni de son smartphone, il aurait publié dans la minute sur internet une photo choquante provoquant les foudres des Brigitte Bardot de tous poils (les barbues du touche pas à mon dada !). Et du coup, la grave atteinte portée à l’image des courses aurait conduit les instances dirigeantes aux mêmes décisions. Bravo d’avoir anticipé. Je tiens à dire que, moi même me suis trouvé face à un brave compétiteur aux pieds très amochés et ça fait quand même mal au coeur.

L’enfer cède la place à l’en-fer pour nos jeunes trotteux, ils iront un peu moins vite et c’est tant mieux pour leurs petits organismes encore fragiles. Quant à Dame Nation, notre chère douce France, elle sera toujours peuplée de révoltés, de passionnés, et on se prendra toujours la g….. autour du comptoir, mais à la fin, et c’est heureux, c’est le vin rouge qui gagne et que je vous conseille bien évidemment de siroter avec la plus grande modération.

Bises à tous, et n’hésitez pas à m’envoyer vos commentaires pour et contre et, un jour peut-être, nous aussi aurons l’occasion d’en débattre de visu, avec pourquoi pas un bon verre de Corton Charlemagne (puisque je suis bourguignon…) !!!

 

Jean-Pierre Gauvin : l’Aimé Jacquet du galop ?

Ils ont le même accent, celui du Forez, des hivers rudes, des landes déplumées qui tapissent les montagnes alentours. Ils ont le coeur sec en apparence, comme celui des paysans d’autrefois que la vie pastorale rendait solitaires, mais lorsqu’on fend leur armure on se rend compte qu’ils sont aussi tendres que la fameuse Fourme d’Ambert, produite dans ces contrées sauvages.

Pourquoi se lancer dans un tel parallèle ? Parce que Aimé Jacquet fut longtemps le mal « aimé » des journalistes français, notamment ceux de l’Equipe, qui ne voyaient en lui qu’un piètre entraîneur, incapable de diriger une équipe de football, avec un « background » insuffisant. Tout juste attribuaient-ils les bons résultats des bleus aux talents de Zidane et compagnie, mais jamais à la stratégie, et à la tactique élaborées. Et quand la France a atomisé les brésiliens un soir de juillet 98, les journalistes ont eu beau jeu de demander pardon à genoux, le mal était fait, « Mémé » ne voulait pas passer en aussi peu de temps de souffre douleur à icône de la Nation.

Et avec Saônois, entraîné par Jean-Pierre Gauvin, c’est un peu la même impression, un sentiment de déjà vu qui me gagne. Mes consoeurs et confrères auraient-ils oublié si vite à quel point on peut se tromper dans un jugement, se laisser emporter par des certitudes, au risque de blesser à tout jamais un individu. Certes, Saônois n’est pas né avec une petite cuillère en or dans la bouche, il a été acheté une bouchée de…pain par un boulanger de Bellegarde-en-Forez qui n’a rien de l’apparence d’un prince dont les narines ruissellent de pétrole. L’entourage n’est pas habitué des podiums les jours de grand classique. Et alors? Faudrait-il que ces courses là soient réservées à un microcosme, à un cercle que personne ne pourrait jamais traverser au risque de choquer cette aristocratie ? Saônois n’a rien d’un mondain, il bataille en jean face à des adversaires en smoking, n’en est-il pas moins méritant?

Lorsqu’il a gagné le Prix du Jockey Club, chacun y est allé de son couplet : « c’est un petit Jockey Club », « la génération des 3 ans est médiocre cette année », « il a eu de la chance, la course n’a pas été régulière », « depuis que le JC a changé de distance, ce n’est plus un crack qui gagne la course », j’en passe et des pires. Et bien merde quoi ! Saônois s’était bagarré comme un diable et il avait produit une accélération hors du commun dans les 200 derniers mètres…

Quand il s’est présenté dans le Prix Niel, il était encore snobé. Il l’a gagné à sa manière, en se frayant son passage, toujours avec ce coup de reins hors du commun. Et il y en a encore pour faire la fine bouche : pas beaucoup de partants, encore de la chance, pas assez sélectif et blabla.

