Equita’Lyon, the place to be

De retour d’Equita’Lyon. Dressage, CSO, équitation western etc., bienvenue à Lyon pour une immersion au cœur des sports équestres. Plus de 100 000 visiteurs en cinq jours, un salon de 105 000m² et une ambiance à nulle autre pareille.

A Lyon, il y a d’abord le sport. Du grand sport même avec une Coupe du monde de dressage et une Coupe du monde de saut d’obstacles. Deux compétitions du plus haut niveau et qui ravissent non seulement les 6 000 spectateurs de l’arène lyonnaise présents chaque soir mais aussi les cavaliers qui répètent chaque année combien ils apprécient ce rendez-vous. Vendredi soir, l’Allemande Ulla Salzgeber, victorieuse du dressage, reprit ainsi le micro après la conférence de presse pour remercier les organisateurs d’offrir aux participants une des plus belles épreuves au monde. Et pour une fois, cela sentait bon la sincérité contrairement à certains cavaliers, très démago, qui répètent ça dans tous les concours où ils passent. Pour 2014, Sylvie Robert, à la tête de cet événement, a même décroché les finales des Coupes du monde de dressage et de saut d’obstacles. Juste récompense pour l’investissement des équipes de GL Events.

Et puis il y a aussi tous les à-côtés avec le spectacle (cette année le Cadre Noir de Saumur accompagné par l’orchestre de Lyon), le salon et ses 500 exposants où ça grouille de partout (gare à la surchauffe de la carte bleue), les sandwiches raclette incontournables… (hélas). Equita’Lyon, c’est aussi un point de rencontre. Un endroit où on se donne rendez-vous année après année. J’en connais beaucoup qui ne manqueraient pour rien au monde ce week-end lyonnais. Et tant pis pour les kilomètres à parcourir. Pour résumer : à Equita’Lyon, on est heureux !

Ce périple lyonnais, avec également la finale du Championnat de France para-équestre, fut aussi l’occasion de découvrir d’autres disciplines et en particulier l’équitation western qui bénéficiait d’un large espace avec des carrières qui rendraient envieux pas mal de concours étoilés de cso. Parce que les chevaux c’est un peu comme les voitures. Vu de loin, on pourrait penser que tous les chevaux se ressemblent. Que nenni… (comme disent les chevaux… (ok, je sors)…). Il y a par exemple autant de différences entre des chevaux de dressage, de saut d’obstacles ou de reining qu’entre une voiture de rallye, de F1 ou de stoke car. Equita nous a ainsi proposé cette année la Coupe du monde de cutting, du working-cow, la Coupe d’Europe et Coupe de France de barrel ou encore une grosse compétition de reining. Du western, mais aussi de l’équitation de travail et plein d’autres disciplines. Pour avoir quelques précisions, je vous recommande les articles de Sophie Lebeuf parus sur le blog de la rédac des Sports équestres d’Equidia. Un grand merci à elle.

La présence à Equita de ces différentes activités permet donc d’avoir un tableau très complet de toutes les « familles » des sports équestres. Des familles qui ne se côtoient guère… hélas. Peu de « cow-boys » du côté du saut et inversement. Cela m’a un peu rappelé le Roc d’Azur en VTT, avec d’un côté les adeptes du VTT « traditionnel » de cross-country et de l’autre les p’tits jeunes casse-cou qui font des galipettes sur les tas de sable avec leur VTT ou leur BMX, boostés par une sono poussée à fond, des animateurs survoltés, le tout sur fond de pom-pom girls court vêtues (pléonasme). Cette année, 1 000 veaux étaient présents pour le pôle western. Un chiffre impressionnant comme peuvent l’être les 4 200 tonnes de sable, les 82 tonnes de paille etc. A Equita’Lyon, la démesure reste à dimension humaine. Une sacrée performance. Merci à tous pour ces quelques jours que nous avons essayé de vous faire vivre du mieux possible sur l’antenne d’Equidia Life avec de multiples directs. Et vivement l’année prochaine…

Pascal

J’en profite pour remercier Camille Judet-Chéret, consultante en dressage, Olivier Guillon consultant sur l’Equita Masters, Thierry Pomel, consultant sur le Grand prix de CSO, Sophie Elinguel et Guy Duponchel aux côtés de Kamel pour le barel et le reining et Bernard Bosch qui a éclairé Sophie pour le cutting. Les vidéos du dressage et du CSO sont déjà disponibles sur Equidiawatch. Celles du western le seront la semaine prochaine.

