Breeders Crown : j’y étais !

Quelle chance d’avoir pu vivre de l’intérieur cet événement incroyable : la rencontre entre le champion d’Europe Rapide Lebel, le recordhorse d’Europe Commander Crowe, et le champion d’Amérique San Pail. Si ça ce n’était pas un championnat du monde, je veux bien me faire moine tout de suite (pour la coupe de cheveux c’est déjà fait !)

Arrivée à Toronto le mercredi soir, petite nuit de récupération et le lendemain matin, Alex (mon caméraman) et moi partons en direction de Dunsford au mileu de nulle part en territoire Amish pour aller à la rencontre de San Pail et de son entraîneur. Première surprise, la traversée de Toronto est une galère immense, le trafic est énorme et nous craignons d’arriver en retard (le rendez vous était fixé à 10h30. Finalement comme on avait prévu large on arrive pile poil à l’heure. Mais… grosse désillusion, le cheval rentre de la piste et il est encore fumant dans son box. Après coup, je pense que Rodney Hughes l’entraîneur nous avait tourné un peu autour comme on dit, parce que le cheval bien que castré est hyper caractériel. Bon, pas grave, nous faisons des images de la « bête » et discutons avec Rodney, sa femme Emily et son père, Jerry. Ces gens-là sont super sympas et ils vivent une drôle d’histoire avec leur crack. En fait, ils l’ont récupéré à 2 ans. Il est né à 10 kilomètres de là, et l’éleveur, un certain monsieur Van Kamp, ne trouvait pas preneur tant le poulain était compliqué et physiquement pas très plaisant. Il le propose alors à Rodney qui n’entraîne chez lui que deux chevaux de petite qualité. Rodney lui dit banco: « Je ne prends pas de pension mais vous me donnez 75% du cheval ! » L’affaire est faite. Au début, ce n’est pas facile mais Rodney prend son temps. Le cheval est castré et petit à petit, il commence à se déclencher. La suite, on la connaît : c’est désormais le meilleur cheval d’âge nord américain. Il compte 3 Maple Leaf, 1 Nat Ray, la Breeders Crown et bien d’autres victoires. San Pail bat régulièrement les américains à plate couture. La famille Hughes a pu, grâce au cheval, acheter la ferme et vit confortablement dans cette campagne un peu austère (-40° l’hiver dernier !).

Le soir-même, direction Mohawk où sont attendus les chevaux français (jeudi soir donc). Mohawk, c’est l’autre hippodrome de Toronto, à environ 40km de Woodbine. L’avion atterrit à 19h30, nous dit-on. Le temps de remplir les paperasses, on se dit qu’à 20h30 on devrait voir débarquer nos champions. On attend dans le froid, et on attend longtemps…. Car en fait, les lads ont des soucis pour récupérer leurs bagages. Si bien qu’on ne voit les phares du camion qu’à minuit et demi. Après plus de 25 heures de voyage, Rapide Lebel semble avoir bien encaissé, il a l’habitude de ces longs déplacements, mais Commander Crowe a l’air bien fatigué. Quelques petites réactions et on file à l’hôtel envoyer les images à Equidia.

Lendemain matin, retour à Mohawk dans ce qui sert d’espèce de quarantaine. Rapide Lebel est toujours aussi cool, son lad William Tillet aussi, et on peut constater qu’il récupère plutôt bien. En revanche, Commander Crowe semble toujours aussi abattu. Un seul paddock (enfin paddock, un pauvre endroit de 20m2 un peu boueux…) à se partager pour deux. Il a fallu batailler pour en avoir un deuxième juste à côté. On ne peut pas dire que les Canadiens se souciaient plus que ça du confort des Français.

Lendemain samedi, redirection Mohawk. Nous avons la bonne surprise de voir Commander Crowe attelé, faire une promenade dans le centre d’entraînement avec Fabrice Souloy. Le cheval a l’air d’être un peu plus réveillé.