Et s’il gagnait l’Arc? Petit Arc, manquaient Frankel, Camelot. Encore de la chance et reblabla.

Et remerde alors !!! Saônois est un super cheval, point barre. Et rien n’empêche personne de dire : je me suis trompé, pardon Mr Gauvin. S’il gagne l’Arc Jean-Pierre le Forézien pourra quand même vous faire un bras d’honneur……. Le petit boulanger aura quant à lui peut-être cédé aux pets des sirènes : du petrogaz tout droit venu du Qatar. Et il pourra prendre sa retraite en se foutant éperdument de tout ce qui a pu être dit et écrit sur son « petit » cheval.

Perso  »Mémé » Gauvin, je vous dis bravo et m….. pour le grand jour.

 

 

Breeders Crown : j’y étais !

Quelle chance d’avoir pu vivre de l’intérieur cet événement incroyable : la rencontre entre le champion d’Europe Rapide Lebel, le recordhorse d’Europe Commander Crowe, et le champion d’Amérique San Pail. Si ça ce n’était pas un championnat du monde, je veux bien me faire moine tout de suite (pour la coupe de cheveux c’est déjà fait !)

Arrivée à Toronto le mercredi soir, petite nuit de récupération et le lendemain matin, Alex (mon caméraman) et moi partons en direction de Dunsford au mileu de nulle part en territoire Amish pour aller à la rencontre de San Pail et de son entraîneur. Première surprise, la traversée de Toronto est une galère immense, le trafic est énorme et nous craignons d’arriver en retard (le rendez vous était fixé à 10h30. Finalement comme on avait prévu large on arrive pile poil à l’heure. Mais… grosse désillusion, le cheval rentre de la piste et il est encore fumant dans son box. Après coup, je pense que Rodney Hughes l’entraîneur nous avait tourné un peu autour comme on dit, parce que le cheval bien que castré est hyper caractériel. Bon, pas grave, nous faisons des images de la « bête » et discutons avec Rodney, sa femme Emily et son père, Jerry. Ces gens-là sont super sympas et ils vivent une drôle d’histoire avec leur crack. En fait, ils l’ont récupéré à 2 ans. Il est né à 10 kilomètres de là, et l’éleveur, un certain monsieur Van Kamp, ne trouvait pas preneur tant le poulain était compliqué et physiquement pas très plaisant. Il le propose alors à Rodney qui n’entraîne chez lui que deux chevaux de petite qualité. Rodney lui dit banco: « Je ne prends pas de pension mais vous me donnez 75% du cheval ! » L’affaire est faite. Au début, ce n’est pas facile mais Rodney prend son temps. Le cheval est castré et petit à petit, il commence à se déclencher. La suite, on la connaît : c’est désormais le meilleur cheval d’âge nord américain. Il compte 3 Maple Leaf, 1 Nat Ray, la Breeders Crown et bien d’autres victoires. San Pail bat régulièrement les américains à plate couture. La famille Hughes a pu, grâce au cheval, acheter la ferme et vit confortablement dans cette campagne un peu austère (-40° l’hiver dernier !).

Le soir-même, direction Mohawk où sont attendus les chevaux français (jeudi soir donc). Mohawk, c’est l’autre hippodrome de Toronto, à environ 40km de Woodbine. L’avion atterrit à 19h30, nous dit-on. Le temps de remplir les paperasses, on se dit qu’à 20h30 on devrait voir débarquer nos champions. On attend dans le froid, et on attend longtemps…. Car en fait, les lads ont des soucis pour récupérer leurs bagages. Si bien qu’on ne voit les phares du camion qu’à minuit et demi. Après plus de 25 heures de voyage, Rapide Lebel semble avoir bien encaissé, il a l’habitude de ces longs déplacements, mais Commander Crowe a l’air bien fatigué. Quelques petites réactions et on file à l’hôtel envoyer les images à Equidia.

