Les courses de chevaux sont-elles du sport ? Je ne vais pas replonger dans l’éternel et souvent stérile débat de la définition d’un « sport ». Mais la soirée vécue samedi soir sur Equidia Live avec Goldikova en vedette à l’occasion de la Breeders Cup, l’une des compétitions les plus importantes et attendues de l’année, me conforte dans l’idée que les courses appartiennent elles aussi à la famille sportive au même titre que les traditionnelles sports équestres comme le saut d’obstacles, le complet, le dressage, la voltige, l’endurance, etc. Et les arguments sont multiples.
De la tactique, de l’effort physique (évidemment pour le cheval mais aussi pour le jockey car tenir en appui sur les cuisse sur un cheval qui avance à plus de 60km/h, c’est du costaud), des règles comme dans tous les sports, mais surtout de la passion, de la ferveur, des joies, des peines, une incroyable tension au moment du départ, du partage d’intenses émotions. Bref… du SPORT.
Samedi, Goldikova, jument de 6 ans, propriété de Alain et Gérard Wertheimer, entraînée par Freddy Head (grand jockey par le passé notamment avec Miesque, vainqueur de la Breeders Cup en 87 et 88), disputait dans le Kentucky, a priori la dernière course de sa carrière. Avec son palmarès et près de 5 millions d’euros de gains, Goldikova, c’est la star. Avec son merchandising (comme les plus grands footeux), une popularité hors du commun chez tous les amoureux des courses et même son fan club qui la suit partout.
Avant cette Breeders Cup Mile qu’elle avait déjà remportée à trois reprises, elle comptait déjà 14 victoires en Groupe 1 (mais jamais l’Arc de Triomphe, la plus grande course au monde de plat, ni le Prix de Diane). A deux unités du record détenu par le pur-sang américain John Henry (1975-2007), qui remporta 16 courses de Groupe 1 au cours de sa carrière, dans les années 70.
Tout au long de la soirée, j’ai eu l’impression de vivre une soirée de boxe comme Canal + nous les offrait autrefois. Des combats « annexes » (sans vouloir manquer de respect bien évidemment pour les chevaux engagés dans ces courses) pour faire monter la tension avant le combat vedette (en tout cas pour nous les Français) et l’entrée en scène de la star Goldikova. Montée comme toujours par le crack jockey Olivier Peslier (plus de 100 victoires en groupe 1), « Goldi » n’a pu s’imposer devant plus de 75000 spectateurs. Je me suis pourtant retrouvé sur mon canapé en train de pousser derrière Goldikova, comme j’ai pu le faire pour un Christophe Lemaître sur un 100m en athlé, une Laure Manaudou en natation, avec les mêmes frissons que pour un Nadal-Djokovic en finale de l’US Open ou bien évidemment au moment d’un parcours décisif en saut d’obstacles de Kevin Staut ou Michel Robert ou au départ d’un cross de Nicolas Touzaint… Avec cette fois la relative déception d’une troisième place pour « Goldi ». Relative car tout ça n’est que du sport. Mais du vrai sport !
Pascal