On part se restaurer à côté avec William Tillet (de la bonne bouffe grasse à l’américaine), l’embarquement pour Woodbine étant prévu à 15h00. Effectivement, à l’heure dite on voit arriver le van en chrome rutilant entouré d’une sécurité incroyable et on embarque tout ce beau monde. On part en convoi pour Woodbine. Sensation étrange, j’ai l’impression d’être dans un film américain, c’est comme si on accompagnait un camion rempli de 50 millions de dollars de lingots d’or.

La suite vous la connaissez, les petits malheurs de Rapide Lebel au départ (un peu sorti par San Pail), la ligne droite fantastique, nos deux français qui s’arrachent comme jamais mais San Pail résiste jusqu’au poteau. On y était et on vous montrera tout ça dans un magazine spécial que je vais monter dès demain, le titre : San Pail Vs Rapide Lebel, le match du siècle. Première diffusion dimanche 12 à 20h00. Au passage, merci à tous les entourages de nous avoir laissé travailler au plus près de l’événement, c’était un plaisir énorme et des courses comme celle là, j’espère en vivre encore beaucoup parce que ça, c’est vraiment du sport !

Voici quelques photos en sus :

Sébastien Guarato et Randy Waples, le driver de San Pail : respect, sport, fair play

 

 

 

 

 

 

 

Eric Raffin et Rodney Hughes

 

 

 

La « famille » Lebel après la course : de grands sourires quand même

 

 

 

 

Rapide Lebel Vs San Pail : le match du siècle

Salut à tous les fans d’Equidia, la chaîne du cheval de tous les continents.

Eh oui, les petits amis, à peine revenu d’Italie où j’ai eu la chance de filmer quatre grands élevages de trotteurs (et de revoir Varenne !), me voilà sur le départ pour le Canada pour réaliser un long reportage sur la Breeders Crown, ce match du siècle entre les deux champions Rapide Lebel et San Pail qui dominent chacun sur leur continent. Evidemment Commander Crowe ne part pas battu d’avance mais il ne voyage pas très bien m’a t-on dit. Tirage au sort des places derrière la voiture (la bagnole en canadien ?) vers 18h00 ce mardi, arrivée des chevaux vers 22h00 jeudi à Mohawk. Perso, je pars avec mon cameraman Alex demain en début d’après midi et je suis en train d’organiser un reportage chez l’entraîneur de San Pail, si bien que je suis un peu à la bourre… En tout cas, matez bien les journaux d’Equidia car j’essaierai d’envoyer des images de cette affaire passionnante, tellement passionnante que j’en frémis à l’avance de vivre ça en direct aux côtés des français. Allez les bleus quand même !!!

A part ça merci pour les bons retours que j’ai reçus sur le 26 minutes consacré à Cirrus des Aigles.

Et puis, « Domino » Bœuf était un super invité d’Equidia Turf Club ce lundi, il va nous manquer sur les programmes l’animal.

A que tchao, je me grouille de régler tout avant le grand départ, à bientôt.

A Equidia, je m’éclate grave

Eh oui, chers « equidéens », j’ai la chance de m’éclater « gravos » sur votre chaîne préférée et je vais vous expliquer pourquoi …

Tout d’abord toutes mes excuses, cela fait deux numéros d’Equidia Turf Club que  je ne dis mot. Je dois vous avouer que j’étais un peu occupé, je viens de terminer le montage d’un film de 26 minutes sur Cirrus des aigles. Le titre : Cirrus des Aigles, un roturier à la table des princes. Où l’on apprend qu’un poulain issu de « fagot et bout de bois » vient jouer dans la cour des grands élevages. De l’émotion pure tout ça. Au passage, un grand merci à tout l’entourage du cheval qui nous a ouvert les portes. La première diffusion aura lieu dimanche 16 octobre en deuxième partie de soirée, comme on dit habituellement à la téloche !

Pour revenir à ETC , le lendemain de l’Arc nous avons reçu Thierry Jarnet. Le jockey a terminé deuxième de la grande course à une cote énorme. Je me suis régalé en coulisses en écoutant ses analyses pertinentes, notamment quand il a expliqué que certains chevaux étaient un peu abattus par la forte chaleur, ce qui peut expliquer certaines contre performances.

