Ceux qui aiment l’hiver

On y est presque… c’est un éternel recommencement. De ceux dont on ne se lassera jamais. Nous sommes aux portes du meeting d’hiver!

Quand arrive Novembre, ses fêtes qui n’en sont pas vraiment, ses jours fériés où la France qui se repose aimerait presque être au boulot, ses frimas, ses feuilles mortes, ses déprimes pré-hivernales, ses premiers microbes, bref quand arrive un mois dont on se demande bien ce qu’il fait sur le calendrier, une frange de la population hexagonale se frotte les mains en se disant : enfin nous y voilà!

Si vous les croisez dans la rue ou dans le RER A entre Nation et Joinville, tout guilleret un paris-turf à la main et les yeux qui brillent, Madame, Monsieur, n’appelez pas Sainte-Anne, ne demandez pas de l’aide aux passants ou aux passagers : ce sont juste des turfistes heureux!

Et oui heureux! Car le meeting d’hiver de Vincennes est là juste devant eux, prêt à s’étendre sur quatre longs mois. Pendant douze semaines la France turfiste (celle qui aime le trot en tout cas) va se focaliser sur la grande piste du plateau de gravelle. Là où  les meilleurs trotteurs de France et d’Europe se rendront en pèlerinage pour y décrocher les lauriers d’une discipline qui inlassablement, depuis des décennies, sacre ses meilleurs éléments entre novembre et mars.

Ah le meeting d’hiver… Pour ceux qui ont la chance de pouvoir en être… tous les jours ou presque à Vincennes. Il y fait froid, toujours, humide, souvent…parfois la neige s’en mêle compliquant la tache de tout le monde, mais malgré tout on aime ça et on en redemande.

Vincennes en hiver, c’est un peu la résidence secondaire des amoureux du trot et du jeu.  J’en connais un paquet qui y passent plus de temps que chez eux ou dans leur boite et qui n’ont pas besoin de se payer une tranche de soleil dans une palmeraie ou une île quelconque. Leur soleil d’hiver c’est la cendrée! C’est aussi le point d’ancrage des professionnels qui s’installent tout près, à Grosbois, tout à leur joie de ne plus avoir à se farcir des centaines de kilomètres, parfois pour rien. Pour nous journalistes nomades, c’est la possibilité de nous fixer un peu et de donner du sens (hippique bien sur) à nos observations et conclusions, souvent mises à mal par l’explosion du calendrier. Et tout ce beau monde se retrouve tous les jours ou presque. Sans forcement se connaître vraiment. Sans être en phase tout le temps. Mais en ayant le sentiment d’appartenir à une communauté, presque une famille. C’est un sentiment rare et précieux de nos jours. Mais il existe dans ce milieu et mérite d’être cultivé.

Vincennes l’hiver, c’est l’assurance de voir les meilleurs s’exprimer dans chaque catégorie, de la plus modeste à la plus prestigieuse. Parce que ses pistes ne trompent pas, parce que les ténors sont là, hommes et chevaux. Parce que c’est un endroit où, plus que partout ailleurs, on se dit qu’on va se rapprocher de la vérité, que l’impondérable n’a pas la place que lui laisse parfois quelques curieux tracés provinciaux.

Vincennes l’hiver c’est l’effervescence d’un Prix d’Amérique évidemment, les critériums et tous les beaux quintés, bien sur. Mais pas seulement. C’est aussi les réunions du lundi, avec ses prix de séries touffus, en forme de lendemain de fête. Et quand vous y êtes (parce que vous y êtes eh oui!), vous vous prenez à penser à cette réflexion qu’un ivrogne vous a immanquablement fait un jour de gueule de bois : faut guérir le mal par le mal mon pote, reprends donc un petit canon! Hips!

C’est un peu ça aussi, le meeting d’hiver. L’indigestion du gars qui a patiemment attendu  pour se goinfrer et qui n’a pas su doser l’effort au moment du banquet. Si si si on a tous connu ça! Mais ce genre d’indigestion se guérit vite. Un bon gagnant à 12/1 dans la première, un bon prono dans une course indéchiffrable, une drive ou une monte inspirée avec à la clef une victoire avec une non chance, et le foie hippique s’en trouve régénéré, la foi en l’hiver de Vincennes intacte.

Et puis si un jour vous en avez marre du froid, de la neige, du vent, des queues aux guichets du pmh , ça peut arriver après tout c’est humain, on est là nous, Equidia, pour vous permettre d’y être quand même!

Et si vous touchez un beau gagnant grâce, pourquoi pas, à l’une des nombreuses séquences de heats d’échauffements que l’on vous propose en direct…pensez au cameraman qui était dehors entre deux courses pour les filmer, dans le froid, la neige, le vent, que vous n’avez pas osé affronter aujourd’hui …mais que vous affronterez demain…

Parce que c’est le meeting d’hiver… et que vous aimez ca non?

  1. Belle inspiration Alexis ! C’est ce que j’ai raconté la semaine dernière sur mon g+ : « LA bonne nouvelle de l’automne ».
    La bonne nouvelle de ces jours qui raccourcissent, du soleil bas sur l’horizon, du froid qui s’annonce et des journées entières sous un « cul de chaudron », cette bonne nouvelle : enfin le début du meeting d’hiver de Vincennes.

  2. meme si tu a exageré un peu, moi aussi je ne voyait pas renardo bello dans les 3. il a un autre qui a fait pire que toi et il ne sait jamais excusé « pj goetz a dit que ready cash n’etait pas un cheval de 2700m. »

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