Greenwich Park se prépare

Les Jeux olympiques, c’est dans deux semaines. Un événement qu’Equidia Life vous présentera en intégralité et en direct. Récemment, Bérengère, étudiante en journalisme basée à Londres, m’a contacté pour me proposer de nous raconter ce qui se passait actuellement dans la capitale anglaise. Chiche ! Merci à elle donc de nous faire partager l’atmosphère des derniers jours avant l’entrée en piste des premiers chevaux, le 28 juillet, à l’occasion du dressage du concours complet.

RETOUR AU DOSSIER JO

Il trépigne. La barrière s’ouvre. Le couple entre en piste. La sonnette retentit. Les regards sont vifs. Les esprits sont attentifs. Après avoir été coupé, le souffle est maintenant rythmé. Le chronomètre se déclenche. Le premier obstacle est à quelques foulées. Ce mélange d’excitation et d’appréhension qui règne au début d’un parcours de saut d’obstacles est semblable à ce que l’on peut ressentir à Londres, à deux semaines des Jeux olympiques. Sur toutes les affiches, au sein de toutes les conversations, dans tous les journaux télévisés, l’effervescence des Jeux Olympiques anime les pensées londoniennes.

Mon épicier, lui, est bien embêté. Et pour cause, pendant la durée des Jeux, toutes les livraisons se feront entre deux heures et six heures du matin. Pour beaucoup, les transports sont source d’inquiétudes. « How will your travel be affected during the Games ? » (A quel point votre trajet sera perturbé pendant les Jeux ?) Peut-on lire dans le métro. La société de transport de Londres a mis en place un site spécialisé et une campagne d’affichage pour avertir les londoniens des perturbations attendues. A l’image de l’une de ces affiches, les travailleurs sont encouragés à travailler depuis leur domicile pendant la période des Jeux olympiques.

Excepté ces tracas logistiques, les habitants peuvent profiter d’une ville propre, tout juste nettoyée. 250 évènements réunissant 2500 bénévoles se sont tenus depuis 2011 pour assainir et embellir Londres. Au parc de Greenwich, sur la rive sud de la Tamise au Sud-Est de Londres, les dernières installations sont en cours pour recevoir les épreuves d’équitation et de Pentathlon moderne. Pour le Comité d’organisation de Londres des Jeux Olympiques et Paralympiques (LOCOG), l’aménagement du théâtre des Jeux sera terminé deux semaines avant l’ouverture, soit très prochainement. Les travaux ont débuté le 2 avril dernier.

Du 28 juillet au 9 août, le plus ancien parc royal de Londres qui abrite le «Royal Observatory» et le méridien de Greenwich, sera investi par 200 athlètes et leurs chevaux. Le site classé au Patrimoine de l’UNESCO pourra recevoir jusqu’à 50 000 spectateurs. Tout près de «Queen’s House» et du «National Maritime Museum», une arène pouvant accueillir 20 500 personnes a été installée autour de la piste principale. Le dressage, le saut d’obstacle et des épreuves du Pentathlon moderne s’y dérouleront. Pour l’épreuve de cross qui aura lieu le 30 juillet, un parcours d’environ 6 km est tracé à travers le parc.

Alors que du côté des Français la liste des engagements est maintenant connue, les Britanniques suivent quant à eux le trajet de la Flamme olympique au jour le jour. Plus que quelques foulées avant le grand saut. Maintenant, tout le monde retient son souffle.

Bérengère Capdequi

Retirer les oeillères

Les Championnats d’Europe de concours complet à Luhmühlen se sont achevés dimanche avec l’or de l’Allemagne de Michael Jung et l’argent de l’équipe de France (Donatien Schauly, Nicolas Touzaint, Stanislas de Zuchowicz et Pascal Leroy) qualifiée également pour les Jeux olympiques de Londres. Revue de presse ô combien intéressante.

Une « légende urbaine » véhicule l’idée que les sports équestres seraient roi en Allemagne au contraire de la France où les méchants médias traitent l’équitation de façon méprisable. Un doublé par équipes et en individuel dans un Championnat d’Europe aurait donc dû faire la une des médias outre-Rhin.

Lundi, à l’aéroport de Hambourg, je me suis donc précipité pour acheter tous les journaux allemands. Pas de Michael Jung à la une. J’ai donc tourné les pages, encore et encore avant de constater que la place réservée aux « Europe » de concours complet était bien mince.

Au mieux un quart de page dans le Süddeutsche Zeitung et le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Dans Bild, le plus gros tirage de la presse allemande, une dizaine de lignes. Dans le Hamburger Abendblatt, le journal local, les résultats secs sans le moindre commentaire. Et dans Die Welt, l’équivalent du Monde, rien.

