Au grand galop (suite)

Alors que depuis mercredi les yeux sont tournés vers les Pays-Bas et les championnats d’Europe de dressage, opérons une petite pirouette et voyons ce que la sphère équestre a de beau à nous proposer pour vivre toujours plus loin l’émotion du sport.

Des championnats d’Europe, il n’y en a pas qu’à Rotterdam par toutatis ! En effet, Le Mans accueille à partir du 21 août et jusqu’à dimanche, les championnats d’Europe de Voltige. Philippe Rossi, qui avait déjà proposé les championnats de France sur le site de la Boulerie cette année, assoit ses ambitions pour l’organisation des championnats du monde en 2012 en proposant pour la première fois cette compétition à laquelle participera notre champion européen en titre national, Nicolas Andréani. Et avec lui cette idée fixe (facile me direz-vous…) de renouveler l’expérience et de conserver ce statut. Avec Marine Joosten Dupon et son bel alezan Idefix de Braize, Nicolas va nous emmener dans cette bulle hypnotique qu’il a le don de faire naître durant ces quelques minutes de grâce, de souplesse, défiant les lois de la pesanteur pour notre plus grand plaisir. Un peu de poésie à l’heure actuelle… Alors, on sangle les surfaix, on prend longes et chambrières et on se laisse entrainer dans cette mélopée étourdissante. (peu de temps après son lancement, Equidia Life vous proposera un 52′ des meilleurs moments de ces Championnats d’Europe)

Attila y avait fait étape et rasé de fureur son château vers 450…Terre guerrière, de lutte, Conty était donc le terrain privilégié pour faire renaître durant trois jours (du 25 au 28 août) les hautes sphères mondiales de l’attelage puisque 70 meneurs, représentant un total de 25 nations, prendront part à cet évènement prestigieux. Les championnats du monde d’attelage en paire auront lieu au parc équestre de Conty, organisés par les Ateliers du Val de Selle et mélangeront tradition et technique, vitesse et sport, les ingrédients les plus nobles pour susciter et partager le grand frisson. Et pour ce faire, un programme tripartite constitué d’un test de dressage, de marathon et de maniabilité. « A quelques jours du début des épreuves, on est un peu tendu. On espère avoir bien préparé ses chevaux. On espère 100% et on a surtout peur de mal faire », confie Stéphane Chouzenoux. « Mes chevaux sont prêts mais je ne suis jamais trop confiant. Cela fait trois mois que je les mène mais je préfère leur demander le maximum que le mieux car comme tout le monde sait, le mieux est souvent l’ennemi du bien. » Ces championnats promettent d’être beaucoup disputés car l’attelage en paire est plus ouvert aux amateurs que l’attelage à quatre ; des amateurs qui viennent diminuer les écarts de points permettant ainsi de conserver un suspense entier. Le magazine Equestrian consacrait un reportage à Stéphane Chouzenoux le27/07/2011.Pour le revoir : equidiawatch.fr>rubrique « sports équestres ».

Les « fils du vent » ont rendez-vous du 17 au 22 août à Compiègne pour le Mondial d’endurance des 7 et 8 ans. Il faudra compter sur les qataris de l’écurie Al Shaqab qui entendent bien laisser une trace de leur passage sur les pistes françaises. Comptant parmi les meilleurs cavaliers d’endurance au monde et portant un réel intérêt aux pur-sang arabes français, le Président d’Al Shaqab, Sheikh Mohammed Bin Hamad bin Khalifa Al Thani, insiste sur son soutien auprès de la FEI pour promouvoirla discipline. Laissonsalors les boucles se dessiner et les quelques 21 nations engagées se départager au cœur des paysages picards.

Si je vous dis 1600. Une date clé ? Non. Un nouveau film de Zack Snyder ? Non plus…Encore mieux ! 1600 c’est le record 2011 du nombre d’engagés au Sologn’pony qui aura lieu du 18 au 21 août, toutes races et catégories confondues. Une influence qui laisse entrevoir du beau spectacle !

Deux derbys au programme à La Clayette

Et pour terminer ce tour d’horizon de l’actualité des sports équestres, direction pour le concours hippique national de La Clayette. Toute une bande de bénévoles travaillent depuis des mois pour ce rendez-vous qui se dispute dans un cadre idyllique : le Parc du Château de LA CLAYETTE (Saône et Loire), au bord d’un lac, près de Mâcon. Un concours qui a été le lieu de passage de grands champions tout au long de son histoire : Pierre Jonquière d’Oriola, Janou Lefèvre, Marcel Rozier et Hubert Bourdy. Certains ont inscrit leur nom au palmarès du Grand Prix : Michel Parot avec Tancarville en 1973, Michel Robert avec Jonzy en 1976 et avec Clotaire en 1982. C’est Thierry Pomel, vice-champion du monde en 1998 à Rome et actuel entraîneur et sélectionneur de l’équipe de France espoirs, qui inscrit le plus grand nombre de victoires au Grand Prix avec 5 victoires entre 1987 et 2001.