Lendemain matin, retour à Mohawk dans ce qui sert d’espèce de quarantaine. Rapide Lebel est toujours aussi cool, son lad William Tillet aussi, et on peut constater qu’il récupère plutôt bien. En revanche, Commander Crowe semble toujours aussi abattu. Un seul paddock (enfin paddock, un pauvre endroit de 20m2 un peu boueux…) à se partager pour deux. Il a fallu batailler pour en avoir un deuxième juste à côté. On ne peut pas dire que les Canadiens se souciaient plus que ça du confort des Français.

Lendemain samedi, redirection Mohawk. Nous avons la bonne surprise de voir Commander Crowe attelé, faire une promenade dans le centre d’entraînement avec Fabrice Souloy. Le cheval a l’air d’être un peu plus réveillé.

On part se restaurer à côté avec William Tillet (de la bonne bouffe grasse à l’américaine), l’embarquement pour Woodbine étant prévu à 15h00. Effectivement, à l’heure dite on voit arriver le van en chrome rutilant entouré d’une sécurité incroyable et on embarque tout ce beau monde. On part en convoi pour Woodbine. Sensation étrange, j’ai l’impression d’être dans un film américain, c’est comme si on accompagnait un camion rempli de 50 millions de dollars de lingots d’or.

La suite vous la connaissez, les petits malheurs de Rapide Lebel au départ (un peu sorti par San Pail), la ligne droite fantastique, nos deux français qui s’arrachent comme jamais mais San Pail résiste jusqu’au poteau. On y était et on vous montrera tout ça dans un magazine spécial que je vais monter dès demain, le titre : San Pail Vs Rapide Lebel, le match du siècle. Première diffusion dimanche 12 à 20h00. Au passage, merci à tous les entourages de nous avoir laissé travailler au plus près de l’événement, c’était un plaisir énorme et des courses comme celle là, j’espère en vivre encore beaucoup parce que ça, c’est vraiment du sport !

Voici quelques photos en sus :

Sébastien Guarato et Randy Waples, le driver de San Pail : respect, sport, fair play

 

 

 

 

 

 

 

Eric Raffin et Rodney Hughes

 

 

 

La « famille » Lebel après la course : de grands sourires quand même

 

 

 

 

Rapide Lebel Vs San Pail : le match du siècle

Salut à tous les fans d’Equidia, la chaîne du cheval de tous les continents.

Eh oui, les petits amis, à peine revenu d’Italie où j’ai eu la chance de filmer quatre grands élevages de trotteurs (et de revoir Varenne !), me voilà sur le départ pour le Canada pour réaliser un long reportage sur la Breeders Crown, ce match du siècle entre les deux champions Rapide Lebel et San Pail qui dominent chacun sur leur continent. Evidemment Commander Crowe ne part pas battu d’avance mais il ne voyage pas très bien m’a t-on dit. Tirage au sort des places derrière la voiture (la bagnole en canadien ?) vers 18h00 ce mardi, arrivée des chevaux vers 22h00 jeudi à Mohawk. Perso, je pars avec mon cameraman Alex demain en début d’après midi et je suis en train d’organiser un reportage chez l’entraîneur de San Pail, si bien que je suis un peu à la bourre… En tout cas, matez bien les journaux d’Equidia car j’essaierai d’envoyer des images de cette affaire passionnante, tellement passionnante que j’en frémis à l’avance de vivre ça en direct aux côtés des français. Allez les bleus quand même !!!

A part ça merci pour les bons retours que j’ai reçus sur le 26 minutes consacré à Cirrus des Aigles.

Et puis, « Domino » Bœuf était un super invité d’Equidia Turf Club ce lundi, il va nous manquer sur les programmes l’animal.

A que tchao, je me grouille de régler tout avant le grand départ, à bientôt.