Dans tous ces journaux très représentatifs, le titre européen de l’équipe d’Allemagne de hockey sur gazon occupe par exemple beaucoup de place que le concours complet. On trouve du hand, de la boxe, les mondiaux d’athlétisme bien sûr et évidemment du foot, le sport n°1 dans pratiquement TOUS les pays du monde à l’exception de l’Amérique du Nord. Non, l’herbe n’est pas plus verte dans le pré allemand.
L’Equipe, si souvent décriée pour le peu d’espace qu’elle octroie à l’équitation, a donc fait autant lundi sur l’argent des Bleus que les journaux allemands sur le doublé des leurs. Pas facile de s’en contenter quand on est passionné, mais avec un peu de lucidité et surtout d’ouverture sur le réel paysage du sport, pas si mal dans un contexte de grosse concurrence entre toutes les disciplines.

Plutôt que de se placer toujours en victime des méchants médias, le monde des sports équestres devrait surtout s’ouvrir sur le monde extérieur et arrêter de vivre reclus sur lui-même. Il y constaterait que malgré ses 700 000 licenciés, il ne représente pas grand-chose dans le paysage médiatique. Et pas seulement en France. En Allemagne aussi. Et même si certains vivent cette situation comme une injustice, plutôt que de crier au complot, peut-être faudrait-il se poser les bonnes questions et essayer de trouver les réponses.

Dream(s) team(s)

Ils l’ont fait. Les Français sont vice-champions d’Europe de concours complet et qualifiés pour les Jeux olympiques de Londres. Bingo ! Voilà qui valait une grosse cote en début de semaine. Et petits veinards, vous avez pu suivre tout ça sur les antennes d’Equidia.

Laurent Bousquet, Nicolas Touzaint, Stanilas de Zuchowicz, Donatien Schauly et Pascal Leroy

Ah qu’on les a aimés ces Championnats d’Europe de concours complet à Luhmühlen. Quelle apothéose ! Nicolas Touzaint, de retour au plus haut niveau avec Neptune de Sartène, Donatien Schauly, impérial malgré sa jeunesse en selle sur Ocarina du Chanois, Stanislas de Zuchowicz, parfait avec Quirinal de la Bastide et enfin Pascal Leroy, malheureux sur le cross avec Minos de Petra, ont retrouvé les sommets de leur discipline, abandonnés depuis deux ou trois ans. Après les échecs des derniers grands rendez-vous, autant être honnête, on ne faisait pas les malins en débarquant en Allemagne. Et puis tout s’est parfaitement enchaîné, un dressage moins « mauvais » que d’ordinaire, un cross très bien géré qui replaçait les Bleus à la troisième place et enfin un triple sans faute sur le saut (seule nation à réaliser une telle performance) qui offrait l’argent à nos couleurs.

Nicolas Touzaint et Neptune de Sartène

Avec Donatien, 6e, Nicolas, 8e, et Stanislas 17e d’une compétition largement dominée par les Allemands (quelle classe !) squatteurs des quatre premières places et avec un Michael Jung qui ajoute le titre européen à sa couronne mondiale, la France prend date. Oui, elle sera bien présente à Londres dans moins d’un an au côté de l’équipe de saut d’obstacles. D’ici là, les jeunes chevaux de la cavalerie française auront encore pris un peu d’expérience. Alors même si on va bien se garder de s’enflammer d’autant plus qu’il faudra faire également avec les Néo-zélandais, Australiens ou Américains, on en salive déjà.

Allez suivez-moi, je vous emmène maintenant dans les coulisses. Je tiens en effet à revenir sur l’organisation qu’une retransmission d’un tel événement implique. Bien sûr à l’image et au son, la partie visible, c’est Kamel (qui a lutté pour ne pas (trop) s’énerver face au comportement psychorigide et souvent irrationnel du service de presse local), et moi. Mais derrière, dans l’ombre, il y a des gens qui bossent dur. Vraiment très dur. A Luhmühlen par exemple, Claire, Romain, Mathieu et Pierre de la société Via Storia étaient arrivés dès mardi. Leur taf : préparer le terrain pour que nous puissions être tout de suite opérationnels à notre arrivée mercredi et ensuite assurer la transmission des images propres à Equidia. Et dans le cas de ce championnat d’Europe, l’affaire plus particulièrement corsée.

Claire, Romain, Mathieu et Pierre, la Dream Team de Via Storia !

