Pélerinage à Aix-la-Chapelle

Il y a des rendez-vous qu’il ne faut pas manquer ! Quand on est passionné de sports équestres, le pèlerinage se déroule chaque année début juillet à Aix-la-Chapelle, « Aachen » comme disent les Allemands.

Un stade de 50.000 places pour le saut d’obstacles, un autre de 6.000 spécialement pour le dressage, des stands à perte de vue et une ambiance à nulle autre pareille que ce soit pour le CSO, le dressage, le concours complet depuis quelques années, la voltige et l’attelage. Ici, le sport équestre se conjugue réellement au pluriel. Malgré les odeurs de saucisses et de fritures diverses et variées, quel bonheur de se balader dans cet endroit où l’histoire s’écrit depuis tant d’années.  Quelle ville peut ainsi se vanter d’avoir son stade équestre plus grand que son stade de foot dans une ville où le club de foot a pourtant évolué par le passé en Première division. Aix, est bien le temple du cheval. Question de culture aussi.

En France, le dernier cavalier passé, 80% des spectateurs filent à leur voiture et snobent la remise des prix. Résultat au moment de saluer les meilleurs, les stades sont le plus souvent aux trois quarts vides. A Aix-la-Chapelle, on respecte le champion. Et de quelle manière ! Pour la dernière journée de compétition, tous les spectateurs viennent avec un petit mouchoir blanc. Une fois les cérémonies protocolaires effectuées, tous les cavaliers encore présents reviennent pour une sorte de cérémonie de clôture. Et là, avec la musique qui va bien, tous les spectateurs leur rendent hommage en agitant leur petit mouchoir. Une façon grandiose de les remercier pour le spectacle offert pendant six jours, de les saluer et de leur donner rendez-vous l’année prochaine. Frissons garantis.

Sur l’une des tribunes, une grande plaque rappelle la liste de ceux qui un jour ont brillé dans cette enceinte mythique. Malheureusement, peu de Français y sont mentionnés. Dans le Grand Prix, seul Marcel Rozier, en selle sur Sans Souci, en 1971, a pu décrocher le Graal, à égalité alors avec l’Américain Neal Shapiro. La Coupe des Nations a davantage souri aux Tricolores. J’ai eu la chance d’assister il y a deux ans à la démonstration des Bleus. Ce soir-là, Kevin Staut (Kraque Boom), Roger-Yves Bost (Idéal de la Loge), Pénélope Leprévost (Jubilée d’Ouilly) et Timothée Anciaume (Laam de Fétan) l’emportaient sans le moindre point de pénalité au compteur. Incroyable. Il fallait alors remonter dix-neuf ans en arrière, en 1990, pour retrouver la trace d’un succès français dans la Coupe des Nations. Pierre Durand, Hubert Bourdy, Hervé Godignon et déjà Roger-Yves Bost portaient alors la veste bleue (depuis 1929, la France ne s’est imposée que quatre fois, en 2009, 1990, 1988 et 1980).

Parce que CHIO d’Aix-la-Chapelle est unique, Equidia et Equidiawatch vous offriront les deux manches de la Coupe des Nations, jeudi, ainsi que l’intégralité du Grand Prix, dimanche (à partir de 15 heures) (rediffusions dimanche soir à partir de 20h45). Deuxièmes à Falsterbo, vendredi dernier, les Français ont montré leur retour au premier plan. Ce jeudi, nous serons le 14 juillet. Alors quel plus beau feu d’artifice peut-on rêver qu’une victoire de la France ?

Ci-dessous, petite vidéo « artisanale » (désolé, j’ai fait ce que j’ai pu à l’époque) du fameux défilé des Nations avec les mouchoirs blancs agités par les 50.000 spectateurs.

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