Lundi dernier, nous avions Hervé Barjot, le manager (manageur en françois!?) de Pégasus Farm, qui compte dans ses rangs le champion MidDancer, actuellement au repos forcé. J’ai bien aimé son opinion, générale à toutes les disciplines, concernant les chevaux qui courent en tête. Avec le temps, le moral s’effrite (à la mayonnaise…) et les adversaires jouent sur cette tactique préétablie. Si bien que l’on finit forcément par se faire … un jour ou l’autre .

Lundi prochain nous reviendrons sur les grandes courses du week end, et notamment celles d’Ascot que les roastbeef ont appellées très simplement le Champions Day. ça va être du sport et on va encourager nos frenchies , pour ma part j’ai évidemment un petit faible pour Cirrus (du foie).

A part ça, j’ai le plaisir de vous annoncer que je pars pour l’Italie la semaine prochaine, non pas pour déguster cette merveilleuse bouffe transalpine (enfin si un peu quand même), mais pour réaliser un film sur l’élevage des trotteurs, un élevage de plus en plus performant semble t-il. Entre deux plats de pâtes, on trouvera le temps de filmer l’élevage des Griff, des »Bi », des « Bar » et des »Jet ». Tout ça du côté de Venise puis de Vigone.

Et la semaine d’après (la dernière d’octobre) où c’est y que j’y vais ? Si je vous dis Caribou vous me répondez? Poil au genou : perdu; le Canada : gagné ! Je vous le disais, je vais m’éclater à suivre l’aventure de Rapide Lebel et Commander Crowe face à l’ogre canadien San Pail. C’est une chance unique de pouvoir assister à ce match du siècle. Et bien sûr je vais en tirer un montage de 26 minutes qui sera diffusé dans la foulée : soit mi-novembre. y a pas à dire, travailler à Equidia, c’est vraiment le pied !

Dabirsim, la déferlante Ferland

L’Equidia Turf Club recevait ce lundi 26 septembre l’entraîneur du champion Dabirsim, Christophe Ferland. Installé à La Teste depuis 2008, Christophe nous a fait l’amabilité de sacrifier un peu de son temps pour commenter l’actualité.

Evidemment, nous avons consacré un sujet au meilleur 2 ans du moment. Il est engagé dimanche dans le Prix Jean-Luc Lagardère et son entraîneur nous a rassuré sur son état de forme à quelques jours de la course qui se disputera sur le « toboggan » de Longchamp. Christophe paraît serein, ce jeune homme a selon moi un avenir assuré dans la profession. Et pourtant il reste modeste, conscient que tout peut basculer du jour au lendemain. Il avoue avoir de la chance d’avoir des propriétaires qui croient en lui et qui investissent, notamment au cours des ventes de yearlings. Son petit crack visera l’année prochaine si tout va bien la poule d’essai.

Au sommaire également de cet Equidia Turf Club, le Prix des Elites remporté haut la main par Uppercut du Rib. Chaque intervenant sur le plateau y est allé de sa petite solution pour réduire le handicap des vieux chevaux face aux jeunes. Impossible de rendre 50 mètres? Oui, assurément les temps changent et ce rendement de distance anachronique mérite d’être revu pour laisser leurs chances aux 4 et 5 ans. Le Cheval Français va t-il révoir les conditions de course de ce groupe 1 ? Affaire à suivre.