Par manque d’anticipation (de préparation ?) des organisateurs (l’Allemagne n’est plus ce qu’elle était…), notre quatuor a dû improviser son installation à la dernière minute. Constater aussi que les distances étaient importantes entre les différents sites et l’endroit de stationnement de leur camion émetteur. Résultat : sous une éprouvante chaleur en début de semaine puis sous le déluge un peu plus tard, Claire (qui œuvre également derrière la caméra qui filme Kamel en sortie de piste), Mathieu, Pierre et Romain ont sorti les pioches, les pelles pour creuser des tranchées et enterrer les centaines de mètres de câble nécessaire.

Kamel au commentaire en version "nature"

Et comme si cela ne suffisait pas, il a fallu tout démonter vendredi soir à l’issue du dressage, remonter à l’endroit du cross du samedi à 300m de là (avec la mise en place d’un poste de commentateur en pleine nature), re-démonter samedi soir et remonter pour dimanche et le saut. Un immense merci à cette Dream Team donc pour leur efficacité et le tout toujours dans la bonne humeur et avec le sourire. Non spécialistes des sports équestres il y a encore quelques semaines, nos Alsaciens préférés sont désormais les rois de l’épaule en dedans et du trop allongé (deux jours de dressage non stop… ça forme…) !

A l'intérieur du camion Via Storia

Dans ce car de transmission, on trouve aussi Claude et Flora, de la production d’Equidia. Claude, c’est le grand chef chargé avec Flora de tout coordonner entre le site de la compétition et le siège d’Equidia, à Colombes. C’est aussi lui qui a réalisé les deux jours de dressage au soulagement de la FEI bien heureuse de récupérer des images qu’aucune chaine allemande n’avait daigné produire. Claude et Flora, ce sont aussi eux qui avaient tout blindé auparavant avec les prestataires de service pour s’assurer que tout était calé. Claude, c’est aussi le Monsieur logistique d’une telle expédition.

Enfin, à Colombes, il y a toute une équipe à l’antenne pour s’assurer de la bonne réception des images (notamment sur Equidiawatch), pour remonter les images (merci Yann Fournis de s’y être collé ce week-end après avoir commenté la Coupe des Nations de Rotterdam et à Julie, la monteuse), et pour assurer le suivi de la compète sur tous les médias comme Facebook et Twitter (merci à Julien Abadie).

Voilà en gros l’organisation qui nous permet de vous offrir non seulement les images classiques de la compétition, ce que l’on appelle le « signal international » reçu par toutes les télés détentrices des droits, mais aussi, et surtout, les images propres à la production Equidia avec les interviews et des images spéciales Equidia que vous êtes les seuls à pouvoir apprécier. Comme vous pouvez le constater, tout ça est une grosse machine. Pour vous, pour nous, pour notre passion.

Chouette, le cross !


Au tour du cross de ces Championnats d’Europe à Luhmühlen ! C’est généralement le temps fort d’un championnat. Montées d’adrénaline, longues chevauchées, passages toujours spectaculaires dans les gués, le cross est souvent la raison pour laquelle un cavalier a un jour opté pour cette discipline. Et nous, on adore ça !

Au programme de ce samedi pour les 70 cavaliers en compétition, 5800m, 29 obstacles et 40 efforts, le tout à couvrir en 10 minutes 5 secondes. Et la foule devrait être nombreuse au regard de le forte affluence pour le dressage. Des tribunes pleines (avec le soleil, ça aide, il est vrai) et déjà une belle ambiance avec les favoris du public impériaux avec un « squatt » aux quatre premières places du général individuel. Voilà qui promet pour la suite.

Voici donc quelques photos pour vous donner une idée de ce qui attend les cavaliers ce samedi, à Luhmühlen (les photos s’agrandissent en cliquant dessus). A écouter tous les observateurs, c’est un vrai cross de championnat d’Europe. Tous soulignent la difficulté de la dernière combinaison (photo en bas à gauche) avec un choix délicat entre l’option rapide, très risquée, et l’option lente qui coûtera sans doute une dizaine de secondes mais qui, en fin de parcours, peut éviter de grosses désillusions.

