« C’est nous les plus beaux »

« L’équitation, c’est pas du sport, c’est le cheval qui fait tout. » Ce constat largement répandu dans le grand public est un cliché souvent entendu dans les guéguerres entre passionnés des différentes disciplines sportives. Des passionnés toujours convaincus que leur sport ne mérite qu’une seule place dans le paysage médiatique : la première. Les sports équestres ne font bien sûr pas exception.

Tout d’abord merci de vos nombreuses réactions sur la news précédente. Le débat, quand il est constructif comme ce fut le cas dans la majorité de vos réponses, est toujours une formidable source d’enrichissement. Et ce blog se veut avant tout comme un espace d’expression et de dialogue.

Quand on est passionné comme nous le sommes, on a l’impression que son sport est le plus beau et qu’il intéresse tout le monde. Alors forcément quand il se fait discret dans les médias, ça énerve. Vos sentiments de frustration, d’incompréhension et parfois même de colère sont d’ailleurs les mêmes sur un site de badminton, de hockey sur gazon, de tennis de table, d’escalade ou de toutes ces disciplines peu médiatisées. Avec à chaque fois, exactement les mêmes termes que les vôtres.
Et ce maudit foot qui vous énerve ! Eh oui, on a toujours l’impression de ne voir que ça. Alors même si cela vous dépasse parfois, il doit quand même bien y avoir une raison. A ma période « L’Equipe », j’ai vite arrêté de compter le nombre de fois où j’ai entendu la réflexion : « pfff de toute façon, dans L’Equipe il n’y a que du foot ! » (réflexion d’ailleurs erronée puisque jusqu’il y a un ou deux ans, le foot ne représentait que 35% de la pagination moyenne… Ok, c’est en augmentation constante). Mais voilà, le foot rassemble plus de 10 millions de téléspectateurs pour un match des Bleus (enfin quand ils descendent du bus), remplit des stades chaque week-end et alimente bon nombre de conversations au comptoir ou à la machine à café le lundi matin (euh… allez le Stade de Reims !). Le foot affole les compteurs (plus de 600 millions d’euros de droit télé, des salaires astronomiques…) et surtout fait vendre. Ce n’est pas (encore) le cas de l’équitation.

Revenons en effet aux sports équestres. Comme le souligne fort pertinemment Gautier dans son commentaire, peu des 700 000 licenciés de la fédé sont des compétiteurs et s’intéressent aux « stars » de la discipline. Fréquenter les forums dédiés aux sports équestres, vivre immergé dans ce monde, peut donner l’impression du contraire et alimenter l’illusion que tout tourne autour du cheval. Mais la réalité est (hélas) bien différente. Combien de fois ai-je entendu : « l’équitation, c’est pas du sport, c’est le cheval qui fait tout ! » Plutôt que de vous énerver quand vous entendez ça, prenez le temps d’expliquer, d’argumenter.

Car le sport, ce sont d’abord des émotions, des vibrations, des sensations. Quelle que soit la discipline. Celles du sauteur à ski en haut de son tremplin sont les mêmes que celle du cavalier à l’entrée d’une piste où l’attendent de gros obstacles ou encore de celles du footballeur à la sortie du tunnel qui l’amène sur la pelouse. Les attentes, les angoisses et les espoirs de voir les siens gagner sont également les mêmes pour un supporter de foot que pour le fan club de Kevin Staut ou Mark Todd.

La passion est souvent excessive. Dommage qu’elle soit si souvent exclusive. On peut suivre avec passion les sports équestres sur Equidia (bientôt en direct sur Equidia Life) et revendiquer une « culture foot » (non, ce n’est pas obligatoirement un gros mot) tout en aimant le rink hockey, s’intéresser à la pelote basque ! Tout ça n’est pas incompatible (mais ça prend du temps…).

D’une manière plus générale, le « je m’en fous » est légitime et compréhensible. Pas le « on s’en fout ». Pourquoi parler au nom des autres ? Perso, je ne trouve par exemple rien de plus ennuyeux que de regarder des voitures tourner sur un circuit. Eh bien, je m’abstiens… sauf si j’ai envie de vite m’endormir. Mais si d’autres y trouvent leur compte et s’éclatent, eh bien tant mieux pour eux !
Évidemment que l’on a le droit de ne pas aimer un sport… et de le dire. Notre parcours, notre éducation, notre environnement nous ont amenés à avoir des sensibilités différentes pour un sport ou un autre. D’autres personnes sont même allergiques à tout ce qui touche au sport et préfèrent la musique, la peinture ou je ne sais quoi (on a aussi le droit d’aimer les deux). Et alors ? Aimer le sport n’est pas une tare. Ne pas l’aimer non plus. On ne vibre pas tous pour les mêmes choses. Et heureusement. Vive cette diversité.

Pour toutes les disciplines, atteindre le haut niveau réclame l’excellence. Une excellence qui passe par des heures et des heures d’entraînement, des sacrifices et un investissement gigantesque. Que l’on soit champion de saut d’obstacles, d’endurance, de dressage ou … de foot. Cet investissement mérite le respect. Juste le respect.