Nous avons également évoqué le cas de Kap Dream , qui s’est baladé samedi à Auteuil dans le Prix Hunorisk. Le protégé de Joël Boisnard avait défrayé la chronique il y a 15 jours. Il s’était retourné dans le rond de présentation ce jour là de façon très spectaculaire et inquiétante. Ausculté par le vétérinaire, il avait été autorisé à courir mais son jockey a dû l’arrêter durant le parcours, constatant des saignements importants de son partenaire. Grand favori de la course, les parieurs en ont été pour leur frais. Fallait-il vraiment courir ? Je me garderai de donner mon avis sur la question, faisant confiance aux hommes de chevaux présents aux côtés de Kap Dream et responsables de leurs actes. Mais, si l’on se met à la place des « matelassiers », il y a de quoi être mécontent. Cela dit, ces mêmes matelassiers se sont « refaits » samedi puisque le cheval s’est baladé, comme quoi sa blessure n’était que superficielle, et personne n’avait voulu mettre en danger ce futur grand d’Auteuil… Au passage, Christophe Ferland a souligné que le revêtement du rond d’Auteuil mériterait d’être changé avec une matière moins dangereuse en cas de chute.

Et puis, chacun y est allé de son petit pronostic sur l’Arc. Cette année il y a concentration de champions et ce sera certainement un très grand cru. Peut-être même le vainqueur fera-t-il tomber le record de la course, tous les éléments seront réunis : terrain et talents.

Un petit mot avant de conclure sur l’annonce de Dominique Boeuf lundi à Craon : il raccroche la cravache. Des souvenirs de « Domino » , l’un des 4 Dalton, on en a tous un paquet en mémoire. Moi, ce que je retiendrai c’est que ce gars a connu des périodes noires mais qu’il a su se reprendre et rebondir. C’est  un exemple pour tous les gamins qui débarquent sur les programmes et on souhaite une belle deuxième vie à celui qui était un peu le porte parole du vestiaire ces dernières années.

 

Horaires Equidia Turf Club

Pour répondre à Laurence (voir les commentaires ci-dessous), voici les nouveaux horaires de diffusion de l’Equidia Turf Club : le lundi à 22h15, le mardi à 11h00, et le mercredi à 22h45. Quelques précisions s’imposent…

En fait, ces changements n’ont pas grand chose à voir avec le lancement d’Equidia Life . Nous avons simplement constaté que la « consommation » des télévisions hors TNT était plutôt tardive. Nous souhaitions donc réajuster les horaires de diffusion en fonction de la disponibilité des téléspectateurs. Et comme le dit Ludivine, n’oubliez pas que ce programme est également disponible gratuitement sur equidiawatch.fr ; cela vous permet de le regarder tranquillement et quand vous le voulez.

J’aimerais ajouter quelque chose au sujet de Jean-Pierre Barjon, notre dernier invité. C’est quelqu’un que je connais bien puisque j’ai eu la chance de le côtoyer, ayant réalisé un film de 52 minutes : « American Dream », l’année où Meaulnes du Corta a été disqualifié (aurait été troisième…). Je l’avais même suivi cette année là à Miami où son entreprise de limonade est présente. (Je sais, je suis veinard… mais Miami c’est un peu surfait). Jean-Pierre Barjon a un peu agacé le monde du trot avec sa réussite insolente, mais je tiens à dire que sa réussite ne doit rien au hasard. Il sait s’entourer de gens compétents et, surtout, il fait preuve d’un optimisme à toute épreuve et il a une capacité à s’adapter au marché. A titre d’exemple, quand il a repris l’ entreprise de limonade L…. dans l’est de la France, celle-ci était en grande difficulté économique. Et bien, quelques années plus tard, il exportait cette limonade aux Etats-Unis, au Japon, etc… Il a fait de cette marque un produit tendance et très… français. Il faut le voir animer les réunions avec ses commerciaux pour comprendre son sens du business, cet homme là est fait pour gagner ! Alors, évidemment, il a eu un petit coup de pouce du destin en choisissant Meaulnes du Corta dans un pré plutôt qu’un autre (il avoue qu’il s’est fié uniquement aux oreilles du poulain !), mais il a vite su éviter les pièges tendus aux « pigeons » qui débarquent dans le milieu avec un petit paquet d’euros. Et maintenant, il va démontrer qu’il est aussi habile en matière d’élevage. Jean-Pierre Barjon c’est vraiment la chance qui sourit à l’audacieux…