Equita et l’équitation de travail

Jour 2 pour Sophie à Equita’Lyon. Elle vous fait aujourd’hui découvrir l’équitation de travail dont le championnat du monde se déroule tout le week-end.

C’est parti ! Pour ce dernier vendredi d’octobre, j’ai décidé de vous emmener à la découverte d’une nouveauté à Equita’Lyon : le Championnat du monde d’Equitation de Travail. Quoi ? L’équitation ne serait pas du travail ? Cavalier, pas un métier ??? On se calme, rien de tel n’a été dit ! L’Equitation de Travail est une discipline à part entière, qui puise ses racines dans le travail du bétail, originaire de la ceinture méditerranéenne du sud de l’Europe : Portugal, Espagne, Italie et sud de la France.

Techniquement, les rênes ne sont tenues que dans une seule main (à haut niveau), les chevaux sont jugés, entre autres, par rapport au tri du bétail, les cavaliers portent de grands chapeaux… Tiens, tiens, cette discipline n’est pas sans rappeler l’équitation western… Comparaison qui ne plaît pas vraiment au spécialiste rencontré pour l’occasion, Christophe Derré, responsable WAWE (Worl Association of Working Equitation)/AFL France, expliquant qu’effectivement, le travail à une seule main peut rappeler l’équitation issue des grandes plaines de l’Ouest américain, mais que la comparaison s’arrête là. « Nous avons une base de dressage très classique. D’ailleurs ce sont des juges de dressages classiques, mis au fait de nos spécialités, qui jugent l’épreuve de dressage. C’est un peu comme le complet. L’idée est vraiment d’utiliser le dressage pour pouvoir, non sauter des obstacles, mais trier correctement le bétail. Par exemple, dans l’épreuve de maniabilité, quand le cavalier doit s’arrêter pour ouvrir une barrière, le cheval doit être au carré. Pas question qu’il s’arrête n’importe comment. Il doit être dans une attitude particulière. » On l’aura compris à la fin de cet échange : le dressage classique est la base de cette Equitation de Travail. Forcément, pour mener le bétail et sauter des obstacles naturels (rivières, trou…), mieux vaut avoir un cheval aux ordres…

Et qu’ils sont distingués ces cavaliers avec leurs pantalons sombres, leurs vestes très courtes sur une chemise blanche et un gilet assorti, leurs chapeaux à bords droits… Toujours élégants, qu’il s’agisse de dérouler une reprise de dressage ou de trier du bétail. Au fond de leurs selles à trousquins relevés, ils ne font plus qu’un avec leurs montures. « Il faut des chevaux courts, pas trop grands, moins d’1m65 dans l’idéal, qui ont une capacité de rassembler importante pour pouvoir tourner court », explique notre spécialiste. Mais ils doivent également être courageux pour faire face aux bétails sans s’émouvoir. Ainsi, les Camarguais ou les chevaux ibériques répondent particulièrement bien à ces critères. Mais qu’on ne s’y trompe pas, l’Equitation de Travail est réellement bien un sport et non un art équestre.

Pour cette troisième édition de leur Coupe du Monde, huit nations (pour vingt-cinq participants) sont venues tenter de remporter le titre suprême : l’Allemagne, l’Angleterre, l’Autriche, le Brésil, l’Italie, le Portugal, la Suède et la France. Un événement sur quatre jours (de jeudi à dimanche) particulièrement important pour la WAWE, dont le but est précisément de « faire agréer cette équitation par la FEI »… Qui sait, dans quelques années, l’Equitation de Travail deviendra peut-être une nouvelle discipline olympique.

Sophie Lebeuf

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