Alors, en tant que passionnés des sports équestres, profitons de cette chance de disposer en France d’une presse spécialisée très fournie et de qualité, de sites internet réactifs et présents sur les grands événements, comme LeComplet.com présent en masse à Luhmühlen par exemple, et bien sûr d’une chaîne comme Equidia qui dans sa version Equidia Life (le 20 septembre) vous proposera de vibrer en direct devant les exploits de nos champions préférés dans les plus grands événements en France et partout dans le monde.

  1. article très judicieux.
    passionnée par les chevaux, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les mondiaux d’athlétisme à Daegu avec le phénomène Usain Bolt qui m’avait fasciné à Pékin comme michael johnson avant lui.
    je deteste le foot pour plusieurs raisons, je ne regarde pas. idem pour la F1 et d’autres sports.
    respectons les passions de chacun même si ce n’est pas facile d’entendre critiquer sa passion.
    d’ailleurs je n’aime pas toutes les disciplines equestres même si je suis passionnée par le cheval (comme l’ attelage, voltige, endurance, western, horse ball, polo et d’autres). et je rajoute que les courses ne sont pas à mettre à part dans la passion du cheval, grâce à equidia j’ai découvert ce monde et me suis pris de passion pour les grandes courses de plat et d’obstacle. je n’aime pas le trot (qui d’ailleurs prend un peu trop de place je trouve) donc je ne regarde pas.
    et comme le dit si bien Pascal, les passionnés de chevaux ont une chance inouie avec equidi et equidiwatch et la presse spécialisée.
    jamais je n’aurai pensé un jour dans ma jeunesse ( j’ai 38 ans) qu’un jour une chaine dédiée au cheval existerait.
    alors je profite au maximum!!!!

  2. hum, pourquoi prendre tout de suite l’exemple du foot ? C’est bel et bien une preuve que ce sport marque l’inconscient collectif même si on est pas fan. Pourquoi je ne suis pas fan ? Parce que quand je vois un gars qui coute une montagne d’or à cause de son excellence à taper dans une balle alors qu’ils sont onze dans une équipe et 22 sur un terrain, ça m’effondre. Parce que ses fans, vivent dans des bidonvilles, sont pauvres, n’ont pas de travail, pour d’autres se saoulent et certains sont extrêmement violents voir racistes. Rien qu’à voir la tension entre les différents clubs pour un OM-PSG, je me demande si le foot ne devient pas une affaire d’état.

    Bien sur je généralise, mais c’est un fait que beaucoup ont tout de même soulevé même dans des matchs amateurs.
    J’aurai préféré qu’on parle de Rugby, de tennis (même si je n’y comprend rien et Nadal n’est pas mon idole), de Basket, ou d’athlétisme.

    Petite question, pourquoi persone sauf équidia, n’a parlé des championnats d’europe de dressage (ok aucun français dedans), ni de ceux de complet (on a une jolie médaille, non) TF1 a juste parlé des championnats du monde d’attelage (ouf) mais oublié les perfs des completistes et pourtant là le cheval n’est pas le seul a faire des efforts. ? Par contre parler de BOLT, de foot même quand ce n’est pas français, ça ne gène pas. Le sport équestre reste donc réservé à ceux qui ont équidia, et internet. ou ceux qui lisent la presse spécialisée. Il n’y a pas d’ouverture vers la presse et les médias nationaux, ne vous en déplaisent.

    Espérons que si Charlotte Casiraghi devient championne du monde un jour, cela fera un bing bang dans les chaumières françaises.
    Les cavaliers que l’on croise maintenant ne connaissent même pas Jean d’Orgeix, Pierre Joncquières d’oriola, même pas Eric Navet, ni Kevin Staut. Je ne parle pas du complet…
    Nous n’avons plus de culture équestre et c’est un triste état de fait.

  3. Cet article est plutôt pertinent. Ceci dit, ce qui me déranger dans le foot, c’est qu’on n’y retrouve de moins en moins d’esprit sportif (cf l’épisode du bus que vous citez), et beaucoup (trop) de zéros sur les chèques.
    Ceci dit, beaucoup de sports ont droit à leur minutes (ou 30 secondes) au JT lorsqu’une médaille est française, mais hélas je n’ai rien entendu à propos du complet (médaille synonyme en plus de qualification pour les JO).
    Présenter ne serait-ce que quelques minutes les résultats de nos cavaliers tricolores permettrait d’intéresser plus de monde.

  4. je pense que la FFE a une grande part de responsabilité dans la communication et la médiatisation des sports equestres, quand on voit sa pub  » le cheval, c’est génial » , c’est ridicule.
    toutes les fédérations devraient travailler avec la FEI pour médiatiser notre sport.

    • Mais quand même Claire Chazal ne peut pas prendre juste 30 secondes pour annoncer les médailles d’or et d’argent en endurance en complet et en CSO, 30 secondes !!!!!!!!!!!!!!

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