Equita’Lyon et le working-cow

Sophie poursuit son exploration d’Equita’Lyon. Elle vous présente aujourd’hui le working-cow. Equidia Life avait prévu de vous offrir une retransmission de l’épreuve. Hélas, les « cow-boys » ont décidé d’avancer l’épreuve d’une heure au dernier moment sans prévenir personne. Résultat : pas de caméra. Dommage pour la discipline…

Après une matinée un peu mouvementée par un changement imprévu dans notre programme (le coup d’envoi de l’épreuve de working-cow ayant été avancé d’une heure, à la dernière minute), je me retrouve avec un expert de la discipline, visiblement déçu de ne pas prêter sa voix et son expertise pour commenter l’épreuve… Le blog de la rédaction d’Equidia semble désormais la tribune parfaite pour partager la passion communicative de Dominique Reynaud, notre consultant. Et l’on comprend sa motivation. C’est la première fois qu’Equita’Lyon accueille des épreuves de working-cow, un subtil mélange de reining et de cutting, directement venu de Californie …

Comprendre : des épreuves courues en deux temps, mêlant dressage et tri du bétail. Concrètement, le cavalier doit dans un premier temps dérouler une reprise de reining (dressage). Entre autres changements de pieds, voltes au galop et transitions, on y retrouve les « spins » (pirouettes très rapides) et le « sliding stop » (arrêt avec glissade des postérieurs), deux grands classiques de l’équitation western. Ensuite, le couple doit manœuvrer un veau lâché sur la piste. C’est le « cattle work ». Le cavalier doit alors forcer le veau à faire certaines figures (demi-tours ou « roll-back », cercles aux deux mains). Vous en conviendrez, le cheval ne doit pas avoir peur de se frotter au bétail. Il doit donc disposer d’un certain « cow sense » pour parler cow-boy (littéralement, « sens de la vache »). L’organisation d’un tel événement est importante dans le milieu du western. La discipline, déjà adoptée par l’Allemagne, l’Italie et la Suisse, commence tout juste à se développer en France.

Les cavaliers de reining, de cutting ou de barrel peuvent-ils donc s’essayer au working-cow ? Pas si facilement que cela. Car un bon cheval de barrel, n’aura pas forcément un bon sens du bétail… « Pour chaque discipline, le dressage des jeunes chevaux est différent. Par exemple, si un cheval de reining est présenté au Championnat des 3 ans, il sera monté en mors à levier à une seule main. Or pour les Championnats des 3 ans de working-cow, les chevaux sont montés avec un mors simple ou un « basal » (hackamore) avec deux rênes », explique Dominique Reynaud. En fonction des lignées de la race Quarter Horse, les chevaux seront donc plus ou moins favorisés pour telle ou telle discipline. Mais alors, comment choisir un bon cheval de working-cow ? « Entre plusieurs chevaux, je conseille d’opter pour le meilleur en reining car c’est le seul paramètre que le cavalier peut maîtriser. Une fois que le veau entre en piste, tout peut basculer. J’ai vu de très bons cavaliers ne pas être classés à cause d’une mauvaise bête. Par contre, si cette dernière est trop dangereuse, le jury peut stopper le cours de l’épreuve et demander à remplacer le veau »… Un cheval bien dressé, une fluidité dans le geste et une entente cordiale entre chevaux et veaux… Merci Dominique, en théorie, le working-cow n’a plus de secret pour nous.

SOPHIE LEBEUF

Equita et l’équitation de travail

Jour 2 pour Sophie à Equita’Lyon. Elle vous fait aujourd’hui découvrir l’équitation de travail dont le championnat du monde se déroule tout le week-end.

C’est parti ! Pour ce dernier vendredi d’octobre, j’ai décidé de vous emmener à la découverte d’une nouveauté à Equita’Lyon : le Championnat du monde d’Equitation de Travail. Quoi ? L’équitation ne serait pas du travail ? Cavalier, pas un métier ??? On se calme, rien de tel n’a été dit ! L’Equitation de Travail est une discipline à part entière, qui puise ses racines dans le travail du bétail, originaire de la ceinture méditerranéenne du sud de l’Europe : Portugal, Espagne, Italie et sud de la France.

Techniquement, les rênes ne sont tenues que dans une seule main (à haut niveau), les chevaux sont jugés, entre autres, par rapport au tri du bétail, les cavaliers portent de grands chapeaux… Tiens, tiens, cette discipline n’est pas sans rappeler l’équitation western… Comparaison qui ne plaît pas vraiment au spécialiste rencontré pour l’occasion, Christophe Derré, responsable WAWE (Worl Association of Working Equitation)/AFL France, expliquant qu’effectivement, le travail à une seule main peut rappeler l’équitation issue des grandes plaines de l’Ouest américain, mais que la comparaison s’arrête là. « Nous avons une base de dressage très classique. D’ailleurs ce sont des juges de dressages classiques, mis au fait de nos spécialités, qui jugent l’épreuve de dressage. C’est un peu comme le complet. L’idée est vraiment d’utiliser le dressage pour pouvoir, non sauter des obstacles, mais trier correctement le bétail. Par exemple, dans l’épreuve de maniabilité, quand le cavalier doit s’arrêter pour ouvrir une barrière, le cheval doit être au carré. Pas question qu’il s’arrête n’importe comment. Il doit être dans une attitude particulière. » On l’aura compris à la fin de cet échange : le dressage classique est la base de cette Equitation de Travail. Forcément, pour mener le bétail et sauter des obstacles naturels (rivières, trou…), mieux vaut avoir un cheval aux ordres…