Treize épreuves en trois jours, 367 engagés, de quoi passer un bien beau week-end. Et comme en plus on annonce un grand soleil, ce serait dommage de se priver !

Par Basile Tardivel

London 2012, c’est dans un an !

Le compte à rebours olympique est lancé. Dans un an pile-poil, les premiers cavaliers entreront en piste avec pour tous des rêves en or.

Ce mercredi, le CNOSF (Comité National Olympique du Sport Français), c’est-à-dire l’organisme qui rassemble toutes les fédérations olympiques, avait réuni à la Maison du Sport toute la grande famille olympique tricolore. Le prétexte : fêter les J-1 an des prochains Jeux olympiques de Londres. Eh oui, dans un an, nous y serons à London 2012 (à défaut de Paris 2012). Le 28 juillet débuteront les épreuves de Concours complet.

Les Jeux, c’est quelque chose de fabuleux. Quelque chose d’incomparable avec tout ce que l’on connaît habituellement. Pendant deux semaines, les JO vous offre l’occasion de vivre l’équivalent de 26 championnats du monde. Tous les meilleurs sportifs de la planète sont réunis sur le même lieu, avec pour tous le même rêve, celui de se parer d’or. Une médaille d’or, et c’est un destin qui change. Pour le restant de votre vie, à chacune de vos apparitions, vous serez alors présenté comme « champion olympique ». Unique. Magique.

Les sports équestres n’échappent bien évidemment pas à cette quête. Lors du petit clip de présentation du CNSOF, de l’athlétisme et de la natation bien sûr, les deux sports majeurs des JO, du judo, de l’escrime, du BMX et une seule toute petite image très furtive d’équitation avec l’or du concours complet, il y a sept ans à Athènes. Ce relatif anonymat prouve que l’équitation a encore beaucoup de travail pour être considérée comme une discipline à part entière par la famille du sport tricolore. La présence de représentants de l’équitation dans ce genre de rassemblement pourrait déjà améliorer les choses… Mais surtout, de bons résultats à Londres contribueraient à replacer les cavaliers à leur juste place.

Vice-championne du monde en octobre dernier à Lexington, l’équipe de saut d’obstacles aura bien évidemment une belle opportunité de faire oublier son absence aux Jeux de HongKong, il y a trois ans.

Pour les deux autres disciplines olympiques, cela semble plus compliqué. Le concours complet (photo d’un obstacle de HongKong) jouera sa qualif fin août lors des Championnats d’Europe à Luhmühlen, en Allemagne. Les Bleus devront terminer dans les deux premières nations hors Allemagne, Grande-Bretagne et Belgique pour éviter d’avoir à passer par un aléatoire repêchage via des quotas individuels distribués en fonction du classement mondial. Au regard des derniers résultats et de la faiblesse chronique (et trop souvent rédhibitoire) en dressage, l’affaire n’est pas gagnée. Une fois qualifiés, les Bleus devront alors rivaliser avec des Britanniques, Australiens, Néo-zélandais, Allemands etc. qui semblent aujourd’hui, au regard des résultats des grands événements, avoir pris pas mal d’avance. A la traîne depuis plusieurs années maintenant, le dressage cherchera lui aussi à être présent et à faire de son mieux. Sans aucun espoir de médaille, soyons lucides.

Malheureusement, aux Jeux olympiques, pour exister durant cette folle quinzaine, l’essentiel n’est plus de participer mais de bien figurer. A l’équitation tricolore de nourrir son rêve olympique. A l’équitation tricolore de nous faire rêver pour qu’enfin, les sports équestres soient justement reconnus dans la « famille » du sport olympique.

……………

Rares sont les Français à avoir un jour fait résonner La Marseillaise sur un site olympique. En voici la liste.

Saut d’obstacles
1900 (Paris) : Dominique Maximien Garderes
1912 (Stockholm) : Jean Cariou
1964 (Tokyo) : Pierre Jonquères d’Oriola
1988 (Séoul) : Pierre Durand
Par équipes
1976 (Montréal) : Hubert Parot, Marcel Rozier, Michel Roche, Marc Roguet

Concours complet
1948 (Londres) : Bernard Chevallier
1968 (Mexico) : Jean-Jacques Guyon
Par équipes
2004 (Athènes) : Nicolas Touzaint, Jean Teulère, Didier Courrèges, Cédric Lyard, Arnaud Boiteau

Dressage
1932 (Los Angeles) : Xavier-François Lesage
Par équipes
1932 (Los Angeles) : Xavier-François Lesage, Charles-Louis Pierre Marion, André-René Jousseaume
1948 (Londres) : André-René Jousseaume, Jean Gérard Saint-Fort Paillard, Maurice Buret

Pélerinage à Aix-la-Chapelle

Il y a des rendez-vous qu’il ne faut pas manquer ! Quand on est passionné de sports équestres, le pèlerinage se déroule chaque année début juillet à Aix-la-Chapelle, « Aachen » comme disent les Allemands.