Avec déjà 23 points d’avance et une véritable leçon de dressage depuis deux jours, l’Allemagne, championne du monde en titre, semble partie vers un sacre à domicile. Mais remember Fontainebleau il y a deux ans et la dégringolade de la Mannschaft qui avait perdu un à un ses cavaliers. Derrière, la Grande-Bretagne, malgré un William Fox-Pitt « décevant », reste comme toujours en embuscade pour aller chercher l’or… comme toujours. Avec tous les titres par équipe depuis 1995 soit 9 éditions et 21 ors en 29 éditions, les « Grands-Bretons » maîtrisent le rendez-vous continental…

Et la France dans tout ça, me direz-vous ? Eh bien pour l’instant Londres semble accessible. Certes pour le moment les Bleus pointent seulement au cinquième rang et sont relativement loin de la tête. Remarquez, c’est souvent le cas après le dressage, discipline loin d’être la tasse de thé de notre cavalerie qui reprend généralement des couleurs le samedi sur le cross. Si la compétition s’arrêtait là, ce sont la Suède et l’Italie qui décrocheraient les deux précieux sésames olympiques. Mais évidemment, tout peut arriver et grâce à la belle reprise de Nico Touzaint et Neptune de Sartène, neuvièmes au général, les Tricolores restent dans le coup, à 8 points de la place pour Londres.

A 20 points la désobéissance, l’élimination en cas de chute, la visite véto du dimanche matin considérée par beaucoup comme une vraie épreuve,et bien sûr le saut d’obstacles, dimanche, le classement risque fort de bouger. Et heureusement ! Une chose est certaine, on y verra sans doute beaucoup plus clair ce samedi en fin d’après-midi à l’issue du cross.

A voir en direct et en intégralité sur Equidiawatch à partir de 10h30 avec plusieurs consultants qui se succéderont au micro d’Equidia comme Pierre Michelet, des cavaliers au micro de Kamel Boudra etc. et sur Equidia, deux heures des meilleurs moments, samedi à 22 heures.

Toutes les réactions des cavaliers français sont disponibles en vidéo sur equidia.fr

Déjà une Marseillaise !

Nous y voilà à ce championnat d’Europe de concours complet à Luhmühlen, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Hambourg. Objectif des Français : décrocher leur billet pour les Jeux de Londres !

Du ciel bleu, une bonne petite température estivale (ça va se gâter en fin de semaine…), ce rendez-vous continental de Luhmühlen se présente plutôt bien. Très étrangement, aucune des télés allemandes n’a daigné s’intéresser aux deux jours de dressage. ZDF ne s’intéresse qu’au cross et NDR, au saut du dimanche. Pour les deux premiers jours, c’était niet, nichts. Nous nous retrouvions donc sans image pour le dressage. Et ça, ça nous a énervés. Alors on s’est retroussé les manches, on a sorti une caméra supplémentaire et on a décidé de filmer ces deux jours pour au moins vous offrir chaque jour 52’ avec les reprises des Français et les meilleures des autres nations (diffusion à 18 heures sur Equidiawatch et à 22 heures sur Equidia). La FEI a aussi sauté sur l’occasion pour récupérer nos images et demander à Monsieur Claude, notre vénéré directeur de production, de réaliser ces deux journées pour son propre programme. On dit quoi ? « Merci Equidia ».

Du côté de l’équipe de France, ces Championnats ont parfaitement débuté. Avec même une Marseillaise et un titre ! Si si, je vous assure. La tradition veut qu’en début de compétition, toutes les équipes se retrouvent pour une petite fête avec la présentation de petits spectacles. Et à ce petit jeu, les Français, où tout le monde a joué le jeu, l’ont emporté sur le thème de « Blanche-Neige et les sept nains ». Laurent Bousquet en Blanche Neige et les six cavaliers renforcés par Jean-Pierre Blanco le responsable du dressage, dans le rôle des sept nains. Et pour accompagner le tout, le soigneur, le véto et tout l’encadrement avaient eux aussi un rôle à jouer. Symbolique bien évidemment, mais on se raccroche comme on peut aux bons signes du destin. Il y a quatre ans, à Pratoni del Vivaro, les Bleus avaient aussi réaliser une grande démonstration avant d’aller chercher l’argent par équipes et le titre avec Nicolas Touzaint et Galan de Sauvagère. On signerait des quatre sabots pour un tel scénario.

Autant le dire tout de suite, c’est loin d’être gagné. Les Britanniques, les Allemands et quelques autres nations ne sont pas décidés à nous laisser faire. Alors même si une tite breloque nous ferait bien plaisir, on saura se contenter de l’un des deux tickets pour les Jeux olympiques de Londres qui seront attribués aux deux premières nations hors Allemagne, Belgique et Grande-Bretagne. Allez hop hop hop !!!

Rendez-vous sur ce blog mais aussi sur tweeter (@Boutreau_Pascal) et sur les Facebook d’EquidiaWatch et d’Equidia pour être le plus proche possible de l’événement. Et pour un panorama complet du programme et de la compétition, rendez vous sur Equidia.fr, ici et ici.