Et qu’ils sont distingués ces cavaliers avec leurs pantalons sombres, leurs vestes très courtes sur une chemise blanche et un gilet assorti, leurs chapeaux à bords droits… Toujours élégants, qu’il s’agisse de dérouler une reprise de dressage ou de trier du bétail. Au fond de leurs selles à trousquins relevés, ils ne font plus qu’un avec leurs montures. « Il faut des chevaux courts, pas trop grands, moins d’1m65 dans l’idéal, qui ont une capacité de rassembler importante pour pouvoir tourner court », explique notre spécialiste. Mais ils doivent également être courageux pour faire face aux bétails sans s’émouvoir. Ainsi, les Camarguais ou les chevaux ibériques répondent particulièrement bien à ces critères. Mais qu’on ne s’y trompe pas, l’Equitation de Travail est réellement bien un sport et non un art équestre.

Pour cette troisième édition de leur Coupe du Monde, huit nations (pour vingt-cinq participants) sont venues tenter de remporter le titre suprême : l’Allemagne, l’Angleterre, l’Autriche, le Brésil, l’Italie, le Portugal, la Suède et la France. Un événement sur quatre jours (de jeudi à dimanche) particulièrement important pour la WAWE, dont le but est précisément de « faire agréer cette équitation par la FEI »… Qui sait, dans quelques années, l’Equitation de Travail deviendra peut-être une nouvelle discipline olympique.

Sophie Lebeuf

Equita’Lyon : à chacun son bonheur

A l’occasion de sa première visite à Equita’Lyon, Sophie va nous offrir chaque jour un petit papier sur ses impressions, ses rencontres, ses sensations au cœur d’un des plus beaux concours au monde.

Les premiers pas à Equita’Lyon sont déroutants. L’œil est en alerte, incapable de fixer son attention sur une seule chose, tant il est irrémédiablement attiré de toutes parts. Dans les allées, on a le sentiment d’être une petite fourmi dans une grande ruche ou une abeille dans une fourmilière. Chacun semble avoir un rôle bien déterminé dans un monde bien structuré. A nous d’adopter le nôtre.

Le cavalier monte pour notre plus grand plaisir, l’exposant sourit pour nous inviter à entrer dans sa caverne d’Ali Baba, le vigile veille aux autorisations de chacun sur les accréditations, le journaliste observe, écoute, rencontre et rend compte des évènements… Ce premier jour pour nous à Equita’Lyon est donc un grand bain de promesses.

Déjà la pression commence à poindre en ce milieu de semaine, les passionnés près à se prendre au jeu, les sportifs décidés à donner le meilleur d’eux-mêmes… Et dans cette joyeuse effervescence, les ambiances varient au fil des stands et des halls. C’est qu’il y en a pour tous les goûts et toutes les sensibilités. Le gratin des pistes croise l’amateur le long des allées ; les jumpers succèdent aux dresseurs… Pour autant, chacun paraît s’ignorer et d’invisibles frontières semblent régir les allées et venues. Il suffit de franchir la limite entre le hall 6 (où se trouve la piste principale pour l’obstacle, le dressage et les spectacles) et le hall 9 ou 99 (réservés à l’équitation western) pour avoir l’impression de changer de concours. Ou carrément changer de monde. Ici, la culture équestre est réservée à une certaine élite, là, elle semble aussi pointue que populaire ; ici, elle n’est que pantalons blancs, vestes sombres et pions ordonnés, de l’autre, jeans, chapeaux et crinières au vent. D’un côté, les bars de cuisine traditionnelle offrent une vue directe sur le paddokk où s’échauffent les ténors mondiaux de l’équitation classique ; de l’autre, la cuisine prend des allures de tex-mex et les cow-boys, accoudés aux tables en bois, semblent tous droit sortis d’un film de Sergio Leone. Mais c’est cela Equita’Lyon, la mixité des genres et des styles. L’arène fait la part belle au sport, pourvu qu’il soit équestre…

Et derrière les grandes portes battantes dont l’accès est exclusivement réservé à la presse, les journalistes se retrouvent dans une salle singulière à l’ambiance feutrée. Avant le grand rush du week-end, ils s’y racontent les derniers potins des paddocks, organisent leurs emplois du temps, recherchent les consultants à interviewer, écrivent déjà quelques papiers… prêts à rendre compte des meilleurs moments et des grosses émotions à venir. C’est sûr, la cuvée 2011 d’Equita’Lyon risque d’enivrer les foules. En tout cas, elle nous séduit déjà !

Sophie Lebeuf