Exotiques et familières courses argentines

Certains chants d’oiseau semblent incongrus sur un hippodrome. En tout cas sur un hippodrome européen. À Royan peut-être, puisque le zoo de la Palmyre est voisin du champ de courses. En revanche, à Buenos-Aires ou à Montevideo, en Argentine ou en Uruguay donc, cela fait partie du paysage. Le contraste est d’autant plus saisissant que les tribunes, qui datent pour la plupart du début du XXe siècle, rappellent celles de Vincennes jadis, avant qu’on en fasse le monstre qui surplombe depuis trente ans le Plateau de Gravelle. Belles pierres, caryatides, frises rococo, escaliers en marbre et beaux parquets sont d’usage à Palermo et à Maronas, où chantent donc dans une langue inconnue des volatiles exotiques, perchés sur des arbres colorés du printemps austral.

L'entrée principale des tribunes de Palermo

Si l’on regarde plein est vers l’Afrique, c’est la ville du Cap que l’on vise. Nous sommes donc très loin de la France, et pourtant dans un décor presque familier.

Dans ces grandes villes d’Amérique latine, en effet, le prestige de notre vieux pays, de sa culture, a jadis beaucoup influencé les riches propriétaires argentins, invariablement francophiles. Un coup d’oeil sur les palmarès des années 20, en France, en témoigne : Edouard Martinez de Hoz et Simon Guthmann, par exemple, qui avaient quitté la pampa pour exploiter leurs pur-sang à Chantilly, Longchamp et même Auteuil, sont au sommet trois années de suite, de 1925 à 1927, et dans le trio de tête régulièrement jusqu’aux années terribles de la Deuxième Guerre Mondiale.

Un des plus importants haras d’Argentine, immense déploiement d’herbes hautes et de bâtiments historiques à moins de cent kilomètres de Buenos-Aires, s’appelle le Haras de la Pomme. Ses armes sont blanc et marron, comme la casaque de Simon Guthmann, portée par Biribi, qui remporta en 1926 un jeune championnat international, le Prix de l’Arc de Triomphe, sous les couleurs du fondateur du Haras de la Pomme français, et de sa version argentine, qui prospère aujourd’hui sous la houlette de Samuel Libermann et de son fils Guillermo.

Mais derrière ces immenses propriétés se cache une réalité plus triviale. Comme aux Etats-Unis, l’Argentine et l’Uruguay ont dû pour survivre s’en remettre aux bandits manchots. Fermé pendant cinq ans de 1997 à 2002, Maronas a pu rouvrir ses portes seulement grâce à un montage qui comprenait un casino dans Montevideo. Les sorts des deux sites sont liés, et les machines à sous payent pour les courses, qui sont toutefois commercialisées aux Etats-Unis, et bientôt chez nous en France (le 12 décembre).

Abandonné pendant 5 ans, l'hippodrome de Maronas, à Montevideo en Uruguay, a toutefois gardé toute son âme.

De l’autre côté du Rio de la Plata, sous les tribunes impeccables de Palermo, juste à côté du site du plus grand open de polo au monde (22 000 spectateurs peuvent y assister), se dissimule un immense espace de plusieurs milliers de machines à sous. La galerie des miracles court sur plusieurs centaines de mètres. Les deux sites se surplombent, mais le casino est entièrement escamoté. Là encore, ce renfort fait la fortune des courses qui se déroulent juste au-dessus, sur le sable du fleuve voisin, à l’air libre.

Si vous avez la chance un jour de passer par là, surtout n’hésitez pas : vous découvrirez un tout nouveau monde. Toutefois, si l’envie vous prend de boire un cocktail en savourant le spectacle, vous en serez pour vos frais : «Une loi qui date de 1927 interdit la vente d’alcool sur les hippodromes, avertit un familier des arcanes locales. Nous poussons pour modifier la législation mais ce sera difficile.»

Peu importe, au fond : le reste Buenos-Aires n’est pas avare de ses délices et pour en profiter, mieux vaut faire le papier avec la tête claire -et parier sur le jockey uruguayen Falero !

  1. Qu’est ce que l’on nous emmerde avec ses courses c’est déjà assez dur chez nous c’est trop différent on ferait mieux d’organiser des réunions PMU dans l’est de la France
    S’IL VOUS PLAÎT J’AIMERAIS QUE L’ON RÉPONDE À LA QUESTION DU BLOG L’HERBE DES VOISINS QUE J’AI POSÉ IL Y A UNE SEMAINE SI VOUS FAITES DES BLOGS ALLEZ Y LES JOURNALISTES MAIS NE LE FAITES PAS UNE FOIS PAR MOI DÉJÀ QUE DES TUYAUX POUR LES COURSES VOUS ZAPPEZ LES BONS VOUS AVEZ LE TEMPS !

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