Un stade de 50.000 places pour le saut d’obstacles, un autre de 6.000 spécialement pour le dressage, des stands à perte de vue et une ambiance à nulle autre pareille que ce soit pour le CSO, le dressage, le concours complet depuis quelques années, la voltige et l’attelage. Ici, le sport équestre se conjugue réellement au pluriel. Malgré les odeurs de saucisses et de fritures diverses et variées, quel bonheur de se balader dans cet endroit où l’histoire s’écrit depuis tant d’années.  Quelle ville peut ainsi se vanter d’avoir son stade équestre plus grand que son stade de foot dans une ville où le club de foot a pourtant évolué par le passé en Première division. Aix, est bien le temple du cheval. Question de culture aussi.

En France, le dernier cavalier passé, 80% des spectateurs filent à leur voiture et snobent la remise des prix. Résultat au moment de saluer les meilleurs, les stades sont le plus souvent aux trois quarts vides. A Aix-la-Chapelle, on respecte le champion. Et de quelle manière ! Pour la dernière journée de compétition, tous les spectateurs viennent avec un petit mouchoir blanc. Une fois les cérémonies protocolaires effectuées, tous les cavaliers encore présents reviennent pour une sorte de cérémonie de clôture. Et là, avec la musique qui va bien, tous les spectateurs leur rendent hommage en agitant leur petit mouchoir. Une façon grandiose de les remercier pour le spectacle offert pendant six jours, de les saluer et de leur donner rendez-vous l’année prochaine. Frissons garantis.

Sur l’une des tribunes, une grande plaque rappelle la liste de ceux qui un jour ont brillé dans cette enceinte mythique. Malheureusement, peu de Français y sont mentionnés. Dans le Grand Prix, seul Marcel Rozier, en selle sur Sans Souci, en 1971, a pu décrocher le Graal, à égalité alors avec l’Américain Neal Shapiro. La Coupe des Nations a davantage souri aux Tricolores. J’ai eu la chance d’assister il y a deux ans à la démonstration des Bleus. Ce soir-là, Kevin Staut (Kraque Boom), Roger-Yves Bost (Idéal de la Loge), Pénélope Leprévost (Jubilée d’Ouilly) et Timothée Anciaume (Laam de Fétan) l’emportaient sans le moindre point de pénalité au compteur. Incroyable. Il fallait alors remonter dix-neuf ans en arrière, en 1990, pour retrouver la trace d’un succès français dans la Coupe des Nations. Pierre Durand, Hubert Bourdy, Hervé Godignon et déjà Roger-Yves Bost portaient alors la veste bleue (depuis 1929, la France ne s’est imposée que quatre fois, en 2009, 1990, 1988 et 1980).

Parce que CHIO d’Aix-la-Chapelle est unique, Equidia et Equidiawatch vous offriront les deux manches de la Coupe des Nations, jeudi, ainsi que l’intégralité du Grand Prix, dimanche (à partir de 15 heures) (rediffusions dimanche soir à partir de 20h45). Deuxièmes à Falsterbo, vendredi dernier, les Français ont montré leur retour au premier plan. Ce jeudi, nous serons le 14 juillet. Alors quel plus beau feu d’artifice peut-on rêver qu’une victoire de la France ?

Ci-dessous, petite vidéo « artisanale » (désolé, j’ai fait ce que j’ai pu à l’époque) du fameux défilé des Nations avec les mouchoirs blancs agités par les 50.000 spectateurs.

Tous à Lamotte !

Direction la Sologne pour un petit tour à Lamotte-Beuvron à l’occasion du Generali Open de France.

L’occasion une fois encore de prendre conscience de l’ampleur de cet événement. Près de 15 000 chevaux ou poneys (plus grand rassemblement au monde de chevaux sur un même site), 50 000 départs épreuves, près de 500 000 visiteurs en deux semaines (un million sur l’année ce qui, dans le Loir et Cher, place le Parc Equestre fédéral devant le Château de Chambord !), des VTT qui sortent de partout, un immense « camping », des boxes à perte de vue, des carrières réparties sur plusieurs hectares (200 hectares pour le Parc Equestre dont 25 hectares de cross et 20 hectares de carrières), bref un truc de fou. Et surtout un rendez-vous incontournable pour tous les clubs, les moniteurs et les acteurs des sports équestres (environ 1000 personnes travaillent sur le site pendant trois semaines). A chaque fois que j’ai l’occasion d’y passer, je me dis c’est quand même un truc à voir, y compris pour les non spécialistes d’équitation. Ou plutôt, c’est un truc à vivre.

Participer à Lamotte est pour beaucoup un objectif de la saison, parce que l’on sait que l’on va y retrouver des amis et que l’on va vivre des moments forts. Dans la vie des clubs, c’est aussi un moment privilégié qui permet de souder une équipe et de resserer les liens.

J’imagine que pour beaucoup d’entre vous, Lamotte rappelle des souvenirs et que le thème vous inspire. Et comme on est curieux, nous aimerions que vous les partagiez avec nous.

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