Il n’y a pas que le haut niveau dans la vie. Comme pour de nombreux pratiquants, le week-end dernier c’était concours. Un de ces nombreux concours amateurs qui animent la passion des équitants tout au long de l’année. Pour nous, c’était dressage. Mais quelle que soit la discipline, une journée de concours n’est jamais une journée tout à fait comme les autres. Récit.
5h15 et le réveil sonne. Euh, il doit y avoir une erreur là parce qu’on est dimanche et que le dimanche, c’est grasse mat, non ? Bon ok, ça c’était avant. Avant que la vie ne m’offre une belle surprise et me propulse du côté des Ecuries de Sers, à Pau. Ce dimanche matin, comme pour de nombreux passionnés d’équitation à travers toute la France, c’est donc jour de concours. Je vais essayer d’être à la hauteur dans ma nouvelle mission de groom débutant ! Ouh là, la pression… Au programme du jour, dressage à Biarritz, à 2 petites heures de route… en camion.
Comme beaucoup de licenciés, la semaine précédente, on a passé pas mal de temps sur ffecompet pour dénicher les horaires de passage, l’ordre des épreuves et accessoirement analyser la liste des engagés. « Ah tiens, elle, c’est la fille de machin, elle a un super cheval… » « Tiens, lui, il a engagé en Amateur 2 Grand Prix » « De toute façon, c’est elle qui va gagner… » Etc. etc.
Comme beaucoup de licenciés, la semaine précédente, on a répété les reprises, travaillé le reculé, l’appuyé à gauche ou le trot allongé. On s’est parfois énervé face au manque de coopération de son cheval. D’autre fois, on s’est réjoui quand le même cheval nous offrait enfin la figure ou l’engagement qu’on lui demandait… en espérant qu’il s’en souvienne au moment du concours.
Comme beaucoup de licenciés, le samedi, on a bien tout préparé en essayant de ne rien oublier : les seaux, le filet, la selle, la tenue bien rangée dans sa housse, les papiers du cheval. On a bien ciré ses bottes, brossé son cheval et enfin « pionté » la crinière. On a posé le foin dans le camion. Tout est prêt… en tout cas on espère.
Dernière angoisse au moment du départ : la jument va-t-elle embarquer facilement dans le camion ? Le camion, ce n’est pas son truc… Mauvais souvenir d’une précédente sortie. En moins de dix minutes, le problème est réglé. Le moteur tourne, la caméra intérieure de surveillance est branchée, c’est parti direction Biarritz.
Un peu moins de deux heures plus tard, nous voilà sur le parking du centre équestre. Reste à trouver une petite place au milieu des énormes camions des gros clubs ou des petits vans une ou deux places des plus « modestes ». Pour nous, ce sera à côté du camion du Centre équestre des Trois Vallées, la structure de Gilles Pons. Eh oui, sur ces concours, on y croise aussi parfois de grands cavaliers. Gille Pons, c’est l’un des grands noms du concours complet, membre de longues années de l’équipe de France. Installé dans le sud-ouest, il est venu dans ce concours travailler quelques chevaux sur le rectangle de dressage en vue des prochaines échéances de concours complet. Bonne humeur, sourire permanent, la classe !
Le site du Centre Hippique de Biarritz est des plus agréables. En octobre, quelques grands noms de la discipline viennent chaque année y disputer le CDI 3* de Biarritz, concours international. Avec en plus le soleil et la douceur du Pays Basque, la journée se présente bien.
Sur la terrasse baignée d’un délicieux soleil, on révise. « C’est quoi déjà après le trot allongé ? » « L’arrêt, il est en X ou en I ? », « C’est piste à main gauche ou à main droite ? ». On se croirait par moments à l’oral du bac ! Il faut dire que c’est compliqué de s’y retrouver dans toutes les épreuves. 42 épreuves différentes en seulement trois jours de concours, dont sept avec un seul engagé ! Euh, n’y aurait-il pas moyen de faire un peu plus simple ? Comment voulez-vous que le grand public y comprenne quelque chose ?
Sur le paddock, on répète une dernière fois, on essaye de se rassurer, de ressentir son cheval. Sur le bord de la carrière, les coaches donnent les dernières consignes : « remonte tes mains », « laisse-le passer » « mets plus de jambes »… Les épreuves se succèdent. Dans leur petite cabane, les juges distillent leurs notes et, comme toujours, la lecture des protocoles suscite forcément quelques commentaires.
Il est temps de faire la route dans le sens inverse. On ramasse le crottin sur le parking histoire de laisser l’endroit dans l’état dans lequel on l’a trouvé, la porte du camion se referme, retour à Pau, retour à la maison.
Certes les résultats et les performances ne sont évidemment pas comparables aux grandes stars de la discipline. Mais la passion, elle, est la même. Pour les 159 engagés du concours biarrot et pour tous les licenciés inscrits chaque week-end à un concours, le plaisir n’est pas forcément dans le résultat. Il est dans le temps passé avec son cheval et avec les amis du club. Telle est la vraie récompense de toutes les heures passées au centre. Tous ces matins à se lever aux aurores pour aller nourrir les poneys et les chevaux avant de faire les boxes, toutes ces heures passées sur la carrière, parfois dans le froid ou sous la pluie pour répéter encore et encore, toutes ces heures à être à l’écoute de son cheval, à dialoguer avec lui, à guetter le moindre de ses bobos et à s’inquiéter à la moindre toux, toutes ces heures à refaire le monde autour d’un piaffé ou d’une pirouette. Toutes ces heures à respirer cheval… à vivre cheval.
Pascal


Quinzième… sur seize l’été dernier aux Championnats d’Europe à Rotterdam, relégués au-delà de la 100e place dans le classement individuel, la France du dressage semblait avoir sombré. La 6e place par équipes des Jeux olympiques 2008 glanée par Marc Boblet avec Whitni Star, Julia Chevanne avec Calimucho et Hubert Perring avec Diabolo St-Maurice semblait loin. Très très loin.

