Londres, complétement passionnée

Bérengère, jeune Française étudiante en journalisme expatriée à Londres continue de nous faire gentiment découvrir l’ambiance qui règne dans la capitale britannique à l’occasion de la quinzaine olympique. Merci à elle.

Une première étape des Jeux olympiques d’équitation vient de s’achever avec le concours complet. Les Allemands en sont les grands gagnants, par équipe et en individuel, avec la victoire de Michael Jung. L’équipe de Grande-Bretagne remporte quant à elle la médaille d’argent et la Suède s’offre la médaille de bronze, tandis que les Français arrivent en huitième position.

Chez les Britanniques, cette discipline connait un certain succès. En témoignent les 50 000 spectateurs présents pour l’épreuve de cross sur la pelouse de Greenwich Park. La participation de Zara Phillips, petite fille de la reine Elizabeth II, championne du monde 2006 et désormais vice-championne olympique, ne fait que renforcer la popularité et la couverture médiatique de ce sport au Royaume-Uni. La famille royale est très attachée au concours complet, que l’on nomme d’ailleurs « eventing » en anglais. Et pour cause, la princesse Anne, mère Zara Phillips, a participé aux Jeux olympiques de Montréal en 1976. Tandis que son père, Mark Phillips, fut champion olympique par équipes, à Munich, en 1972 et remportait la médaille d’argent par équipes, à Séoul, en 1988.

Dans le coeur des Français, ce que l’on pourrait appeler le triathlon équestre ne semble pas avoir cette place de choix. Pourtant, d’après la Fédération française d’équitation, le nombre d’épreuves de complet en compétition a doublé en 10 ans. Cela représente 19 230 engagements au cours de l’année 2011. Et puis, ses origines sont françaises.

Complet d’hier …

Le concours complet était à l’origine le « concours du cheval d’armes ». Ainsi, la première compétition de cette discipline remonte en 1902, à Paris, alors qu’était organisé le « championnat de France du cheval d’armes ». Il s’agissait d’une combinaison d’épreuves de sélections pour les futurs chevaux de l’armée. Un parcours de 30 à 70 km, parsemé d’obstacles, permettait d’évaluer l’endurance et la résistance du cheval. Ils devaient également effectuer de strictes manoeuvres de parades. En Allemagne, il est encore appelé « le Military » ou « Horse Trials » chez les anglophones.

Le concours complet est apparu aux Jeux olympiques en 1912, à Stockholm. Il s’est démocratisé en Angleterre à partir des Jeux olympiques de 1948. En France, il a fallu attendre les années 80 pour le voir intégrer les clubs équestres.

Et d’aujourd’hui…

En 1971, le système des pénalités a été introduit. Ainsi, le couple et l’équipe ayant cumulé le moins de points de pénalités sur les trois épreuves remporte la compétition. En 2004 et 2005, la discipline a été remaniée pour donner lieu à une version plus courte. Des épreuves ont été supprimées, telle que l’endurance et la course d’obstacles (steeple chase). Malgré cela, le leitmotiv reste le même : mesurer l’ensemble des aptitudes des chevaux. D’après la Fédération équestre internationale, il s’agit de « montrer l’esprit du cavalier, son audace, et sa connaissance des allures de son cheval ; et de montrer, la maniabilité, le courage, la capacité de sauter, l’endurance et la vitesse du cheval bien entraîné. » C’est avant tout un sport qui demande une grande polyvalence de la part du cheval comme du cavalier, car le couple doit être performant en dressage, en cross et en saut d’obstacles.

Bérengère Capdequi

Greenwich Park se prépare

Les Jeux olympiques, c’est dans deux semaines. Un événement qu’Equidia Life vous présentera en intégralité et en direct. Récemment, Bérengère, étudiante en journalisme basée à Londres, m’a contacté pour me proposer de nous raconter ce qui se passait actuellement dans la capitale anglaise. Chiche ! Merci à elle donc de nous faire partager l’atmosphère des derniers jours avant l’entrée en piste des premiers chevaux, le 28 juillet, à l’occasion du dressage du concours complet.

RETOUR AU DOSSIER JO

Il trépigne. La barrière s’ouvre. Le couple entre en piste. La sonnette retentit. Les regards sont vifs. Les esprits sont attentifs. Après avoir été coupé, le souffle est maintenant rythmé. Le chronomètre se déclenche. Le premier obstacle est à quelques foulées. Ce mélange d’excitation et d’appréhension qui règne au début d’un parcours de saut d’obstacles est semblable à ce que l’on peut ressentir à Londres, à deux semaines des Jeux olympiques. Sur toutes les affiches, au sein de toutes les conversations, dans tous les journaux télévisés, l’effervescence des Jeux Olympiques anime les pensées londoniennes.

Mon épicier, lui, est bien embêté. Et pour cause, pendant la durée des Jeux, toutes les livraisons se feront entre deux heures et six heures du matin. Pour beaucoup, les transports sont source d’inquiétudes. « How will your travel be affected during the Games ? » (A quel point votre trajet sera perturbé pendant les Jeux ?) Peut-on lire dans le métro. La société de transport de Londres a mis en place un site spécialisé et une campagne d’affichage pour avertir les londoniens des perturbations attendues. A l’image de l’une de ces affiches, les travailleurs sont encouragés à travailler depuis leur domicile pendant la période des Jeux olympiques.

Excepté ces tracas logistiques, les habitants peuvent profiter d’une ville propre, tout juste nettoyée. 250 évènements réunissant 2500 bénévoles se sont tenus depuis 2011 pour assainir et embellir Londres. Au parc de Greenwich, sur la rive sud de la Tamise au Sud-Est de Londres, les dernières installations sont en cours pour recevoir les épreuves d’équitation et de Pentathlon moderne. Pour le Comité d’organisation de Londres des Jeux Olympiques et Paralympiques (LOCOG), l’aménagement du théâtre des Jeux sera terminé deux semaines avant l’ouverture, soit très prochainement. Les travaux ont débuté le 2 avril dernier.

Du 28 juillet au 9 août, le plus ancien parc royal de Londres qui abrite le «Royal Observatory» et le méridien de Greenwich, sera investi par 200 athlètes et leurs chevaux. Le site classé au Patrimoine de l’UNESCO pourra recevoir jusqu’à 50 000 spectateurs. Tout près de «Queen’s House» et du «National Maritime Museum», une arène pouvant accueillir 20 500 personnes a été installée autour de la piste principale. Le dressage, le saut d’obstacle et des épreuves du Pentathlon moderne s’y dérouleront. Pour l’épreuve de cross qui aura lieu le 30 juillet, un parcours d’environ 6 km est tracé à travers le parc.

Alors que du côté des Français la liste des engagements est maintenant connue, les Britanniques suivent quant à eux le trajet de la Flamme olympique au jour le jour. Plus que quelques foulées avant le grand saut. Maintenant, tout le monde retient son souffle.

Bérengère Capdequi